AccueilđŸ‡«đŸ‡·Chercher

Empire d'Akkad

L’empire d'Akkad (ou empire d’AgadĂ©, ou encore Empire akkadien) est un État fondĂ© par Sargon d'Akkad qui domina la MĂ©sopotamie de la fin du XXIVe au dĂ©but du XXIIe siĂšcle av. J.-C. selon la chronologie la plus couramment retenue, mĂȘme s'il est possible qu'il se soit Ă©panoui environ un siĂšcle plus tard, les datations Ă©tant incertaines pour une pĂ©riode aussi lointaine.

Empire d'Akkad
Empire akkadien
Empire d’AgadĂ©

Chronologie moyenne : 2334 – 2154 av. J.-C.
Chronologie courte : 2270 – 2083 av. J.-C.

Description de cette image, également commentée ci-aprÚs
Carte de l'empire d'Akkad (marron) et les directions dans lesquelles les campagnes militaires ont été menées (flÚches jaunes)
Roi
Sargon (premier)
Shu-turul (dernier ?)

Entités suivantes :

Photographie d'une partie d'une stĂšle sculptĂ©e en bas-relief. On y voit, Ă  gauche, un grand personnage debout, coiffĂ© d'un casque Ă  deux cornes. Il marche vers la droite oĂč se situent quatre petits personnages tombĂ©s ou suppliants. Au-dessus de ces-derniers est gravĂ©e une inscription en Ă©criture cunĂ©iforme.
Détail de la stÚle de victoire du roi Naram-Sin, musée du Louvre : Naram-Sin d'Akkad domine la scÚne et porte une tiare à cornes, attribut divin.

Prenant le pouvoir Ă  Kish, Sargon parvient rapidement Ă  dominer le Sud mĂ©sopotamien, qu'il dirige depuis sa capitale, Akkad, avec l'appui d'une Ă©lite qui est majoritairement de langue akkadienne, sĂ©mitique, par opposition au sumĂ©rien de la majoritĂ© des gens des provinces les plus mĂ©ridionales. Il parvient Ă  s'Ă©tendre en direction du plateau iranien dans la rĂ©gion de Suse, Ă  dominer la Haute MĂ©sopotamie, puis Ă  lancer des expĂ©ditions en Syrie (Ebla). Ses successeurs Rimush et Manishtusu prĂ©servent son hĂ©ritage malgrĂ© des rĂ©voltes, et aprĂšs eux Naram-SĂźn, fort de sa puissance, se confĂšre un statut divin et prĂ©tend Ă  la domination universelle, ce qui en fait une figure impĂ©riale. Mais il fait Ă©galement face Ă  des soulĂšvements, et aprĂšs sa mort l’empire d'Akkad se dĂ©sagrĂšge rapidement.

Bien qu'il soit difficile de dĂ©mĂȘler la rĂ©alitĂ© de la lĂ©gende dans ces rĂ©cits, d'autant plus que la documentation Ă©crite datant de cette Ă©poque est essentiellement de nature administrative (tablettes de gestion et de comptabilitĂ©), la pĂ©riode de l'Empire akkadien semble avoir marquĂ© un profond changement dans le domaine politique, perceptible tant dans l'organisation du pouvoir et son idĂ©ologie que dans l'art officiel.

Cet État a profondĂ©ment marquĂ© l'histoire de la MĂ©sopotamie. Le souvenir de ses rois les plus prestigieux, Sargon et Naram-Sin, a durĂ© de nombreux siĂšcles et donnĂ© lieu Ă  diffĂ©rentes lĂ©gendes, plus qu'aucune autre dynastie mĂ©sopotamienne. Les Ă©volutions sociales et Ă©conomiques en Basse MĂ©sopotamie sont en revanche moins marquĂ©es, tout comme dans la plupart des aspects de la culture matĂ©rielle, ce qui explique pourquoi il est en gĂ©nĂ©ral impossible d'identifier des niveaux archĂ©ologiques de la pĂ©riode d'Akkad dans cette rĂ©gion.

Sources

Photographie d'une tablette d'argile densément gravée de signes cunéiformes.
Liste des victoires de Rimush, roi d'Akkad, sur des souverains du plateau Iranien, copie sur tablette d'argile d'une inscription monumentale, c. 2270.

Les sources textuelles sont importantes pour la reconstitution de l'histoire de l'empire d'Akkad. Plus de 8 000[1] tablettes cunĂ©iformes sont conservĂ©es de cette Ă©poque. Elles sont surtout datĂ©es des rĂšgnes de Naram-SĂźn et de Shar-kali-sharri[2] - [3]. Elles proviennent de plusieurs sites situĂ©es dans diffĂ©rentes parties de l'empire : en Basse MĂ©sopotamie (Girsu, Umma, Nippur, Adab), dans la vallĂ©e de la Diyala (Eshnunna, Khafadje) et dans les rĂ©gions adjacentes (Suse en Élam, Gasur en Haute MĂ©sopotamie, Tell Brak en Syrie)[4]. Cela constitue un changement par rapport Ă  la pĂ©riode des dynasties archaĂŻques, documentĂ©e par un nombre limitĂ© de sites. En revanche, la nature des textes ne change pas vraiment : il s'agit essentiellement de tablettes administratives, rĂ©digĂ©es en akkadien ancien ou en sumĂ©rien, qui documentent essentiellement la gestion de domaines agricoles appartenant Ă  des institutions (palais ou temples), ou parfois Ă  des particuliers. Elles prĂ©sentent des activitĂ©s de contrĂŽle des ressources de ces patrimoines, enregistrant des mouvements de biens stockĂ©s et redistribuĂ©s, des concessions de terres, des bilans annuels de certaines exploitations ou d'ateliers. Quelques centaines de lettres, documents juridiques et textes scolaires complĂštent cette documentation[5]. La connaissance actuelle de la dynastie d'Akkad reste nĂ©anmoins fortement limitĂ©e par le fait que l'on ignore toujours oĂč se trouvait sa capitale, la ville d'Akkad/AgadĂ©[6].

L'activité des rois d'Akkad est également connue par diverses inscriptions commémoratives qu'ils ont fait rédiger[7]. Certaines ont été retrouvées sur des monuments datant de leurs rÚgnes, mais la plupart nous sont connues parce qu'elles ont été recopiées plus tard, du fait du prestige de ces personnages, notamment au début du IIe millénaire, et c'est donc indirectement qu'elles nous sont parvenues. Certaines tablettes compilent plusieurs inscriptions des rois d'Akkad[8] - [9].

Parmi les textes commémorant les accomplissements du roi figurent aussi les noms d'années : suivant un usage qui se répand à cette période servant à différencier les années, on donne un nom à une année en référence à un événement majeur qui s'est produit l'année précédente[10]. Ils sont utilisés pour dater certains textes administratifs, et c'est ainsi que les historiens les identifient généralement. C'est en principe trÚs utile pour reconstituer la trame l'histoire événementielle d'un rÚgne, à la condition que l'intégralité des noms d'années d'un roi soient connus, et qu'il soit possible de les mettre dans l'ordre. Or pour les rois d'Akkad la liste est trÚs incomplÚte, et on ne sait pas dans quel ordre les disposer[11].

Les rois d'Akkad ont Ă©galement Ă©tĂ© les personnages principaux de lĂ©gendes aprĂšs la chute de leur royaume, dĂšs les temps de leurs successeurs de la troisiĂšme dynastie d'Ur (XXIe siĂšcle) et jusqu'Ă  la fin de la civilisation mĂ©sopotamienne. Ils sont Ă©voquĂ©s dans des textes pseudo-historiques comme des prĂ©sages[12], ou des chroniques (notamment la Liste royale sumĂ©rienne)[13], et un cycle de textes lĂ©gendaires ayant pour protagonistes Sargon et Naram-Sin[14]. Il reste cependant Ă  dĂ©mĂȘler le vrai du faux dans ces traditions bien souvent fantasmĂ©es[15]. Les historiens ont longtemps eu l'habitude de supposer qu'elle repose sur un noyau renvoyant Ă  des Ă©vĂ©nements ayant effectivement eu lieu Ă  l'Ă©poque d'Akkad, autour desquels leurs rĂ©dacteurs ont brodĂ© des rĂ©cits fictionnels, mais la tendance est Ă  les utiliser des moins en moins pour reconstituer l'histoire des rĂšgnes de Sargon et de Naram-Sin. Si une partie d'entre elles font rĂ©fĂ©rence Ă  des Ă©vĂ©nements connus par les inscriptions des rois d'Akkad, beaucoup ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©es sans connaissance des faits historiques de cette Ă©poque. Elles en disent bien plus sur l'Ă©poque de leur rĂ©daction que sur l'Ă©poque dont elles parlent. Les postures des historiens sont donc diverses : certains ne les mobilisent pas pour Ă©crire une histoire de l'empire d'Akkad, d'autres les utilisent encore, mais de façon prudente[16] - [17] - [18].

La pĂ©riode de l'empire d'Akkad est Ă©galement documentĂ©e par diverses sources non textuelles. Il s'agit d'abord d'Ɠuvres d'art, elles aussi provenant de plusieurs sites, notamment Suse oĂč un certain nombre d'entre elles avaient Ă©tĂ© apportĂ©es en butin par des souverains Ă©lamites de la seconde moitiĂ© du IIe millĂ©naire aprĂšs des campagnes militaires dans le royaume de Babylone[19]. Ce sont des monuments sculptĂ©s (statues et stĂšles) Ă  la gloire des rois d'Akkad, gĂ©nĂ©ralement connus en Ă©tat fragmentaire, reprĂ©sentant avant tout leurs conquĂȘtes militaires, et comportant des inscriptions[20]. L'autre source iconographique importante pour cette pĂ©riode sont les sceaux-cylindres, connus de maniĂšre directe par la trouvaille de l'objet originel, ou indirecte par la prĂ©sence de son impression sur une tablette ou bulle d'argile. Ils fournissent un corpus d'images abondant (environ 2 000 objets et impressions), et une partie d'entre eux disposent d'inscriptions identifiant leur propriĂ©taire[20].

Il est en revanche difficile d'identifier les niveaux archĂ©ologiques de la pĂ©riode d'Akkad sur les sites de Basse MĂ©sopotamie, en l'absence d'une culture matĂ©rielle et d'une architecture qui distinguent bien celle-ci de la prĂ©cĂ©dente, le dynastique archaĂŻque III. La question de l'existence d'une cĂ©ramique caractĂ©ristique de la pĂ©riode de l'empire d'Akkad reste dĂ©battue[21]. Du reste, on constate que les Ă©volutions artistiques se produisent progressivement durant la pĂ©riode de l'empire d'Akkad et que la vraie rupture se fait sous Manishtusu et Naram-Sin. Les seules constructions attribuables avec certitude Ă  cette Ă©poque, grĂące Ă  des trouvailles Ă©pigraphiques permettant de les dates, ont Ă©tĂ© identifiĂ©es sur des sites de Haute MĂ©sopotamie, rĂ©amĂ©nagĂ©s aprĂšs leur conquĂȘte (Tell Asmar, Tell Brak, Tell Leilan, Tell Beydar)[22] .

Histoire

La création du royaume

L'empire d'Akkad est avant tout l'Ɠuvre d'un homme, passĂ© Ă  la postĂ©ritĂ© comme un des plus grands rois de l'histoire de la MĂ©sopotamie : Sargon (« Roi lĂ©gitime/juste/loyal », ou « le Roi est lĂ©gitime/juste/loyal »)[23]. De nombreuses choses ont Ă©tĂ© Ă©crites Ă  son propos par diffĂ©rents textes de la tradition mĂ©sopotamienne postĂ©rieure, Ă  tel point qu'il est souvent difficile de distinguer la rĂ©alitĂ© de la lĂ©gende. Un fait est prĂ©sent dans plusieurs traditions : Sargon est un usurpateur. En tout cas on ne lui connait pas de pĂšre ou de prĂ©dĂ©cesseur sur le trĂŽne d'Akkad, citĂ© jusqu'alors marginale d'Akkad[24], Il est donc montĂ© sur le trĂŽne dans des circonstances qui nous Ă©chappent (les datations sont trĂšs approximatives ; parmi les propositions : vers 2334, ou plus tard vers 2316, ou encore vers 2285)[25]. Il semble avoir bousculĂ© la situation politique de la rĂ©gion, habituellement sous la coupe des rois de Kish, et ĂȘtre parvenu dans la premiĂšre partie de son rĂšgne Ă  y imposer sa domination. Il se retrouve ensuite face au roi le plus puissant du sud mĂ©sopotamien, Lugal-zagesi, qui rĂšgne depuis Uruk. D'aprĂšs les copies de ses inscriptions postĂ©rieures Ă  son rĂšgne, Sargon le bat (vers 2300, peut-ĂȘtre en 2292), plaçant toute la Basse MĂ©sopotamie jusqu'au golfe Persique sous sa coupe. Le vaincu est capturĂ©, forcĂ© Ă  porter un carcan et exhibĂ© lors du triomphe de Sargon Ă  Nippur, la ville sainte du sud mĂ©sopotamien. Les autres villes sumĂ©riennes sont soumises. Sargon met en place des gouverneurs fidĂšles Ă  sa cause dans plusieurs des vieilles citĂ©s-États de Sumer et d'Akkad, constituant pour la premiĂšre fois un vaste royaume englobant toute la partie sur de la MĂ©sopotamie, qui a pour centre Akkad, Ă©levĂ©e au rang de capitale[23].

Les grandes conquĂȘtes

Carte mettant en Ă©vidence une zone oblongue, de plus de 1 000 km de long et prĂšs de 400 km de large, englobant une grande partie des vallĂ©es du Tigre et de l'Euphrate depuis le nord et l'est de l'actuelle Syrie jusqu'au sud-est de l'actuel Irak. De cette zone partent des flĂšches vers la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne au nord-ouest, vers le golfe Persique au sud, et vers le sud-est.
Étendue approximative du royaume d'Akkad Ă  son apogĂ©e sous le rĂšgne de Naram-Sin, et direction des campagnes militaires extĂ©rieures.

AprĂšs avoir soumis le Sud de la MĂ©sopotamie, Sargon dirige des expĂ©ditions en direction des rĂ©gions adjacentes du nord-ouest et de l'est[23]. Vers la Haute MĂ©sopotamie, il a probablement vaincu le royaume de Mari, et peut-ĂȘtre celui d'Ebla en Syrie. Mais la chronologie des conquĂȘtes des rois d'Akkad vers l'ouest reste confuse, et on ne sait pas si les destructions attestĂ©es sur les sites de la rĂ©gion sont dues aux conquĂȘtes de Sargon, de Naram-Sin, ou bien Ă  des conflits entre royaumes locaux[26]. Une inscription de Sargon dit qu'il s'est rendu jusqu'Ă  Tuttul sur le moyen Euphrate, oĂč il rend hommage au grand dieu Dagan, qui lui aurait alors confĂ©rĂ© la domination des terres allant jusqu'Ă  la mer MĂ©diterranĂ©e. Un texte hittite plus tardif raconte que Sargon aurait soumis le royaume de Purushanda en Anatolie centrale, mais il est impossible de dĂ©terminer si ce rĂ©cit fait rĂ©fĂ©rence Ă  un Ă©vĂ©nement rĂ©el ou lĂ©gendaire[27]. Quoi qu'il en soit, il transparaĂźt de ces sources que Sargon a effectuĂ© des campagnes bien plus loin que les rois l'ayant prĂ©cĂ©dĂ©, ce qui a fortement marquĂ© les esprits. Mais Ă  ce stade cela ne s'est manifestement pas traduit par des tentatives de domination durable[28].

Sargon meurt vers 2279 (ou 2229) et lui succĂšdent deux de ses fils, Rimush et Manishtusu. Il est habituellement considĂ©rĂ© que le premier a rĂ©gnĂ© avant le second, mais il se pourrait que ce soit l'inverse car c'est de cette façon que la plus ancienne version connue de la Liste royale sumĂ©rienne prĂ©sente l'ordre successoral des rois d'Akkad[29]. Quoi qu'il en soit de l'ordre de succession de ces deux souverains, il apparaĂźt qu'ils sont en mesure de prĂ©server l'hĂ©ritage laissĂ© par leur pĂšre. Pour la premiĂšre fois, les conquĂȘtes d'un grand roi ne sont pas perdues Ă  sa mort.

Rimush (« Son cadeau »), qui aurait rĂ©gnĂ© neuf ans, fait face Ă  une rĂ©bellion dĂšs son intronisation. Il tient bon, soumet les rebelles dirigĂ©s par Kaku d'Ur qui a ralliĂ© Ă  lui plusieurs citĂ©s (Adab, Lagash, Zabalam, Kazallu). Il a Ă©galement menĂ© des campagnes contre des royaumes du plateau Iranien (Élam, Awan, Marhashi). Il meurt peut-ĂȘtre assassinĂ©[25] - [30].

Durant ses quinze annĂ©es de rĂšgne, Manishtusu (littĂ©ralement « Qui est avec lui ? », c'est-Ă -dire « Qui est son Ă©gal ? ») mĂšne Ă©galement Ă  son tour des campagnes en direction du plateau Iranien (contre Anshan, Sherihum), et aussi du golfe Persique puisqu'il prĂ©tend avoir soumis le pays de Magan (Oman). Il est peut-ĂȘtre Ă©galement assassinĂ©[31] - [32].

Naram-Sin (« AimĂ© de SĂźn ») monte sur le trĂŽne vers 2254 (ou 2202)[25] - [33]. C'est lui aussi une grande figure de l'histoire mĂ©sopotamienne, mais qui a laissĂ© une image plus nĂ©gative que son grand-pĂšre. La chronologie de ses conquĂȘtes est difficile Ă  reconstituer. À un moment indĂ©terminĂ© de son rĂšgne, il doit faire face Ă  une grande rĂ©bellion en Basse MĂ©sopotamie, menĂ©e par au moins deux personnages : Iphur-Kish Ă  Kish qui rallie des citĂ©s voisines (Sippar, Eresh, Kazallu) et Amar-girid d'Uruk accompagnĂ© par d'autres citĂ©s du Sud (Ur, Lagash, Adab, Shuruppak, etc.)[34]. D'aprĂšs les textes et traditions se rapportant Ă  cette grande rĂ©volte, ces insurrections sont sur le point de rĂ©ussir, mais les armĂ©es d'Akkad parviennent Ă  les soumettre aprĂšs plusieurs batailles. Naram-Sin est aussi un grand conquĂ©rant. Son rĂšgne est marquĂ© par des expĂ©ditions en Haute MĂ©sopotamie et en Syrie du Nord, vraisemblablement dans la continuitĂ© de son grand-pĂšre, mĂȘme s'il est possible qu'il soit le premier roi d'Akkad Ă  soumettre fermement cette rĂ©gion. Comme pour Sargon, des traditions postĂ©rieures lui attribuent des victoires sur des rois anatoliens (notamment ceux de Kanesh et du Hatti) dont la rĂ©alitĂ© reste sujette Ă  caution[27]. Naram-Sin aurait aussi Ă  son tour soumis Magan[35]. C'est sous ce rĂšgne qu'ont lieu diffĂ©rentes rĂ©formes et des constructions qui renforcent le caractĂšre impĂ©rial du royaume d'Akkad, et qu'il est assurĂ© que des implantations administratives et militaires akkadiennes sont prĂ©sentes hors de Basse MĂ©sopotamie (Gasur, Nagar, Suse).

Photographie d'un bas-relief. On y reconnaĂźt quatre personnages : Ă  gauche un archer debout Ă  l'arc bandĂ©, Ă  ses pieds un homme couchĂ© Ă  terre, au centre un homme debout qui tient d'une main le quatriĂšme (Ă©galement debout) par la tĂȘte et s'apprĂȘte Ă  lui porter le coup fatal de l'autre main.
ScÚne de combat, détail d'une stÚle fragmentaire datant probablement du rÚgne de Rimush, musée du Louvre.

Pour rĂ©aliser leurs conquĂȘtes, les rois d'Akkad se sont appuyĂ©s sur une armĂ©e trĂšs efficace leur permettant de triompher sur des champs de bataille loin de leur base, ce qui n'Ă©tait pas possible pour les citĂ©s-États qu'ils ont supplantĂ©es. Les reprĂ©sentations iconographiques de soldats de cette pĂ©riode, notamment la stĂšle de victoire de Naram-Sin, semblent indiquer une Ă©volution de l'armement des soldats et des techniques de combat par rapport Ă  ce qui apparaĂźt dans les scĂšnes militaires de la pĂ©riode des dynasties archaĂŻques (Ă©tendard d'Ur et stĂšle des vautours de Girsu). Les chars de combat semblent perdre de l'importance au profit de l'infanterie. Cette derniĂšre est dotĂ©e d'un Ă©quipement plus lĂ©ger que prĂ©cĂ©demment, ce qui facilite sans doute sa mobilitĂ© au dĂ©triment de sa protection. L'armement de base est constituĂ© de masses d'armes, poignards et de lances comme prĂ©cĂ©demment, mais aussi de l'arc qui Ă©tait auparavant absent des scĂšnes militaires. L'analyse des reprĂ©sentations semble indiquer l'usage d'un arc composite, disposant d'une longue portĂ©e de tir, permettant la mise en place de nouvelles tactiques de combat Ă  distance[36]. Les soldats d'Ă©lite (ceux que les textes dĂ©signent comme lĂș-tukul, « ceux de l'arme », et les nisk/qu dont le rĂŽle n'est pas clair) constituent une armĂ©e permanente qui est entretenue grĂące Ă  la concession de champs appartenant aux domaines des institutions, comme les autres serviteurs de l'État ; ils sont renforcĂ©s par des contingents de conscrits fournis par les diffĂ©rents domaines institutionnels et enregistrĂ©s sur des listes, servant sans doute de façon pĂ©riodique. Les troupes semblent organisĂ©es dans des unitĂ©s de base de vingt hommes dirigĂ©es par des « lieutenants » (ugula), regroupĂ©es en bataillons de soixante puis en rĂ©giments de quelques centaines de soldats (peut-ĂȘtre 600). Le haut commandement est constituĂ© par des « gĂ©nĂ©raux » (sumĂ©rien ĆĄagin /akkadien ĆĄakkanakkum) formant l'entourage proche du roi, puis des « capitaines » (nu-banda3/lapputāu)[37].

La chute d'Akkad

Matrice servant à estamper des briques inscrite au nom de Shar-kali-sharri. Musée national d'Irak.

Le rĂšgne de Naram-Sin voit l'arrivĂ©e d'une nouvelle menace : les Gutis[38]. Ce peuple, considĂ©rĂ© comme barbare par les MĂ©sopotamiens et originaire des rĂ©gions occidentales du Zagros, lance plusieurs raids meurtriers en MĂ©sopotamie durant les derniĂšres dĂ©cennies de l'empire d'Akkad, et la tradition mĂ©sopotamienne que rapporte la Liste royale sumĂ©rienne lui a imputĂ© la responsabilitĂ© de la chute de cet État, marquĂ©e par de nombreux actes de violence et d'impiĂ©tĂ©. Le rĂšgne de Shar-kali-sharri (« Roi de tous les rois »), fils de Naram-Sin qui prend le pouvoir vers 2217 (ou 2165)[25], est le plus documentĂ© en archives administratives, mais on ne sait pas grand chose en ce qui concerne les Ă©vĂ©nements politiques et militaires. Ce roi a Ă©tĂ© oubliĂ© dans les rĂ©cits postĂ©rieurs sur la chute d'Akkad qui ne font rĂ©fĂ©rence qu'Ă  son pĂšre[39]. Les inscriptions de son temps mentionnent certaines de ses campagnes vers l'Anatolie du sud-est, ainsi que des victoires en Haute MĂ©sopotamie contre les Amorrites, peuple sĂ©mite qui apparaĂźt alors. Aux abords immĂ©diats du pays d'Akkad, Ă  l'est, il doit repousser une attaque Ă©lamite, ainsi qu'une autre des Gutis. Cela pourrait indiquer un affaiblissement du royaume.

TĂȘte de masse portant une inscription de Shu-turul, un des derniers rois d'Akkad connus. British Museum.

Pourtant, l'État d'Akkad semble bien survivre quelques dĂ©cennies aprĂšs sa mort qui survient vers 2193 (ou 2140)[25], mĂȘme s'il est considĂ©rablement rĂ©duit en taille et se limite probablement au nord de la Babylonie autour d'Akkad et Kish, puisque la Liste royale sumĂ©rienne lui attribue plusieurs successeurs. De l'un d'entre eux, Dudu, sont connues quelques inscriptions d'offrandes et des mentions de campagnes militaires sans doute destinĂ©es Ă  prĂ©server les restes de son royaume, tandis que son successeur Shu-turul est connu seulement par une poignĂ©e d'inscriptions votives[40]. Mais ces deux rois ne semblent pas avoir appartenu Ă  la dynastie des descendants de Sargon[41]. En tout cas cela semble indiquer que la chute d'Akkad fut progressive.

La Liste royale prĂ©tend que des rois Gutis succĂ©dĂšrent Ă  la domination des rois d'Akkad. Mais la chronologie de cette pĂ©riode est discutĂ©e, car on ne dispose plus de sources abondantes avant les dĂ©buts de la troisiĂšme dynastie d'Ur, empire successeur de celui d'Akkad, datĂ©s des alentours de 2112[42]. Selon une proposition de Jean-Jacques Glassner, trente ans seulement sĂ©pareraient la chute d'Akkad du dĂ©but d'Ur III[43]. Il semble que l'affaiblissement progressif de l'empire ait laissĂ© la place Ă  de nouvelles ambitions, dont celles des rois Gutis, mais aussi de personnages originaires des diffĂ©rentes rĂ©gions de l'empire ou de son voisinage, qui prennent alors leur indĂ©pendance, comme cela est attestĂ© Ă  Suse avec Puzur-Inshushinak qui a menĂ© des incursions vers Akkad, en Haute MĂ©sopotamie avec Tish-atal Ă  Urkesh (Tell Mozan) ou dans le pays de Sumer Ă  Lagash avec la « dynastie » de Gudea, ou encore Ă  Uruk avec le royaume d'Utu-hegal, qui est Ă  l'origine de celui de la dynastie d'Ur III fondĂ©e par son frĂšre Ur-Nammu aprĂšs un coup d'État.

Les causes de la chute du royaume d'Akkad restent donc mystĂ©rieuses. Comme cela a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©, l'explication par les invasions de « Barbares » extĂ©rieurs, les Gutis, qui a Ă©tĂ© retenue par la tradition mĂ©sopotamienne est dĂ©sormais relativisĂ©e, sans ĂȘtre complĂštement rejetĂ©e. Certaines hypothĂšses suggĂšrent qu'un changement climatique, l'Ă©vĂ©nement climatique de 4200 BP, affectant les sites de Haute MĂ©sopotamie, aurait pu influer sur ce dĂ©clin en entraĂźnant la dĂ©sertification de certaines rĂ©gions et des mouvements de population (les Amorrites surtout), mais cela reste trĂšs dĂ©battu. Les causes du dĂ©clin de l'habitat dans cette rĂ©gion peuvent ĂȘtre Ă  chercher ailleurs, notamment dans des recompositions sociales privilĂ©giant le mode de vie sĂ©dentaire, et du reste plusieurs sites importants restent peuplĂ©s et actifs aprĂšs la pĂ©riode d'Akkad[44]. Il faut sans doute rĂ©Ă©valuer les facteurs internes : durant le siĂšcle qu'a durĂ© leur hĂ©gĂ©monie, les rois d'Akkad n'ont jamais Ă©tĂ© en mesure de faire taire les vellĂ©itĂ©s d'indĂ©pendance des citĂ©s-État soumises par Sargon, qui se sont rĂ©guliĂšrement soulevĂ©es et ont su rapidement recouvrer leur autonomie lorsque leur autoritĂ© s'est affaissĂ©e[45].

Idée, image et exercice du pouvoir

Le « premier empire »

Photographie d'une coquille de murex (un mollusque gastéropode marin) gravée d'un carré subdivisé en 3 bandes rectangulaires contenant chacune un dessin. Cette inscription n'a donc pas encore les traits caractéristiques de l'écriture cunéiforme.
Coquille de Murex portant le nom de Rimush, « roi de Kish », c. 2270, musée du Louvre.

Avec Akkad, pour la premiĂšre fois dans l'histoire du Moyen-Orient apparaĂźt une grande construction Ă©tatique englobant pour plusieurs dĂ©cennies un ensemble d'anciens micro-États[46]. Les rois d'Akkad auraient ont progressivement mis en place une sorte de programme qui vise Ă  intĂ©grer politiquement les pays qu'ils ont conquis dans une construction politique d'un nouveau type, gĂ©nĂ©ralement dĂ©signĂ©e dans la terminologie moderne comme un « empire », centrĂ©e sur sa capitale, Akkad[47]. Cela se manifeste selon B. Foster par « des mesures administratives, telles que la rĂ©forme mĂ©trologique et l'imposition de normes royales uniformes, et des mesures culturelles, telles que la rĂ©forme de l'Ă©criture, la diffusion d'images du souverain Ă  partir d'un atelier central, et l'expansion de la langue et de l'archivage akkadiens Ă  Sumer, en Iran et dans le nord de la Syrie, (qui) prouvent que l'empire akkadien impliquait bien plus que des campagnes hĂ©roĂŻques, une expansion du commerce et une accumulation de butin[48]. »

Ces Ă©volutions entraĂźnent progressivement un changement dans la conception de la fonction du souverain. Auparavant liĂ© au cadre de la citĂ©-État, celui-ci avait un rĂŽle limitĂ© dans l'espace. Avec la constitution d'un vaste royaume sous la dynastie d'Akkad, le souverain prend peu Ă  peu une nouvelle dimension. Cela est surtout perceptible sous le rĂšgne de Naram-Sin, qui dĂ©veloppe une vĂ©ritable pensĂ©e « impĂ©riale »[49]. Il se dit « Roi des quatre rives (de la terre) » (c'est-Ă -dire de tout le monde connu), ĆĄar kibrāt(im) arba'im, ce qui traduit une ambition de domination universelle, inĂ©dite dans le monde mĂ©sopotamien[50]. De plus, nouveautĂ© lĂ  aussi, dans ses inscriptions officielles il fait prĂ©cĂ©der son nom du dĂ©terminatif de la divinitĂ©, se fait Ă  plusieurs reprises qualifier de « dieu d'Akkad Â», et dans les reprĂ©sentations il porte la tiare Ă  cornes, attribut des dieux : le roi est donc d'essence divine. MĂȘme s'il n'est pas forcĂ©ment considĂ©rĂ© comme une divinitĂ© Ă  part entiĂšre, il est au-dessus des autres hommes[51] - [52]. On a donc les traits d'un « empereur » qui veut se dĂ©marquer des autres rois par son essence, son charisme et ses ambitions.

L'apparition d'une idĂ©ologie de nature impĂ©riale Ă  l'Ă©poque d'Akkad n'est cependant pas une vĂ©ritable rĂ©volution. On a longtemps voulu voir en Sargon un pionnier, mais il se situe en fait dans la continuitĂ© de plusieurs souverains de Basse MĂ©sopotamie dont la puissance avait dĂ©jĂ  excĂ©dĂ© celle des rois de citĂ©s-États ordinaires. Une grande place doit ĂȘtre accordĂ©e Ă  Lugal-zagesi, roi originaire d'Umma mais Ă©tabli Ă  Uruk, et prĂ©dĂ©cesseur direct de Sargon, dont il a vraisemblablement inspirĂ© l'Ɠuvre politique[53]. De plus, Sargon commence ses conquĂȘtes en reprenant l'hĂ©ritage du royaume de Kish, qui est depuis plusieurs siĂšcles l'un des plus puissants de la Basse MĂ©sopotamie et a une grande influence politique voire culturelle[54]. Du reste, la tradition idĂ©ologique n'est rĂ©ellement bousculĂ©e que sous les successeurs de Sargon, particuliĂšrement Naram-Sin. Progressivement un nouvel art royal apparaĂźt, suivant l'Ă©volution de la conception de la royautĂ©, et on met en place une administration centralisĂ©e sur les cadres territoriaux anciens. On effectue une standardisation des textes administratifs, qui sont Ă©crits dans tous les centres provinciaux de l'empire avec une mĂȘme graphie et dans un mĂȘme type d'akkadien, pour ĂȘtre plus facilement compris et contrĂŽlĂ©s par un personnel homogĂšne sur tout le territoire, alors que pour les textes non officiels subsistent les habitudes locales[55].

Sceau-cylindre avec son empreinte de la période d'Akkad figurant au centre la déesse Ishtar sous son aspect guerrier, ailée et portant des armes sur son dos, accompagnée de ses attributs, un lion qu'elle tient en laisse et l'étoile à huit branches. Musée de l'Oriental Institute de Chicago.

Les continuitĂ©s avec les pĂ©riodes prĂ©cĂ©dentes de l'histoire mĂ©sopotamienne semblent importantes, le souverain continuant Ă  diriger l'État de maniĂšre traditionnelle. Comme les rois prĂ©cĂ©dents, il se prĂ©sente comme Ă©tant l'Ă©lu des dieux, cherchant Ă  accomplir leur volontĂ©. La grande divinitĂ© patronnant la dynastie d'Akkad est Ishtar (Inanna pour les SumĂ©riens)[56], dĂ©esse de l'amour et de la guerre. Elle dispose d'un grand temple dans la capitale du royaume, dans un lieu appelĂ© Ulmash, oĂč semble en particulier ĂȘtre mis en avant son aspect guerrier ; Naram-SĂźn la mentionne dans plusieurs de ses inscriptions comme IĆĄtar AnnunÄ«tum, qui peut ĂȘtre traduit comme « Ishtar de la Bataille Â». Mais le pourvoyeur de la royautĂ© reste le grand dieu sumĂ©rien Enlil, comme le veut la tradition de Basse MĂ©sopotamie. On dĂ©cĂšle cependant des Ă©volutions dans l'idĂ©ologie religieuse de la royautĂ©, en plus de la divinisation du roi : la pĂ©riode d'Akkad est le thĂ©Ăątre d'une rĂ©organisation de la sociĂ©tĂ© divine mĂ©sopotamienne, jusqu'alors essentiellement organisĂ©e au niveau des citĂ©s-États, un premier pas vers la formation d'un panthĂ©on de la Basse MĂ©sopotamie, visant lĂ  encore Ă  consolider l'unitĂ© de l'empire par l'idĂ©ologie religieuse[56]. Cela s'accompagne peut-ĂȘtre d'un syncrĂ©tisme plus poussĂ© entre les divinitĂ©s du pays de Sumer et celles des rĂ©gions de langue sĂ©mitique que l'on dĂ©nomme par la suite le pays d'Akkad[57], mais ce point est controversĂ©[58].

Le « disque d'Enheduanna Â» : scĂšne rituelle, la princesse est reprĂ©sentĂ©e au centre, en deuxiĂšme position en partant de la gauche. MusĂ©e d'ArchĂ©ologie et d'Anthropologie de l'UniversitĂ© de Pennsylvanie.

Dans la pratique, le souverain gouverne entourĂ© de ses fidĂšles, une Ă©lite que la donation de l'ObĂ©lisque de Manishtusu dĂ©signe comme les « fils d'Akkad » (mār Akkade), ce qui ne renvoie pas Ă  leur langue ou leur origine gĂ©ographique. Ce groupe se caractĂ©rise par l'autoritĂ© qu'il exerce sur le reste de la population, un train de vie luxueux, la valorisation de la force physique et des prouesses guerriĂšres[59]. Il doit sa position et ses richesses au souverain, qui octroie Ă  ses membres de nombreux prĂ©sents (notamment des terres), et il contrĂŽle les temples qui sont les institutions majeures dans la sociĂ©tĂ©. Les personnages les plus haut placĂ©s et les gouverneurs des rĂ©gions-clĂ©s sont souvent issus de la famille royale ou liĂ©s de prĂšs Ă  elle[46]. Les princes sont parfois nommĂ©s gouverneurs, comme les fils de Naram-Sin placĂ©s Ă  Marad, Tuttul et Kazallu. Les princesses Ă©taient souvent consacrĂ©es prĂȘtresses des grands temples du sud mĂ©sopotamien : Enheduanna fille de Sargon (connue par les poĂšmes qui lui sont attribuĂ©s) dans le temple de Nanna Ă  Ur, Enmenana fille de Naram-Sin dans le mĂȘme temple, et sa sƓur Tuta-napshum, grande prĂȘtresse d'Enlil Ă  Nippur. L'Ă©lite de la puissante armĂ©e akkadienne est encadrĂ©e par les proches du roi (en premier lieu les gĂ©nĂ©raux) et constitue une sorte de garde royale[37].

L'historiographie de la pĂ©riode s'est souvent attardĂ©e sur la question de savoir dans quelle mesure il Ă©tait justifiĂ© de qualifier l'État d'Akkad de « premier empire », en sachant que la rĂ©ponse donnĂ©e dĂ©pendra grandement de la dĂ©finition de ce qu'est un « empire » qui est retenue, et selon qu'on le compare Ă  ce qui s'est fait avant ou ce qui s'est fait aprĂšs[60]. Ainsi, si on se focalise sur le fait qu'un empire est, Ă  l'image de l'Assyrie postĂ©rieure, une entitĂ© constamment orientĂ©e vers l'expansion territoriale devant la conduire Ă  la domination de tout le monde connu, on ne peut pas considĂ©rer que l'empire d'Akkad en est effectivement un[61]. De plus, cet État est Ă  la fois apparu comme moins novateur qu'on ne l'a longtemps pensĂ©, et aussi comme une construction peu durable dont l'autoritĂ© n'a jamais Ă©tĂ© fermement Ă©tablie et durablement assurĂ©e, mĂȘme dans les rĂ©gions centrales. Il manque aussi un trait souvent retenu par les archĂ©ologues, celui de l'influence de la culture matĂ©rielle du centre sur les territoires conquis et voisins, qui semble limitĂ©e[62]. La vĂ©ritable rĂ©volution serait selon certains plutĂŽt Ă  chercher dans l'apparition d'un « impĂ©rialisme ». Ce dernier se retrouve dans la façon dont est pensĂ© et exercĂ© le pouvoir : la centralisation autour de la figure royale qui incarne le royaume, prĂ©tend Ă  la divinitĂ© et Ă  la domination universelle ; la nĂ©cessitĂ© de la victoire militaire qui assure l'existence et la survie de l'État et de la famille royale ; l'acquisition (grĂące aux conquĂȘtes) d'une importante assise fonciĂšre pour le rĂ©gime incarnĂ© par le roi et son entourage[63]. On peut donc considĂ©rer que s'il y a bien un aspect impĂ©rial dans cette construction politique, il se trouve dans le cercle du pouvoir et dans l'idĂ©ologie qu'il cherche Ă  rĂ©pandre par le biais des inscriptions et des rĂ©alisations artistiques officielles. Ces derniĂšres ont servi Ă  faire survivre aux Ă©poques postĂ©rieures le modĂšle politique façonnĂ© par cet État, qui a ainsi Ă©tĂ© une Ă©tape dĂ©cisive dans l'affirmation d'une idĂ©ologie impĂ©riale[64]. Au-delĂ  de ce dĂ©bat, il apparaĂźt que, bien qu'elle ne sorte pas de nulle part, la construction politique de Sargon et de ses successeurs reprĂ©sente incontestablement par ses ambitions et ses succĂšs quelque chose qui n'a pas de prĂ©cĂ©dent dans l'histoire mĂ©sopotamienne[65].

Art officiel

La domination de l'empire d'Akkad entraßne la création d'un art officiel, tout en reprenant l'héritage des Dynasties archaïques, apporte des modifications notables. C'est un art royal, célébrant la monarchie et la suprématie qu'elle exerce[66] - [67].

Le rĂšgne de Sargon d'Akkad est marquĂ© par de timides Ă©volutions. Il reste nĂ©anmoins mal connu du point de vue artistique, car les stĂšles datant de son temps sont toutes en Ă©tat fragmentaire. Elles sont encore trĂšs proches de celles des dynasties archaĂŻques, comme la StĂšle des vautours du roi E-anatum de Lagash et dĂ©rivent peut-ĂȘtre d'une tradition artistique propre Ă  la rĂ©gion de Kish, dont Akkad serait l'hĂ©ritiĂšre. Le rendu des personnages est souvent caractĂ©risĂ© de maniĂšre plus rĂ©aliste que dans les Ɠuvres de l'Ă©poque antĂ©rieure, mĂȘme si en fait il semble plutĂŽt plus stylisĂ© pour mettre en avant les qualitĂ©s des personnages reprĂ©sentĂ©s (exagĂ©ration des muscles, de la chevelure)[68]. Pour permettre une meilleure comprĂ©hension des scĂšnes reprĂ©sentĂ©es, les vaincus des pays Ă©trangers ont des costumes ou parures caractĂ©ristiques. Les scĂšnes de combat semblent en tout cas dĂ©jĂ  le sujet de prĂ©dilection des bas-reliefs[69].

Sous le rĂšgne de ses fils Rimush et surtout Manishtusu, l'Ă©volution est plus marquĂ©e, inaugurant le style « classique Â» de l'art akkadien. Les artistes dĂ©veloppent en outre l'emploi de la diorite, pierre dure qui caractĂ©rise la sculpture de l'Ă©poque. Plusieurs statues reprĂ©sentant Manishtusu en grandeur nature ont Ă©tĂ© exhumĂ©es sur divers sites, ce qui indique une production nombreuse, en sĂ©rie, servant Ă  diffuser l'expression de la puissance royale. MutilĂ©es durant l'AntiquitĂ©, il leur manque systĂ©matiquement la tĂȘte[70].

Du rĂšgne de Naram-Sin date une des Ɠuvres les plus connues de la pĂ©riode, la StĂšle de victoire, commĂ©morant une campagne victorieuse de ce roi contre les Lullubis, un peuple du Zagros. Bien que fragmentaire, on y voit clairement l'exaltation du roi-dieu, coiffĂ© de la tiare Ă  cornes caractĂ©ristique de la divinitĂ©. Surplombant ses soldats et les ennemis vaincus, il est le point focal de la composition. Il dirige son regard vers des symboles astraux situĂ©s sur le haut de la stĂšle et Ă©voquant la prĂ©sence divine : cette construction verticale tranche avec les reprĂ©sentations traditionnelles, horizontales. La reprĂ©sentation du roi est idĂ©alisĂ©e, offrant au regard un corps jugĂ© comme parfait qui dĂ©gage une impression de puissance et de vigueur[71].

  • Photographie d'un fragment de sculpture en bas-relief, reprĂ©sentant quatre personnages dont deux sont habillĂ©s et les deux autres pas. Aux endroits oĂč elle est intacte, la sculpture prĂ©sente des traits dĂ©taillĂ©s prĂ©cis au niveau des vĂȘtements et de l'anatomie.
    Détail du fragment d'une stÚle datant du rÚgne de Rimush, musée du Louvre.
  • Fragment de stĂšle en basalte avec inscription de NarĂąm-SĂźn, trouvĂ©e Ă  Pir HĂŒseyin (est de la Turquie). MusĂ©e archĂ©ologique d'Istanbul.
    Fragment de stĂšle en basalte avec inscription de NarĂąm-SĂźn, trouvĂ©e Ă  Pir HĂŒseyin (est de la Turquie). MusĂ©e archĂ©ologique d'Istanbul.
  • Fragment d'une stĂšle de victoire de NarĂąm-SĂźn provenant de Nasiriyah. MusĂ©e national d'Irak.
    Fragment d'une stÚle de victoire de Narùm-Sßn provenant de Nasiriyah. Musée national d'Irak.
Photographie d'une sculpture en alliage cuivreux reprĂ©sentant une tĂȘte et dĂ©crite en dĂ©tail dans ce paragraphe.
TĂȘte en alliage cuivreux d'un roi d'Akkad retrouvĂ©e dans le temple d'Ishtar de Ninive, vers 2250 av. J.-C., Bagdad, musĂ©e national d'Irak.
La statue fragmentaire retrouvée à Bassekti. Musée national d'Irak.

Une autre grande Ɠuvre des artistes officiels d'Akkad est la tĂȘte royale en alliage cuivreux retrouvĂ©e Ă  Ninive (Bagdad, musĂ©e national d'Irak). Comme toutes les sculptures de la pĂ©riode d'Akkad, elle a Ă©tĂ© mutilĂ©e, mais cette fois-ci c'est la tĂȘte qui reste, bien que dĂ©tĂ©riorĂ©e. On ne sait pas quel roi elle est censĂ©e reprĂ©senter. Elle est remarquable par le souci du dĂ©tail typique de la pĂ©riode dans la reprĂ©sentation de la chevelure et la barbe du roi. Elle concentre plusieurs des traits caractĂ©ristiques de la reprĂ©sentation du souverain dans l'iconographie mĂ©sopotamienne depuis le IVe millĂ©naire : le bandeau frontal, la longue barbe finement peignĂ©e et le chignon nouĂ© derriĂšre la nuque[72]. Cette tĂȘte illustre la grande maĂźtrise de la technique de fonte Ă  la cire perdue des mĂ©tallurgistes mĂ©sopotamiens, attestĂ©e par d'autres fragments de statues datĂ©s de la pĂ©riode d'Akkad ou de ses environs, comme la base de statue en alliage cuivreux retrouvĂ©e Ă  Bassekti reprĂ©sentant un personnage nu assis[73].

Par sa qualité plastique et notamment son souci du détail anatomique, la sculpture de cette époque est une des plus réalistes de l'histoire mésopotamienne et annonce celle de la période néo-sumérienne, connue par les statues du roi Gudea de Lagash[74]. Mais c'est dans la thématique que les évolutions sont les plus profondes. L'art officiel des rois d'Akkad se distingue clairement de celui créé pour les notables du royaume, alors que durant la période présargonique l'art royal et l'art des élites étaient similaires. Désormais est réalisé un art ayant pour but d'exalter seulement la personne royale, d'en faire un personnage à part. L'art de la période d'Akkad est donc représentatif de l'évolution idéologique qui touche le pouvoir : le roi n'est plus seulement un homme plus important que les autres, il est au-dessus du reste des humains et accÚde au rang divin[75]. Cela se voit surtout à l'apogée de l'art d'Akkad sous Naram-Sin qui est aussi le souverain aux ambitions impériales les plus évidentes. L'art est attaché à la personne royale et a clairement pour but de célébrer sa grandeur. Le roi est souvent représenté comme un guerrier victorieux soumettant ses ennemis. Cet art émane manifestement de véritables ateliers royaux. Mais cela n'entrave en rien l'évolution qualitative que l'on remarque notamment dans le rendu anatomique des personnages sur les sculptures.

La pĂ©riode d'Akkad voit enfin le dĂ©veloppement dans la glyptique d'un art religieux reprĂ©sentĂ© sur les sceaux-cylindres des personnages importants du royaume, trĂšs souvent gravĂ©s dans de la chlorite[76]. L'exaltation de la monarchie est totalement absente de ce type de support, mais la volontĂ© d'uniformiser les thĂšmes religieux vient peut-ĂȘtre du pouvoir et de ses tendances centralisatrices. C'est en tout cas par ces sources que nous sommes le plus documentĂ©s sur la religion de cette pĂ©riode, Ă©tant donnĂ© que les inscriptions font dĂ©faut sur ce point[77]. Cet art, s'il s'inspire de quelques thĂšmes des pĂ©riodes prĂ©cĂ©dentes, est Ă©galement trĂšs novateur et lĂ  aussi se veut plus dĂ©taillĂ© dans la reprĂ©sentation des personnages. Certaines scĂšnes reprĂ©sentent simplement des divinitĂ©s, avec leurs attributs caractĂ©ristiques : il y a apparemment une volontĂ© de mieux les individualiser que prĂ©cĂ©demment. Les plus couramment reprĂ©sentĂ©es sont : Enki/Ea, le dieu des flots souvent accompagnĂ© de son acolyte Ushmu, le dieu aux deux visages ; la divinitĂ© solaire Utu/Shamash ; et la grande dĂ©esse Inanna/Ishtar. Deux grands thĂšmes faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la mythologie sont rĂ©currents dans la glyptique de l'Ă©poque[78]. Le premier est celui d'un combat mettant en scĂšne une divinitĂ© affrontant un animal rĂ©el ou imaginaire, inspirĂ© de scĂšnes de combats hĂ©roĂŻques dĂ©jĂ  prĂ©sentes dans la glyptique des siĂšcles prĂ©cĂ©dents. L'autre thĂšme est celui que P. Amiet a qualifiĂ© de « Grande Épiphanie », qui met en scĂšne plusieurs divinitĂ©s se manifestant sur Terre dans le but d'apporter des forces revitalisant la Nature, en la fertilisant (notamment Enki apportant ses flots). Cela renvoie peut-ĂȘtre Ă  un rituel de fĂȘte du Nouvel An, qui a alors lieu au dĂ©but du printemps. En dehors de ces thĂšmes, l'un des plus remarquables sceaux de la pĂ©riode est celui d'Ibni-sharrum, scribe de Shar-kali-sharri : deux personnages nus nommĂ©s lahmu, en train d'abreuver deux buffles, la scĂšne Ă©tant organisĂ©e de façon symĂ©trique autour du cartouche portant le nom et la fonction du dĂ©tenteur du sceau[79].

La fin de la période voit également l'apparition d'un type de scÚne amené à devenir trÚs populaire par la suite, en particulier chez les membres de l'administration royale : la présentation (ou intercession), dans laquelle un humain est représenté devant une divinité, à laquelle il est parfois introduit par une autre divinité. Ce type de scÚne est manifestement dérivé des scÚnes de banquets, répandues durant l'époque des dynasties archaïques. Les raisons du passage de l'un à l'autre sont discutés, et pourraient renvoyer aux changements politiques de l'Úre akkadienne[80].

  • Sceau-cylindre d'un serviteur de Bin-kali-sharri, fils de Naram-SĂźn, et impression mettant en scĂšne deux hĂ©ros affrontant des taureaux. British Museum.
    Sceau-cylindre d'un serviteur de Bin-kali-sharri, fils de Naram-Sßn, et impression mettant en scÚne deux héros affrontant des taureaux. British Museum.
  • Empreinte de sceau reprĂ©sentant un hĂ©ros affrontant un lion, et un lion affrontant un buffle. MusĂ©e de l'Institut oriental de Chicago.
    Empreinte de sceau représentant un héros affrontant un lion, et un lion affrontant un buffle. Musée de l'Institut oriental de Chicago.
  • Sceau-cylindre d'Adda et impression reprĂ©sentant une scĂšne d'« Ă©piphanie Â» avec Enki/Ea, Ushmu, Utu/Shamash et Inanna/Ishtar. British Museum.
    Sceau-cylindre d'Adda et impression reprĂ©sentant une scĂšne d'« Ă©piphanie Â» avec Enki/Ea, Ushmu, Utu/Shamash et Inanna/Ishtar. British Museum.
  • Sceau-cylindre et impression mettant en scĂšne des divinitĂ©s de la vĂ©gĂ©tation en procession devant une dĂ©esse de la vĂ©gĂ©tation. British Museum.
    Sceau-cylindre et impression mettant en scÚne des divinités de la végétation en procession devant une déesse de la végétation. British Museum.
  • Photographie du rĂ©sultat de l'impression d'un sceau-cylindre sur de l'argile. Le motif obtenu reprĂ©sente une inscription dans un rectangle horizontal occupant la partie centrale supĂ©rieure. Ce rectangle est supportĂ© par les croupes de deux animaux identiques dont les longues cornes recourbĂ©es semblent tenir le rectangle par ses cĂŽtĂ©s. Au-delĂ  de chaque animal se trouve encore un personnage, le corps tournĂ© vers le centre, un genou en terre et portant une petite amphore dont jaillit de l'eau.
    Empreinte du sceau-cylindre d'Ibni-sharrum, scribe de Shar-kali-sharri, chef-d’Ɠuvre de la glyptique akkadienne. MusĂ©e du Louvre.
  • Sceau-cylindre reprĂ©sentant une scĂšne de prĂ©sentation d'un dĂ©vot devant une dĂ©esse. MusĂ©e de l'Institut oriental de Chicago.
    Sceau-cylindre représentant une scÚne de présentation d'un dévot devant une déesse. Musée de l'Institut oriental de Chicago.

Structures administratives et Ă©conomiques

Photographie d'une portion de paroi de stÚle, gravée d'une écriture cunéiforme pas encore caractéristique.
Détail du texte gravé sur l'obélisque de Manishtusu, Musée du Louvre

Les structures administratives de l'État d'Akkad sont peu documentĂ©es et donc mal connues[81]. Il est organisĂ© en provinces, dirigĂ©es dans le Sud par des gouverneurs parfois appelĂ©s ensĂ­, titre sumĂ©rien auparavant utilisĂ© pour dĂ©signer les souverains de certaines citĂ©s-États (notamment Lagash). Elles correspondent apparemment dans cette rĂ©gion aux anciennes limites des États annexĂ©s lors des conquĂȘtes de Sargon, dont les souverains ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par des fidĂšles du roi, originaires d'Akkad. D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l'Ă©lite du royaume est faite et dĂ©faite par le roi, et elle est dominĂ©e par la famille royale qui accapare les charges les plus importantes comme vu prĂ©cĂ©demment. Le souverain attribue aussi de nombreuses terres Ă  ses fidĂšles, comme le montre l'obĂ©lisque de Manishtusu, stĂšle en diorite conservĂ©e au MusĂ©e du Louvre[82], qui porte une attestation d'achats de terres rĂ©alisĂ©s par le roi dans la rĂ©gion de Kish, 3 500 hectares environ, redistribuĂ©s ensuite Ă  des officiers, les « fils d'Akkad », c'est-Ă -dire ses proches[83].

Carte de la basse MĂ©sopotamie Ă  l'Ă©poque d'Akkad, indiquant l'ancien tracĂ© approximatif des fleuves et de la cĂŽte du golfe Persique ainsi que la localisation des villes principales. La localisation d'Akkad elle-mĂȘme, incertaine, y est supposĂ©e au Nord de Kish.
Localisation des sites principaux de Mésopotamie méridionale durant la période d'Akkad.

La Basse MĂ©sopotamie, cƓur de l'empire d'Akkad, peut ĂȘtre divisĂ©e en deux grandes rĂ©gions qui sont appelĂ©es plus tard Sumer et Akkad. La premiĂšre est majoritairement peuplĂ©e de SumĂ©riens, comme le rĂ©vĂšle l'Ă©tude des noms de personnes provenant des archives de cette rĂ©gion, dont plus de 80 % sont dans leur langue[84]. Dans le pays d'Akkad en revanche, on trouve environ 80 % de noms en akkadien, langue sĂ©mitique, celle de la dynastie d'Akkad, ce qui en fait la langue principale de l'administration, cohabitant avec le sumĂ©rien dans le Sud. La question de savoir comment la domination des sumĂ©rophones par les akkadophones a pu ĂȘtre ressentie est souvent posĂ©e[85]. Il a parfois Ă©tĂ© tentĂ© de voir les rĂ©voltes ayant embrasĂ© le Sud de la MĂ©sopotamie comme des soulĂšvements pour l'indĂ©pendance de Sumer contre Akkad, mais en rĂ©alitĂ© les rebelles sont aussi bien originaires du pays de Sumer que de celui d'Akkad. De fait, mĂȘme s'ils privilĂ©gient les gens de la noblesse d'Akkad et leur langue, en raison de leurs origines, rien n'indique que les rois d'Akkad aient cherchĂ© Ă  exclure les SumĂ©riens, dont ils ont repris certaines des traditions notamment en matiĂšre religieuse. Cela se voit dans le destin d'Enheduanna, fille de Sargon portant un nom sumĂ©rien, placĂ©e Ă  la tĂȘte d'un des grands sanctuaires de Sumer, et rĂ©digeant peut-ĂȘtre mĂȘme des Ɠuvres littĂ©raires dans la langue de cette rĂ©gion[86]. En fin de compte, le facteur ethnique a pu ĂȘtre pris en compte dans certains cas, mais on ne peut dĂ©terminer dans quelle mesure. Rien n'indique qu'il ait Ă©tĂ© dĂ©cisif dans des politiques impĂ©riales ou le dĂ©clenchement de rĂ©voltes ; il n'a sans doute Ă©tĂ© qu'un facteur parmi d'autres (identitĂ©s et traditions locales, intĂ©rĂȘts Ă©conomiques, etc.).

La documentation archĂ©ologique d'Ă©poque akkadienne dans la plaine du sud mĂ©sopotamien est trĂšs limitĂ©e : une sorte de manoir Ă  Umm el-Jir (Mugdan), prĂšs de Kish, dont les tablettes indiquent qu'il servait de centre administratif dĂ©pendant de membres de la famille royale[87] et un bĂątiment administratif partiellement dĂ©gagĂ© Ă  Tell el-Wilayah, qui a aussi livrĂ© des objets et tablettes de la pĂ©riode[88]. Dans la vallĂ©e de la Diyala, un bĂątiment administratif datable de l'Ă©poque d'Akkad a Ă©tĂ© mis au jour Ă  KhafadjĂ© (l'ancienne Tutub), et Tell Asmar (Eshnunna) a livrĂ© le « Palais Nord » un vaste bĂątiment d'Ă©poque akkadienne qui pourrait avoir eu une vocation administrative, oĂč ont Ă©galement Ă©tĂ© mises au jour des tablettes[89], tandis que plus en amont dans le bassin du Hamrin le site de Tell es-Suleimeh (Awal) a livrĂ© quelques rĂ©sidences et des tablettes de la pĂ©riode[90].

Dans les rĂ©gions conquises hors de Basse MĂ©sopotamie et de la Diyala, la domination akkadienne est discontinue : la prĂ©sence akkadienne semble trĂšs limitĂ©e voire inexistante durant les trois premiers rĂšgnes, elle se constitue surtout sous Naram-Sin, repose sur un rĂ©seau de garnisons akkadiennes placĂ©es en des endroits stratĂ©giques (Suse, Tell Brak, Gasur) de maniĂšre Ă  contrĂŽler les grands axes de circulation[91] - [92]. Ce contrĂŽle direct n'est pas systĂ©matique, puisque souvent les souverains d'Akkad semblent avoir prĂ©fĂ©rĂ© conclure des accords diplomatiques avec les royaumes voisins, accompagnĂ©s d'alliances matrimoniales. On dispose ainsi d'une tablette d'un traitĂ© de paix passĂ© entre Naram-Sin et un roi d'Awan, retrouvĂ©e Ă  Suse dans l'actuel sud-ouest iranien, et rĂ©digĂ© en Ă©lamite, qui semble faire du second un vassal du premier, l'obligeant Ă  suivre sa ligne politique, Ă  ne pas le trahir, et Ă  lui apporter une assistance militaire si nĂ©cessaire[93]. Dans cette mĂȘme ville la domination akkadienne est documentĂ©e par des tablettes de type akkadien et la culture matĂ©rielle semble reflĂ©ter une plus grande influence de la Basse MĂ©sopotamie[94]. Une stĂšle mise au jour Ă  Tell Abu Sheeja en Irak, prĂšs de la frontiĂšre irakienne, reprĂ©sente un certain Ilu-rabi du pays de Pashime, relevant de la sphĂšre Ă©lamite, identifiĂ© par une inscription en cunĂ©iforme d'Ă©poque akkadienne, qui correspond manifestement Ă  la personne de mĂȘme nom, gouverneur de Pashime, mentionnĂ©e sur l'obĂ©lisque de Manishtusu[95].

L'archĂ©ologie fournit plusieurs indices de la domination akkadienne en Haute MĂ©sopotamie syrienne. Les traces les plus importantes d'une occupation akkadienne ont Ă©tĂ© repĂ©rĂ©es Ă  Tell Brak oĂč a Ă©tĂ© mis au jour un vaste bĂątiment dont les inscriptions de fondation sont au nom de Naram-Sin, servant sans doute de rĂ©sidence Ă  un gouverneur local, entourĂ© d'autres constructions de la mĂȘme Ă©poque et tĂ©moignant d'un rĂ©amĂ©nagement de la ville aprĂšs sa conquĂȘte[97]. D'autres bĂątiments d'Ă©poque akkadienne et des objets attestant d'une occupation de cet empire ou du moins de relations diplomatiques avec celui-ci ont Ă©tĂ© trouvĂ©s dans la mĂȘme rĂ©gion Ă  Tell Leilan, Tell Beydar, Tell Mozan, Mari et Tell Munbaqa[98]. Ainsi Ă  Tell Mozan, l'antique Urkesh, la prĂ©sence de scellements au nom d'une fille de Naram-SĂźn semble indiquer que celle-ci avait Ă©tĂ© mariĂ©e au roi local (d'ethnie hourrite) dans le cadre d'une alliance entre celui-ci et le monarque akkadien[99]. Pour la partie orientale de la Haute MĂ©sopotamie, les sources d'une domination akkadienne proviennent essentiellement des tablettes de Yorghan Tepe, alors nommĂ©e Gasur[100], oĂč les autres traces matĂ©rielles de la pĂ©riode sont trĂšs limitĂ©es[101]. On ignore si les rois d'Akkad ont entrepris des travaux Ă  Ninive, comme une tradition locale postĂ©rieure le prĂ©tend[102].

Les gouverneurs d'Akkad avaient des prĂ©rogatives judiciaires, devaient prĂ©lever les impĂŽts et Ă©taient chargĂ©s de la gestion de domaines royaux souvent immenses. Il s'agit des domaines des souverains dĂ©chus, gĂ©rĂ©s selon la tradition locale de trois façons : directement par les dĂ©pendants du palais contre des rations d'entretien, indirectement par des mĂ©tayers, ou encore concĂ©dĂ©s Ă  des fonctionnaires ou militaires comme rĂ©tribution pour un service accompli pour l’État. Les artisans Ă©taient Ă©galement rĂ©tribuĂ©s en rations d'entretien. Des intendants (ĆĄabra) s'occupaient de l'administration de ces domaines. De telles institutions sont attestĂ©es en plusieurs endroits par des archives : Ă  Lagash, Ă  Umma, mais aussi hors de Basse MĂ©sopotamie, Ă  Gasur[100]. Un des domaines les mieux documentĂ©s est celui qui Ă©tait dirigĂ© par Mesag, situĂ© vers la limite entre la province d'Umma et celle de Lagash[103]. Il couvrait environ 1 270 hectares et employait 300 dĂ©pendants. Cela correspond Ă  des domaines tels que celui du temple de Ba'u Ă  Girsu durant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant les conquĂȘtes de Sargon. Les structures Ă©conomiques et sociales de la Basse MĂ©sopotamie n'ont donc pas Ă©tĂ© fondamentalement modifiĂ©es par l'empire d'Akkad ; le grand changement semble ĂȘtre le passage d'une prĂ©dominance des domaines des temples Ă  une prĂ©dominance des domaines royaux, apparemment Ă  la suite de rachats et peut-ĂȘtre de confiscations[104]. Les travailleurs des grandes institutions Ă©taient des dĂ©pendants ou des travailleurs indĂ©pendants recrutĂ©s occasionnellement pour des tĂąches spĂ©cifiques et rĂ©munĂ©rĂ©s par des rations et plus rarement des esclaves qui ne constituaient pas une force de travail importante[105].

Photographie d'une pierre calcaire gravée d'une écriture dont le caractÚre cunéiforme n'est pas trÚs marqué, beaucoup de signes présentant encore un caractÚre figuratif et de nombreux traits étant à peu prÚs droits plutÎt qu'en forme de clous.
Inscription de Naram-Sin commémorant la construction d'un temple à Marad par son petit-fils Lipit-Ili, gouverneur de cette ville, c. 2250, Musée du Louvre.
Tablette administrative d'Adab, relative à du bétail. RÚgne de Shar-kali-sharri, v. 2150 av. J.-C. Musée de l'Institut oriental de Chicago.

Les temples disposaient toujours de domaines importants lĂ  oĂč ils en avaient auparavant, c'est-Ă -dire dans la rĂ©gion de Sumer et dans la Diyala, et ce en dĂ©pit de leur recul face aux domaines royaux. Cela est attestĂ© notamment par les archives de l'Ekur de Nippur[106] et un autre lot provenant d'Eshnunna[107]. Leur administration semble gĂ©nĂ©ralement chapeautĂ©e par le gouverneur local, sauf dans le cas de l'Ekur, temple du grand dieu Enlil, principale divinitĂ© de la MĂ©sopotamie Ă  Nippur. L'Ekur Ă©tait dirigĂ© par un administrateur spĂ©cifique choisi par le roi et non par le gouverneur dirigeant le reste de la citĂ© de Nippur : cette situation particuliĂšre Ă©tait sans doute due au statut du temple qui Ă©tait le sanctuaire de tout le pays sumĂ©rien. Le roi participait Ă  l'entretien courant des temples et la reconstruction de l'Ekur entreprise par Naram-Sin et poursuivie par son fils Shar-kali-sharri est bien connue grĂące aux tablettes exhumĂ©es dans ce temple. Des artisans spĂ©cialisĂ©s Ă©taient mobilisĂ©s dans tout leur royaume Ă  cet effet, charge Ă  l'administration du temple de les entretenir pendant la durĂ©e des travaux. En tant qu'organisme Ă©conomique, le temple fonctionnait suivant le mĂȘme principe que le palais. Les dĂ©pendants de l'Ekur Ă©taient organisĂ©s en Ă©quipes de travailleurs dirigĂ©es par des chefs (ugula), eux-mĂȘmes commandĂ©s par des administrateurs supervisant les travaux (nu-banda3) et rĂ©munĂ©rĂ©s par des rations d'entretien. Le sanctuaire Ă©tait aussi amenĂ© Ă  jouer un rĂŽle de « protection sociale Â» pour des individus isolĂ©s et dĂ©munis (orphelins, veuves) qu'il entretenait[108].

D'autres activitĂ©s sont attestĂ©es par un nombre plus rĂ©duit de tablettes. Certains documents provenant de Suse montrent l'activitĂ© de marchands (dam-gĂ r) qui agissaient sous le contrĂŽle de l'État et dont les rĂ©seaux commerciaux avaient pour but d'acheminer des matiĂšres premiĂšres vers la MĂ©sopotamie qui en est trĂšs pauvre[109]. D'autres textes montrent quant Ă  eux l'existence d'activitĂ©s privĂ©es Ă  cette pĂ©riode, certains marchands ou autres agents de l'État pouvant Ă©galement agir pour leur propre compte[110]. Le commerce international Ă©tait trĂšs actif vers le plateau Iranien, mais aussi le golfe Persique, allant jusqu'Ă  Oman (Magan) et la vallĂ©e de l'Indus (Meluhha), rĂ©gions riches en matiĂšres premiĂšres dont les MĂ©sopotamiens Ă©taient trĂšs demandeurs (mĂ©taux, pierres). Mais on ne sait pas bien ce qu'ils exportaient en retour : sans doute du grain, des Ă©toffes et huiles parfumĂ©es[111]. On trouve aussi dans les archives de la pĂ©riode des documents concernant des activitĂ©s locales : commerce de produits agricoles, achat et vente de champs, d'esclaves, ainsi que des opĂ©rations de prĂȘts. La richesse des notables entreprenant ces opĂ©rations paraĂźt liĂ©e au pouvoir central. Ainsi, Ă  Umma, un certain Ur-Shara prenait en charge du bĂ©tail appartenant au palais. Son Ă©pouse Ama-Ă©, vĂ©ritable femme d'affaires, louait des terres du palais et menait d'autres activitĂ©s avec des personnes privĂ©es, notamment l'octroi de prĂȘts[112]. De plus, il semble que les terres concĂ©dĂ©es par le palais Ă  ces notables furent progressivement patrimonialisĂ©es par leurs dĂ©tenteurs, qui les considĂ©raient comme des biens familiaux, sans que cela n'affaiblisse forcĂ©ment le pouvoir central[113]. Comme souvent dans l'histoire mĂ©sopotamienne, les limites entre public et privĂ© sont trĂšs floues.

Postérité

L'expĂ©rience qu'a constituĂ© l'empire d'Akkad a profondĂ©ment marquĂ© l'histoire de la MĂ©sopotamie. L'ancien systĂšme des citĂ©s-États laisse place Ă  une nouvelle forme Ă©tatique qui se donnait pour vocation la domination universelle. Le royaume de la troisiĂšme dynastie d'Ur, formĂ© quelques dĂ©cennies aprĂšs la chute d'Akkad, se situe dans la continuitĂ© de ce « premier empire Â». À partir de ce moment, les rois d'Akkad, en premier lieu Sargon et Naram-Sin, deviennent les hĂ©ros de vĂ©ritables Ă©popĂ©es qui servent d'illustration Ă  l'idĂ©ologie royale mĂ©sopotamienne qu'ils ont eux-mĂȘmes contribuĂ© Ă  forger[114].

DÚs les débuts d'Ur III, les cercles royaux ressentent le besoin de justifier la chute d'Akkad par une explication théologique, et procÚdent à la rédaction d'un texte en sumérien, appelé par les historiens actuels la Malédiction d'Akkad[115]. Ce récit raconte que Naram-Sin a perdu le soutien des dieux et que le plus grand d'entre eux, Enlil, ne lui donne pas le droit de reconstruire son temple à Nippur. De rage, Naram-Sin le fait détruire et s'attire la malédiction des dieux, qui condamnent son royaume à la destruction, les Gutis jouant le rÎle d'exécuteur inconscient du chùtiment divin. Cette justification de la chute d'Akkad permet de légitimer le pouvoir des rois d'Ur III. C'est cette image de roi orgueilleux et pécheur qu'a forgé la tradition mésopotamienne à propos de Naram-Sin. Elle se retrouve dans la Légende de Kutha, dans laquelle le roi refuse d'entendre les mauvais présages à propos d'une bataille qu'il va mener et perd. Mais il finit par l'emporter en combattant quand les présages lui sont favorables[116]. La grande révolte qui a lieu au cours de son rÚgne a également donné naissance à une tradition littéraire comme vu précédemment[117].

Sargon a Ă©galement Ă©tĂ© Ă  l'origine d'une abondante littĂ©rature, qui est parfois sur-interprĂ©tĂ©e par les historiens modernes car on dispose de peu d'inscriptions et de textes datant de son rĂšgne. Il est difficile de savoir dans quelle mesure ces rĂ©cits, attestĂ©s jusqu'Ă  la fin de l'Ă©poque nĂ©o-assyrienne (VIIIe et VIIe siĂšcles), sont fidĂšles Ă  la rĂ©alitĂ© historique. C'est le cas du plus cĂ©lĂšbre, l'Autobiographie de Sargon[118], rĂ©cit racontant comment Sargon est abandonnĂ© Ă  sa naissance par sa mĂšre (une prĂȘtresse qui ne doit pas avoir d'enfants), qui le place dans un panier en osier sur l'Euphrate, sur lequel il dĂ©rive jusqu'Ă  Kish oĂč il est recueilli par un puisatier, avant d'ĂȘtre plus tard soutenu par la dĂ©esse Ishtar, qui l'aide Ă  prendre le pouvoir. Plusieurs rĂ©cits racontent ses exploits guerriers, notamment celui intitulĂ© Sargon, roi du combat[119]. Il relate une campagne, sans doute lĂ©gendaire, qu'il aurait menĂ©e en Anatolie, contre la ville de Purushanda. Un exemplaire en hittite a Ă©tĂ© mis au jour Ă  Hattusha, capitale des Hittites, ainsi qu'une version akkadienne du rĂ©cit Ă  Tell el-Amarna, en Égypte, ce qui montre que la lĂ©gende de Sargon trouvait un Ă©cho au-delĂ  de la MĂ©sopotamie.

La tradition mĂ©sopotamienne a donc distinguĂ© deux rois d'Akkad, Sargon et Naram-SĂźn, symbolisant toute l'importance qu'ils ont eue dans son histoire et dans la construction idĂ©ologique de la fonction royale et de l'impĂ©rialisme dans la rĂ©gion. Elle a surtout retenu d'eux leur puissance militaire, aspect qu'ils ont eux-mĂȘmes le plus mis en avant. Au long de l'histoire mĂ©sopotamienne les scribes ont recopiĂ© les inscriptions des souverains d'Akkad, en plus des lĂ©gendes les concernant. À l'Ă©poque palĂ©o-babylonienne, plusieurs textes de divination renvoient des Ă©vĂ©nements (en partie imaginaires) en lien avec l'Ă©poque d'Akkad (par exemple un « prĂ©sage de la chute d'Akkad », ou un prĂ©sage sur la prise par Naram-SĂźn d'une ville appelĂ©e Apishal, dont la rĂ©alitĂ© est douteuse) qui est lĂ  encore choisie pour sa valeur Ă©vocatrice pour la royautĂ©[120]. Plusieurs souverains reprennent au cours des deux millĂ©naires suivants le titre de « roi d'Akkad Â», se plaçant dans la continuitĂ© de leurs illustres prĂ©dĂ©cesseurs. Sargon et Naram-SĂźn ont Ă©galement fait l'objet d'un culte, sans doute dĂšs la pĂ©riode d'Ur III, et leurs statues sont encore vĂ©nĂ©rĂ©es sous la domination des Perses achĂ©mĂ©nides (VIe et Ve siĂšcles). Un peu auparavant, des prĂȘtres de Sippar de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente crĂ©ent une fausse charte de donation qu'aurait octroyĂ© Manishtusu Ă  leur temple (le « monument cruciforme Â»)[121].

Notes et références

  1. Schrakamp 2020, p. 616.
  2. Lafont 2017, p. 175-176.
  3. Schrakamp 2020, p. 633.
  4. (en) B. R. Foster, « Archives and Record Keeping in Sargonic Mesopotamia Â», dans Zeitschrift fĂŒr Assyriologie 72, p. 1–27 ; (en) id., « Archives and Empire in Sargonic Mesopotamia Â», dans K. R. Veenhof (dir.), Cuneiform Archives and Libraries, Leyde, 1986, p. 46–52. B. Lafont, « II. La sociĂ©tĂ© sumĂ©rienne », dans Sumer 1999-2002, col. 146.
  5. Schrakamp 2020, p. 616-617.
  6. (en) C. Wall-Romana, « An Areal Location of Agade », dans Journal of Near Eastern Studies 49/3, 1990, p. 205–245 ; Westenholz 1999, p. 31–34. (de) W. Sommerfeld, « Die Lage von Akkade und die Dokumentation des 3. Jahrtausends », dans N. Ziegler et E. Cancik-Kirschbaum (dir.), Entre les fleuves II. D’AĆĄĆĄur Ă  Mari et au-delĂ , Berlin, 2014, p. 151–175.
  7. E. Sollberger et J.-R. Kupper, Inscriptions royales sumériennes et akkadiennes, Paris, 1971, p. 97-114 ; (de) I. Gelb et B. Kienast, Die altakkadischen Königsinschriften des dritten Jahrtausends v. Chr., Stuttgart, 1990 ; (en) D. Frayne, The Royal inscriptions of Mesopotamia, Early periods, vol. 3/2, Sargonic and Gutian periods : 2334-2113 BC, Toronto, 1993, p. 5-218.
  8. Foster 2016, p. 249-251.
  9. Michalowski 2020, p. 693-694.
  10. Lafont 2017, p. 169.
  11. Lafont 2017, p. 175.
  12. Foster 2016, p. 252-262.
  13. Foster 2016, p. 262-265.
  14. Présentation du corpus et traductions d'une partie d'entre eux en anglais dans Goodnick-Westenholz 1997.
  15. Sur les difficultĂ©s Ă  analyser ces sources, voir notamment : (en) M. Liverani, « Model and Actualization, The Kings of Akkad in the Historical Tradition », dans Liverani (dir.) 1993, p. 41-67 ; (en) P. Michalowski, « Memory and Deed: the Historiography of the political Expansion of the Akkad State », dans Liverani (dir.) 1993, p. 69-90 ; (en) J. Goodnick-Westenholz, « Objects with Messages: Reading Old Akkadian Royal Inscriptions », dans Bibliotheca Orientalis 55, 1998, p. 44–59 ; (en) D. T. Potts, « Reading the Sargonic ‘Historical-Literary' Tradition: Is There a Middle Course? (Thoughts on the Great Revolt against Naram-Sin) », dans T. Abusch et al. (dir.), Historiography in the Cuneiform World Part I, CRRAI 45, Bethesda, 2001, p. 391–408. McMahon 2012, p. 652-654.
  16. Foster 2016, p. 308-310.
  17. Michalowski 2020, p. 690-692.
  18. Lafont 2017, p. 168.
  19. Amiet 1976
  20. Schrakamp 2020, p. 618.
  21. (en) H. J. Nissen, « Settlement Patterns and Material Culture in the Akkad Period: Continuity and Discontinuity Â», dans Liverani (dir.) 1993, p. 91-106 ; (en) McG.Gibson et A. McMahon, « Investigation of the Early Dynastic-Akkadian Transition: Report of the 18th and 19th Seasons of Excavation in Area WF, Nippur Â», dans Iraq 57, 1995, p. 1–39 ; (en) D. Matthews, « The Early Dynastic-Akkadian Transition Part I: When Did the Akkadian Period Begin? Â», dans Iraq 59, 1997, p. 1–7 ; (en) McG. Gibson et A. McMahon, « The Early Dynastic-Akkadian Transition Part II: The Authors' Response Â», dans Iraq 59, 1997, p. 9–14. McMahon 2012, p. 654-655.
  22. Schrakamp 2020, p. 617-618.
  23. Westenholz 1999, p. 34–40. Foster 2016, p. 3-6 ; Schrakamp 2020, p. 619-625
  24. Akkad existait probablement avant le rÚgne de Sargon, qui ne l'aurait donc pas fondée : Westenholz 1999, p. 31, Foster 2016, p. 31.
  25. B. Lafont et B. Lion, « Akkad », dans JoannÚs (dir.) 2001, p. 25 pour les dates de la chronologie moyenne, couramment utilisée. Glassner 2002, p. 46 pour les propositions plus basses. Schrakamp 2020, p. 615 table 9.1 propose (avec W. Sallaberger) d'abaisser les dates de la chronologie moyenne de 8 ans.
  26. (en) A. Archi et M. G. Biga, « A Victory over Mari and the Fall of Ebla », dans Journal of Cuneiform Studies 55, 2003, p. 1–44. D. Charpin, « Tell Hariri/Mari : Textes », dans SupplĂ©ment au Dictionnaire de la Bible fasc. 77-78, 2008, col. 223-224. (en) W. Sallaberger, « From Urban Culture to Nomadism : A History of Upper Mesopotamia in the Late Third Millennium », dans SociĂ©tĂ©s humaines et changement climatique Ă  la fin du troisiĂšme millĂ©naire: une crise a-t-elle eu lieu en Haute MĂ©sopotamie? Actes du Colloque de Lyon (5-8 dĂ©cembre 2005) (Varia Anatolica, 19), Istanbul, 2007 p. 417-456.
  27. (de) H. Klengel, Geschichte des Hethetischen Reiches, Leyde 1999, p. 19–20 ; (en) A. Westenholz, « Relations between Mesopotamia and Anatolia in the Age of the Sargonic Kings », dans H. Erkanal et al. (dir.), XXXIV UluslararasĂż Assiriyoloji Kongresi, CRRAI 34 (Istanbul, 1987), Ankara, 1998, p. 5–22 ; (en) G. Beckman, « Sargon and Naram-Sin in Hatti: Reflections of Mesopotamian Antiquity among the Hittites », dans D. Kuhn and H. Stahl (dir.), Die Gegenwart des Altertums, Heidelberg, 2001, p. 85–91
  28. Michalowski 2020, p. 702-714.
  29. (en) P. Steinkeller, « An Ur III manuscript of the sumerian king list », dans W. Sallaberger, K. Volk et A. Zgoll (dir.), Literatur, Politik und Recht in Mesopotamien, Festschrift fĂŒr Claus Wilcke, Wiesbaden, 2003, p. 278-279
  30. Westenholz 1999, p. 41–44 ; Foster 2016, p. 6-8.
  31. Westenholz 1999, p. 44–46 ; Foster 2016, p. 8-10.
  32. Pour les relations de ces deux rois d'Akkad avec les rĂ©gions du Sud-Ouest iranien, voir (en) D. T. Potts, The Archaeology of Elam: Formation and Transformation of an Ancient Iranian State, Cambridge, 1999, p. 103–106. Voir aussi Westenholz 1999, p. 90–93 et p. 97–98 pour les rĂ©gions du Golfe.
  33. Westenholz 1999, p. 46–55 ; Foster 2016, p. 10-22.
  34. (en) Thorkild Jacobsen, « Iphur-Lish and Its Times », dans Archiv fĂŒr Orientforschung 26, 1978-79, p. 1–14 ; (en) S. Tinney, « A new look at Naram-Sin and the ‘great rebellion' », dans Journal of Cuneiform Studies 47, 1995, p. 1–14 ; (de) C. Wilcke, « Amar-girids Revolt gegen Naram-Su'en », dans Zeitschrift fĂŒr Assyriologie 87, 1997, p. 11–32
  35. Michalowski 2020, p. 724-725.
  36. B. Lafont, P. Villard et C. Castel, « Armement », dans JoannÚs (dir.) 2001, p. 76-77
  37. Westenholz 1999, p. 65–68 ; Ph. Abrahami, « L'armĂ©e d'Akkad », dans Ph. Abrahami et L. Battini (dir.), Les armĂ©es du Proche-Orient ancien (IIIe–Ier mill. av. J. –C.), Oxford, 2008, p. 1–22
  38. N. Ziegler, « Guti », dans JoannÚs (dir.) 2001, p. 356
  39. J.-J. Glassner, La chute d'AkkadĂ©, L'Ă©vĂ©nement et sa mĂ©moire, Berlin, 1986. Westenholz 1999, p. 55–57. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 116-118. Foster 2016, p. 22-25
  40. Westenholz 1999, p. 57. (en) D. Frayne, The Royal inscriptions of Mesopotamia, Early periods, vol. 3/2, Sargonic and Gutian periods : 2334-2113 BC, Toronto, 1993, p. 210–217
  41. Schrakamp 2020, p. 615.
  42. Westenholz 1999, p. 57–59 ; Glassner 2002, p. 32
  43. J.-J. Glassner, « La fin d'AkkadĂȘ : approche chronologique », NABU 1994/9
  44. (en) H. Weiss et A. Courty, « The Genesis and Collapse of the Akkadian Empire: the Accidental Refraction of Historical Law », dans Liverani (dir.) 1993, p. 131–155 ; dĂ©bat poursuivi, cf. par exemple S. Cleuziou, « La chute de l'empire d'AkkadĂ© : homme et milieux au Moyen-Orient », dans Les nouvelles de l'archĂ©ologie 56, 1994, p. 45–48 et J.-J. Glassner, « La chute d'AkkadĂ©, les volcans d'Anatolie et la dĂ©sertification de la vallĂ©e du Habur », dans Ibid., p. 49–51 ; puis H. Weiss et A. Courty, « La chute de l'empire d'Akkadé  (suite). Entre droite Ă©pigraphique et gauche archĂ©ologique, y a-t-il une place pour la science ? », dans Les nouvelles de l'archĂ©ologie 57, 1994, p. 33–41.
  45. McMahon 2012, p. 664-667
  46. B. Lafont et B. Lion, « Akkad », dans JoannĂšs (dir.) 2001, p. 24–25
  47. Foster 2016, p. 82-83.
  48. « Administrative measures, such as metrological reform and the imposition of uniform royal standards, and cultural measures, such as reform of writing and script, diffusion of images of the ruler from a central workshop, and the spread of the Akkadian language and record keeping to Sumer, Iran, and northern Syria, prove that there was much more to the Akkadian Empire than heroic marches, enhanced commerce, and accumulation of booty » : Foster 2016, p. 80.
  49. B. Lafont, « Narùm-Sßn (d'Akkad) », dans JoannÚs (dir.) 2001, p. 559
  50. Glassner 2002, p. 158–160
  51. Glassner 2002, p. 191–193 parle d'une « pseudo-divinisation »
  52. (en) M. Stepien, « Why some kings become gods: The deification of Narām-Sßn the ruler of the world », dans O. Drewnowska (dir.), Here and there across the Ancient Near East: Studies in Honour of Krystyna Lyczkowska, Varsovie, 2009, p. 233-255
  53. (en) P. Steinkeller, « Early Political Development in Mesopotamia and the Origins of the Sargonic Empire », dans Liverani (dir.) 1993, p. 107–129
  54. (en) I. Gelb, « Ebla and the Kish Civilization », dans L. Cagni (Ă©d.), La Lingua di Ebla, Naples, 1981, p. 9–72 ; id., « Mari and the Kish Civilization », dans G. D. Young (dir.), Mari in Retrospect, Winona Lake, 1992, p. 121–202
  55. (en) B. R. Foster, « Archives and Empire in Sargonic Mesopotamia », op. cit. ; id., « Management and Administration in the Sargonic Period », dans Liverani (dir.) 1993, p. 25–29
  56. Foster 2016, p. 141.
  57. Lafont 2017, p. 186.
  58. Foster 2016, p. 141-142.
  59. Foster 2016, p. 227-228
  60. Sur ces questions, voir les diffĂ©rents articles de Liverani (dir.) 1993, ainsi que S. Lafont « Les "premiers" empires mĂ©sopotamiens », dans MĂ©diterranĂ©es 8, 1996, p. 11–26. Voir aussi Foster 2016, p. 80-83.
  61. Michalowski 2020, p. 698.
  62. McMahon 2012, p. 659-664
  63. Glassner 2002, p. 31–32
  64. McMahon 2012, p. 660
  65. Westenholz 1999, p. 40 ; Lafont 2017, p. 171-172.
  66. Westenholz 1999, p. 85.
  67. Lafont 2017, p. 188.
  68. McMahon 2012, p. 656
  69. Amiet 1976, p. 8–13 ; (en) D. P. Hansen, « Art of the Akkadian Dynasty », dans Aruz (dir.) 2003, p. 191-193.
  70. Amiet 1976, p. 18–28 ; (en) D. P. Hansen, « Art of the Akkadian Dynasty », dans Aruz (dir.) 2003, p. 193-194
  71. « Description sur le site du MusĂ©e du Louvre » (consultĂ© le ) Amiet 1976, p. 29–32 ; (de) D. Bander, Die Siegestele des NaramsĂźn und ihre Stellung in Kunst- und Kulturgeschichte, Idstein, 1995 ; Benoit 2003, p. 260–261 ; (en) D. P. Hansen, « Art of the Akkadian Dynasty », dans Aruz (dir.) 2003, p. 195-197. Voir aussi les trois articles de Irene Winter compilĂ©s derniĂšrement dans (en) I. Winter, On Art in the Ancient Near East, Volume II From the Third Millennium B.C.E., Leyde-Boston, 2010, p. 85–149
  72. (en) M. E. L. Mallowan, « The Bronze Head of the Akkadian Period from Nineveh », dans Iraq 3/1, 1936, p. 104–110 ; Benoit 2003, p. 258–259
  73. (en) D. P. Hansen, « Art of the Akkadian Dynasty », dans Aruz (dir.) 2003, p. 194-195 ; autres exemples dans Aruz (dir.) 2003, p. 210-213 ; McMahon 2012, p. 658-659.
  74. Amiet 1976, p. 64
  75. Glassner 2002, p. 274–275 ; Benoit 2003, p. 82–83
  76. (de) R. M. Boehmer, Die Entwicklung der Glyptik wÀrhend der Akkad-Zeit, Berlin, 1965 ; Amiet 1976 ; Aruz (dir.) 2003, p. 213-221
  77. Westenholz 1999, p. 78–84
  78. Amiet 1976, p. 44–63 ; Benoit 2003, p. 262–267
  79. « Description sur le site du MusĂ©e du Louvre ». Benoit 2003, p. 268–269 ; Aruz (dir.) 2003, p. 208-209
  80. (en) K. Zajdowski, « Transformation of the Mesopotamian banquet scene into the presentation scene in the early dynastic, Akkadian and Ur III periods », dans Akkadica 134, 2013, p. 1-16.
  81. Westenholz 1999, p. 60–65 ; (en) C. Wilcke, « Early Dynastic and Sargonic Periods », dans R. Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law, Leyde, 2003, p. 145–151
  82. « Description sur le site du MusĂ©e du Louvre ». Transcription et traduction dans (en) I. J. Gelb, P. Steinkeller et R. M. Whiting, Earliest Land Tenure Systems in the Near East: Ancient Kudurrus, Texts, Chicago, 1991, p. 116–140
  83. (en) B. R. Foster, « The Forty-nine Sons of Agade », dans S. Graziani (dir.), Studi sul Vicino Oriente Antico dedicati alla memoria di Luigi Cagni, Naples, 2000, p. 308–319
  84. (en) B. R. Foster, « Ethnicity and Onomasticon in Sargonic Mesopotamia », dans Orientalia 51, 1982, p. 297–353
  85. Westenholz 1999, p. 25–26 ; M.-J. Seux dans Sumer 1999-2002, col. 347-349
  86. L'attribution de ces textes Ă  cette princesse est discutĂ©e, cf. Westenholz 1999, p. 76–78 et J.-J. Glassner, « En-hedu-Ana, une femme auteure en pays de Sumer au IIIe millĂ©naire ? », dans F. Briquel-Chatonnet, S. FarĂšs, B. Lion et C. Michel (dir.) Femmes, cultures et sociĂ©tĂ©s dans les civilisations mĂ©diterranĂ©ennes et proche-orientales de l’AntiquitĂ©, Topoi supplĂ©ment 10, 2009, p. 219–231.
  87. Foster 2016, p. 59-60
  88. Foster 2016, p. 68-69
  89. Foster 2016, p. 53-57
  90. Foster 2016, p. 60-62
  91. Michalowski 2020, p. 744 et 747-748.
  92. Steinkeller 2021, p. 50-51.
  93. (de) W. Hinz, « Elams Vertrag mit Naram-SĂźn von Akkad », dans Zeitschrift fĂŒr Assyriologie 58, 1967, p. 66–96
  94. Westenholz 1999, p. 92-93 ; (en) D. T. Potts, The Archaeology of Elam: Formation and Transformation of an Ancient Iranian State, Cambridge, 1999, p. 110-120.
  95. (en) A. M. Hussein et al., « Tell Abu Sheeja/Ancient PaĆĄime: Report on the First Season of Excavations, 2007 Â», dans Akkadica 131, 2010, p. 56-58.
  96. Foster 2016, p. 74.
  97. (it) D. Oates, « Gli Accadi lungo l'Eufrate e nella Gezira », dans O. Rouault et M. G. Masetti-Rouault (dir.), L'Eufrate in tiempo, La civiltĂ  del medio Eufrate e delle Gezira siriana, 1993, p. 61–63 ; (en) D. Oates et J. Oates, « Akkadian Buildings at Tell Brak Â», dans Iraq 51, 1989, p. 193-211 ; (en) D. Oates, J. Oates et H. Mc Donald, Excavations at Tell Brak, Vol. 2, Nagar in the third millennium BC, Londres et Cambridge, 2001. Aruz (dir.) 2003, p. 228-233.
  98. (en) P. Akkermans et G. Schwartz, The Archaeology of Syria: From Complex Hunter-Gatherers to Early Urban Societies (c. 16000-300 BC), Cambridge, 2003, p. 277-282
  99. Aruz (dir.) 2003, p. 224-227
  100. (en) B. R. Foster, « Administration of State Land at Sargonic Gasur », dans Oriens Antiquus 21, 1982, p. 39–48 ; Id., « People, Land and Produce at Sargonic Gasur », dans Studies on the Civilization and Culture of Nuzi and the Hurrians 2, 1987, p. 87–107
  101. (en) D. L. Stein, « Nuzi », dans E. M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Ancient Near East, Volume 4, Oxford et New York, 1997, p. 173
  102. (en) J. Goodnick Westenholz, « The Old Akkadian Presence in Nineveh: Fact or Fiction », dans Nineveh. Papers of the XLIXe Rencontre Assyriologique Internationale: London, 7-11 July 2003, Iraq 66, Londres, 2004, p. 7–18
  103. (en) B. Foster, Umma in the Sargonic Period, Hamden, 1982
  104. (en) P. Steinkeller, « Land-Tenure Conditions in Southern Babylonia under the Sargonic Dynasty », dans B. Böck, E. Cancik-Kirschbaum et T. Richter (dir.), Munuscula Mesopotamica, Festschrift fĂŒr Johannes Renger, MĂŒnster, 1999, p. 553–571. Voir aussi (it) G. Visicato, « Gestione e sfruttamento dei terreni agricoli nella Babilonia dal periodo tardo-Uruk al periodo sargonico », dans M. Perna et F. Pomponio (dir.), The Management of Agricultural Land and the Production of Textiles in the Mycenaean and Near Eastern Economies, Naples, 2008, p. 23–31
  105. Westenholz 1999, p. 68–69
  106. (en) A. Westenholz, Old Sumerian and Old Akkadian Texts in Philadelphia, part II: The 'Akkadian' Texts, the Enlilemaba Texts, and the Onion Archive, Copenhague, 1987. Westenholz 1999, p. 60–65.
  107. (en) G. Visicato, « A Temple Institution in the Barley Records from Sargonic EĆĄnunna », dans ASJ (Acta Sumerologica) 19, 1997, p. 235–259
  108. Westenholz 1999, p. 61–63
  109. (en) B. R. Foster, « ‘International’ Trade at Sargonic Susa (Susa in the Sargonic Period III) », dans Altorientalische Forschungen 20/1, 1993, p. 59–68
  110. (en) B. R. Foster, « Commercial Activity in Sargonic Mesopotamia », dans Iraq 39/1, 1977, p. 31–43 ; (en) P. Steinkeller et J. N. Postgate, Third Millenium Legal and Administrative Texts in the Iraq Museum, Bagdad, Winona Lake, 1992
  111. Westenholz 1999, p. 100–102
  112. Foster 2016, p. 70.
  113. S. Lafont, « Fief et fĂ©odalitĂ© dans le Proche-Orient ancien », dans J.-P. Poly et E. Bournazel (dir.), Les fĂ©odalitĂ©s, Paris, 1998, p. 529–532
  114. J.-J. Glassner, « Sargon, un modĂšle », dans P. Bordreuil, F. Briquel-Chatonnet et C. Michel (dir.), Les dĂ©buts de l'histoire, Paris, 2008, p. 161–165
  115. (en) J. Cooper, The Curse of Agade, Baltimore, 1983. B. Lion, « Malédiction d'Akkad », dans JoannÚs (dir.) 2001, p. 490-491.
  116. Goodnick-Westenholz 1997, p. 262–367
  117. Goodnick-Westenholz 1997, p. 221–261
  118. Goodnick-Westenholz 1997, p. 33–50
  119. Goodnick-Westenholz 1997, p. 57–139
  120. Foster 2016, p. 259-261
  121. B. Lafont et B. Lion, « Akkad », dans JoannĂšs (dir.) 2001, p. 25–26. J.-J. Glassner, « Sargon, un modĂšle Â», op. cit., p. 165.

Bibliographie

Généralités sur la Mésopotamie antique

  • « Sumer », dans Jacques Briend et Michel Quesnel (dir.), SupplĂ©ment au Dictionnaire de la Bible fasc. 72-73, Letouzey & AnĂ©, 1999-2002, col. 77-359
  • Jean-Jacques Glassner, La MĂ©sopotamie, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Guide Belles Lettres des civilisations »,
  • Francis JoannĂšs (dir.), Dictionnaire de la civilisation mĂ©sopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,

Art et archéologie

  • (en) Joan Aruz (dir.), Art of the first cities : The Third millennium B.C. from the Mediterranean to the Indus, New Haven et Londres, The Metropolitan Museum of New York et Yale University Press, (lire en ligne)
  • AgnĂšs Benoit, Art et archĂ©ologie : les civilisations du Proche-Orient ancien, Paris, RMN, coll. « Manuels de l'Ă©cole du Louvre »,
  • (en) Zainab Bahrani, Mesopotamia : Ancient Art and Architecture, Londres, Thames & Hudson, , chap. 6 (« Art of the Akkadian Dynasty »), p. 113-133

SynthĂšses sur l'empire d'Akkad

  • (en) Aage Westenholz, « The Old Akkadian Period: History and Culture », dans Walther Sallaberger et Aage Westenholz, Mesopotamien: Akkade-Zeit und Ur III-Zeit, Fribourg et Göttingen, UniversitĂ€tsverlag Freiburg Schweiz et Vandenhoeck & Ruprecht, coll. « Orbis Biblicus et Orientalis », , p. 17-118
  • (en) Augusta McMahon, « The Akkadian Period: Empire, Environment, and Imagination », dans Daniel T. Potts (dir.), A Companion to the Archaeology of the Ancient Near East, Malden et Oxford, Blackwell Publishers, coll. « Blackwell companions to the ancient world », , p. 649-667
  • Bertrand Lafont, « Akkad, l'empire charismatique (2330-2100) », dans Bertrand Lafont, Aline Tenu, Philippe Clancier et Francis JoannĂšs, MĂ©sopotamie : De Gilgamesh Ă  Artaban (3300-120 av. J.-C.), Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », , p. 165-199
  • (en) Ingo Schrakamp, « The Kingdom of Akkad: A View from Within », dans Karen Radner, Nadine Moeller et Daniel T. Potts (dir.), The Oxford History of the Ancient Near East, Volume 1: From the Beginnings to Old Kingdom Egypt and the Dynasty of Akkad, New York, Oxford University Press, , p. 612-685
  • (en) Piotr Michalowski, « The Kingdom of Akkad in Contact with the World », dans Karen Radner, Nadine Moeller et Daniel T. Potts (dir.), The Oxford History of the Ancient Near East, Volume 1: From the Beginnings to Old Kingdom Egypt and the Dynasty of Akkad, New York, Oxford University Press, , p. 686-764

Autres Ă©tudes sur l'empire d'Akkad

  • Pierre Amiet, L'art d'AgadĂ© au musĂ©e du Louvre, Paris, Éditions des MusĂ©es nationaux,
  • (en) Melissa Eppihimer, Exemplars of Kingship : Art, Tradition, and the Legacy of the Akkadians, Oxford, Oxford University Press,
  • (en) Benjamin R. Foster, The Age of Agade : Inventing empire in ancient Mesopotamia, Londres et New York, Routledge / Taylor & Francis Group,
  • (en) Joan Goodnick-Westenholz, Legends of the Kings of Akkade, Winona Lake, Eisenbrauns,
  • (en) Mario Liverani (dir.), Akkad, the first World Empire : structure, ideology, traditions, Padoue, Sargon, coll. « History of the Ancient Near East Studies »,
  • (en) Piotr Steinkeller, « The Sargonic and Ur III Empires », dans Peter Fibiger Bang, C.A. Bayly et Walter Scheidel (dir.), The Oxford World History of Empire, Oxford, Oxford University Press,

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplĂ©mentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimĂ©dias.