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Rollkur

Hyperflexion de l'encolure

Dessin en noir et blanc reprĂ©sentant un cheval le nez dans le poitrail, la tĂȘte tordue de façon excessive vers la gauche, l'encolure courbĂ©e.
Dessin de la position du cheval pendant le rollkur.

Le rollkur ou Roll Kur , officiellement hyperflexion de l'encolure, est une technique controversĂ©e de dressage Ă©questre, dĂ©finie par la fĂ©dĂ©ration Ă©questre internationale (FEI) comme Ă©tant la flexion de l'encolure du cheval obtenue par la force. Il consiste Ă  faire travailler l'animal avec l'encolure enroulĂ©e et le menton proche du poitrail. Connu dĂšs les annĂ©es 1970 en saut d'obstacles, le rollkur est mĂ©diatisĂ© avec les succĂšs de chevaux de compĂ©tition dressĂ©s suivant cette mĂ©thode, en particulier ceux des NĂ©erlandais comme Totilas, et les montures d'Anky van Grunsven. RĂ©putĂ© pour augmenter l'expressivitĂ© et l'engagement des chevaux de compĂ©tition, il place aussi ces animaux dans une situation inconfortable. Le rollkur fait l'objet d'un conflit entre les instances Ă©questres nĂ©erlandaises et allemandes dĂšs 2005. Il crĂ©e de vifs dĂ©bats dans la communautĂ© Ă©quitante les annĂ©es suivantes, notamment avec la circulation de vidĂ©os tĂ©moignant de possibles maltraitances. Il est officiellement banni par la FEI en fĂ©vrier 2010. Seule la position « bas et rond Â» (dite « LDR » pour Low, Deep and Round) obtenue sans usage de force reste autorisĂ©e. Cette technique est employĂ©e par la majoritĂ© des cavaliers de dressage de haut niveau, cependant la distinction entre rollkur et LDR n'est pas Ă©vidente.

L'opposition au rollkur provient autant du grand public que de vétérinaires ou d'écuyers. Elle a surtout pour base les douleurs que peut ressentir le cheval soumis à cette technique. Si ces opposants estiment qu'il constitue un acte de maltraitance animale, d'autres personnes, en particulier des professionnels du dressage et certains vétérinaires, réfutent toute maltraitance dÚs lors que le rollkur est demandé sans usage de force et par un cavalier expérimenté.

Terminologie

Le mot « rollkur Â» provient de la terminologie allemande[S 1], il est employĂ© pour la premiĂšre fois par le Pr Heinz Meyer dans un article du magazine St. Georg analysant les nouvelles mĂ©thodes d'entraĂźnement au dressage, en 1992[S 2]. Il s'agit Ă  l'origine d'un jeu de mots, par analogie avec le nom d'un mĂ©dicament traitant certains troubles gastro-intestinaux (le patient doit se rouler dans diffĂ©rentes positions pour que le mĂ©dicament fonctionne tout au long de la paroi de l'estomac). Le mot « rollkur Â» est repris par des magazines nĂ©erlandais et anglais[PA 1].

« Rollkur Â» Ă©tant difficile Ă  comprendre pour le grand public, la terminologie officielle française proposĂ©e par la FĂ©dĂ©ration Ă©questre internationale (FEI) en 2006 est « hyperflexion de l'encolure ». Cependant, « rollkur Â» est toujours beaucoup employĂ©[S 3], tout comme l'Ă©quivalent anglais du mot « hyperflexion Â», « overbending Â»[PF 1]. L'acronyme « ldr Â», pour « low, deep and round Â», a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par Sjef Janssen, l'entraĂźneur de la cavaliĂšre nĂ©erlandaise Anky van Grunsven[PF 2]. Selon la dĂ©finition officielle de la FEI, le « ldr Â» est une forme adoucie du rollkur, une flexion demandĂ©e sans force pendant moins de dix minutes[1]. Cette distinction n'est cependant pas reconnue de tous. Le colonel Christian Carde, Ă©cuyer du Cadre noir, assimile trĂšs clairement rollkur et « ldr Â»[PF 3]. De mĂȘme, les vĂ©tĂ©rinaires Uta König von Borstel et Paul McGreevy, sans employer les mots de rollkur ou de « ldr Â», s'expriment dans un Ă©ditorial du Veterinary Journal en dĂ©finissant toute position imposĂ©e au chanfrein d'un cheval sous la verticale comme un acte de maltraitance[S 4]. Lorsque le chanfrein du cheval est sous la verticale, ce dernier est dit « encapuchonnĂ© »[2].

DĂ©finition

Dans l'ouvrage de rĂ©fĂ©rence Equitation science, Paul D. McGreevy et Andrew N. McLean dĂ©finissent le « deep and round Â» ou « rollkur Â» comme Ă©tant « une tendance moderne Ă  entraĂźner le cheval Ă  placer sa tĂȘte basse, avec l'encolure flĂ©chie au maximum »[S 5]. Le colonel Christian Carde dĂ©finit pour sa part le rollkur comme « l'hyperflexion de l'encolure, celle-ci Ă©tant enroulĂ©e en force Â». Il s'agit d'une flexion poussĂ©e Ă  l'extrĂȘme, le nez du cheval pouvant toucher son poitrail[PF 2]. Le chanfrein du cheval est nettement sous la verticale pendant un rollkur, alors que la position d'un cheval de dressage rassemblĂ© est en principe aussi proche que possible de la verticale[3]. Le cheval peut adopter naturellement une telle position en libertĂ©, mais pendant peu de temps et trĂšs rarement lors de changements d'allures. Il ne s'agit pas pour lui d'une position « naturelle Â». Le rollkur est typique d'une volontĂ© humaine d'obtenir cette position dans des conditions anormales pour le cheval[S 6] - [S 7].

Le rollkur est demandĂ© essentiellement en Ă©quitation de dressage[S 8], il y est communĂ©ment rĂ©pandu jusqu'au niveau olympique. Le rollkur est aussi employĂ© pour l'entraĂźnement en saut d'obstacles, en Ă©quitation western[4] - [PF 4], voire en attelage[PA 2]. Cependant, la controverse n'atteint pas le saut d'obstacles, oĂč l'obtention d'une position de rollkur Ă  l'aide d'enrĂȘnements est toujours autorisĂ©e[S 2].

Le mouvement peut ĂȘtre demandĂ© aux trois allures. Il y a d'importantes diffĂ©rences de sĂ©vĂ©ritĂ© dans le moyen de l'obtenir et le temps durant lequel il est maintenu. Le cheval peut ĂȘtre contraint au rollkur par un enrĂȘnement serrĂ©[S 9], en particulier par des rĂȘnes allemandes[PF 4]. Certains cavaliers fixent leurs mains voire tirent sur leurs rĂȘnes jusqu'Ă  ce que le cheval cĂšde sa mĂąchoire vers l'arriĂšre en rĂ©ponse Ă  la pression exercĂ©e sur le mors et la muserolle[PF 4], ce qui correspond Ă  une obtention de la cession de mĂąchoire « en force Â». Le rollkur est controversĂ©, tant en matiĂšre de bien-ĂȘtre animal qu'en ce qui concerne sa place au sein de l'Ă©quitation de dressage, certains le considĂ©rant comme un « faux rassembler Â»[S 5]. Bien que les effets du rollkur soient dĂ©sormais largement documentĂ©s, les publications scientifiques ont manquĂ© pendant de nombreuses annĂ©es[S 10] et n'ont que trĂšs peu d'influence sur la pratique[S 11]. Le rollkur est symptomatique des conflits qui agitent le milieu du dressage, particuliĂšrement de celui qui oppose les partisans d'une Ă©quitation classique Ă  ceux d'une Ă©quitation de compĂ©tition plus moderne[S 12] - [S 10]. De nombreux cavaliers et certains scientifiques le condamnent, mais d'autres estiment que condamner le rollkur revient Ă  interdire toute demande d'une flexion de la nuque chez le cheval[2].

  • Photo d'un cheval noir au trot montĂ© dans une carriĂšre.
    Position verticale du chanfrein d'un cheval de dressage. La nuque est le point le plus haut.
  • TĂȘte d'un cheval bai montĂ©, l'encolure pliĂ©e avec le chanfrein en dessous de la position verticale.
    Position encapuchonnée, sous la verticale. La troisiÚme vertÚbre cervicale est le point le plus haut.

IntĂ©rĂȘts du rollkur

De trĂšs nombreuses Ă©tudes sont consacrĂ©es au rollkur[S 10]. D'aprĂšs une revue de la littĂ©rature effectuĂ©e en 2015, 26 % des publications de recherche indiquent un effet positif pour le cheval du point de vue sportif, 23 % concluant Ă  un effet nĂ©gatif. Les 46 % restants signalent des effets insignifiants ou contradictoires[5]. L’entraĂźnement en rollkur est rĂ©putĂ© pour augmenter « l'expressivitĂ© Â» du cheval de dressage[S 8]. Il rendrait l'animal plus souple et mieux rassemblĂ©[PF 5], favorisant l'engagement des membres postĂ©rieurs, ainsi que leur activitĂ© et leur puissance[S 5]. Une Ă©tude conclut que les chevaux sont plus attentifs aux ordres de leur cavalier et plus mobiles s'ils sont montĂ©s en position de rollkur[S 13], leur flexibilitĂ© et leur engagement augmentent[S 14]. La chercheuse Christine Aurich estime que la position derriĂšre la verticale (dite « ldr Â») a des effets bĂ©nĂ©fiques en termes de gymnastique pour le cheval[PF 4]. Les dĂ©fenseurs du rollkur font Ă©galement valoir que le jeune cheval adopte naturellement cette position pour porter plus facilement son cavalier, ce qui lui permettrait de renforcer la musculature de son dos[PF 6].

ProblÚmes posés par le rollkur

Un cavalier sur un cheval marron dont la tĂȘte est repliĂ©e.
Cavalier de dressage allemand montant son cheval sous la verticale : les plis Ă  la jonction tĂȘte-encolure sont bien visibles.

L'analyse du Dr Uta König von Borstel conclut plutĂŽt que les jeunes chevaux se placent en rollkur (avec leur chanfrein sous la verticale) sous la contrainte, pour Ă©chapper Ă  la pression de leur mors et de leur muserolle[S 7] - [S 15]. Le chercheur suĂ©dois Lars Roepstorff dĂ©ment l’intĂ©rĂȘt d'un rollkur obtenu de force avec des rĂȘnes allemandes dans l'apprentissage du rassembler, le poids du cheval Ă©tant transfĂ©rĂ© sur la partie antĂ©rieure de son corps alors qu'il devrait l'ĂȘtre sur les hanches pendant un vĂ©ritable rassembler[PF 4]. Plusieurs vĂ©tĂ©rinaires estiment que les chevaux soumis de maniĂšre chronique au rollkur dĂ©veloppent des problĂšmes de santĂ©[S 8]. Gerhard Heuschmann explique grĂące Ă  ses analyses et ses Ă©tudes dans son ouvrage Dressage moderne, un jeu de massacre ?, que l'obtention forcĂ©e du rollkur entraĂźne de sĂ©rieuses lĂ©sions du ligament de la nuque et des premiĂšres vertĂšbres cervicales[6], ainsi qu'une dĂ©gradation du mĂ©canisme de locomotion dans son ensemble, l'encolure du cheval communiquant avec les autres parties de son corps[7]. CombinĂ© Ă  la « compression Â» du cheval de dressage, le rollkur est soupçonnĂ© d'entraĂźner une dissymĂ©trie des bipĂšdes diagonaux au trot et au galop[S 5]. Le chef des services vĂ©tĂ©rinaires de la FEI Leo Jeffcott a identifiĂ© pendant la rĂ©union du printemps 2006 les problĂšmes auxquels peut ĂȘtre confrontĂ© un cheval forcĂ© en position de rollkur[PA 3] :

  • Compression des tissus mous du pharynx et du larynx, qui peut affecter la respiration. Une Ă©tude du vĂ©tĂ©rinaire Ulf-Michael Stumpe par endoscopie a donnĂ© des rĂ©sultats « alarmants Â». Certains vaisseaux sanguins fins du niveau de la gorge Ă©clatent sous la pression[PA 4]. La respiration et la circulation sanguine du cheval sont affectĂ©s dans toutes les positions de la tĂȘte et de l'encolure qui s'Ă©loignent de sa position naturelle, mais celle du rollkur est la plus invalidante[S 16]. La respiration des chevaux en rollkur devient bruyante[PF 4] ;
  • Limitation du champ visuel. Pour continuer Ă  voir devant lui, le cheval tire ses yeux vers l'avant, ce qui provoque des douleurs[PF 4]. Cette restriction de la vue pourrait ĂȘtre la principale source de stress en rollkur, poussant les chevaux Ă  remuer la tĂȘte pour y Ă©chapper[S 17] ;
  • VertĂšbres tendues Ă  long terme ;
  • Utilisation d'une muserolle serrĂ©e pour renforcer l'effet, et empĂȘcher le cheval d'ouvrir la bouche pour Ă©chapper Ă  la pression du mors sur sa dentition. Afin de l'Ă©viter, la muserolle suĂ©doise est particuliĂšrement appropriĂ©e[8] ;
  • Dommages aux tissus nerveux de la colonne vertĂ©brale supĂ©rieure ;
  • DĂ©gĂ©nĂ©rescence du disque intervertĂ©bral dans les vertĂšbres cervicales. Comme chez l'ĂȘtre humain, une extension de l'encolure en rĂ©trĂ©cit la taille, tandis qu'une flexion l'augmente[S 18] ;
  • Inflammations dans l'encolure et les ganaches. Gabriele Pochhammer (St. Georg) note que certains chevaux en rollkur peuvent prĂ©senter des bosses Ă  la base de l'encolure et des bourrelets Ă  la jointure tĂȘte-encolure, au niveau des ganaches[PA 5].

À force de subir la traction des rĂȘnes pour lui placer le chanfrein sous la verticale et la bouche prĂšs du poitrail, le cheval dressĂ© en rollkur en vient Ă  adopter cette position mĂȘme si son cavalier ne le souhaite pas, par impuissance apprise[PA 6] - [PF 4].

Question du bien-ĂȘtre animal

Rollkur obtenu avec des rĂȘnes allemandes attachĂ©es Ă  la sangle, pendant la dĂ©tente d'un concours de saut d'obstacles.

Toute la difficultĂ© est de savoir si l'obtention (forcĂ©e ou non) de l'attitude du rollkur sous l'action d'un cavalier peut causer des douleurs et des blessures au cheval. Cet animal a la particularitĂ© de prĂ©senter trĂšs peu de signes extĂ©rieurs de rĂ©action Ă  la douleur, ce qui la rend d'autant plus difficile Ă  dĂ©tecter[PF 2]. L'estimation du temps pendant lequel le rollkur peut ĂȘtre demandĂ© ou exigĂ© est trĂšs variable. Les plus basses l'Ă©valuent Ă  20 ou 30 secondes. Les estimations les plus hautes, entre autres celles de vĂ©tĂ©rinaires nĂ©erlandais, sont de 20 voire de 30 minutes[PA 7]. Les positions concernant la nocivitĂ© du rollkur pour les chevaux sont elles aussi contrastĂ©es. Radiographies Ă  l'appui, le Dr vĂ©tĂ©rinaire Gerhard Heuschman estime qu'il endommage les vertĂšbres cervicales. Le Dr Emile Weller a cependant prĂ©sentĂ© en 2006 les radiographies de deux chevaux de niveau olympique, Bonfire et Salinero, dressĂ©s en rollkur et prĂ©sentant selon lui « une structure presque parfaite dans la rĂ©gion de l'encolure »[PA 6]. Le Pr RenĂ© van Weeren estime lui aussi qu'un cavalier de bon niveau ne peut pas « ruiner Â» un cheval avec le rollkur, car plusieurs montures formĂ©es de cette maniĂšre ont gagnĂ© des mĂ©dailles, parfois pendant trois Jeux olympiques consĂ©cutifs, en tĂ©moignant d'une bonne longĂ©vitĂ© sportive[S 19].

D'aprĂšs l'analyse de C. Wayne McIlwraith et de Bernard E. Rollin dans leur ouvrage Equine Welfare, les maltraitances sont plus frĂ©quentes aux petits niveaux du dressage, en raison de l'incompĂ©tence des cavaliers et des entraĂźneurs. Au plus haut niveau, elles proviennent surtout d'une mauvaise Ă©valuation des capacitĂ©s physiques et mentales du cheval[S 20]. Ainsi, Carlos Henriques Pereira n'y voit aucun problĂšme tant que le rollkur est demandĂ© modĂ©rĂ©ment, avec une cession de mĂąchoire prĂ©alable[2]. Les analyses scientifiques se sont rĂ©vĂ©lĂ©es elles aussi contradictoires. Une Ă©tude allemande rĂ©alisĂ©e en 2003[S 21] et deux Ă©tudes nĂ©erlandaises rĂ©alisĂ©es en 2006 n'ont pas dĂ©tectĂ© de problĂšme imputable au rollkur[S 8], tandis que plusieurs autres rĂ©alisĂ©es de 2008 Ă  2014 l'assimilent Ă  de la maltraitance animale[S 22] - [S 4]. Un test du labyrinthe a dĂ©montrĂ© que les chevaux prĂ©fĂšrent Ă©viter le rollkur[Note 1] - [S 23]. Cette difficultĂ© d'Ă©valuation semble imputable aux diffĂ©rentes façons de pratiquer le rollkur, certaines Ă©tant plus douloureuses que d'autres, en particulier si le cavalier obtient une flexion par la force[S 24]. Le Pr RenĂ© van Weeren en conclut qu'aucune de ces Ă©tudes ne prouve d'effets nĂ©gatifs au rollkur en matiĂšre d'anatomie, de physiologie et de bien-ĂȘtre du cheval, sauf lorsqu'il est obtenu de maniĂšre coercitive[Note 2] - [S 25].

Fin 2015, Uta Koenig von Borstel recense toutes les publications de recherche consacrĂ©es au sujet. 88 % d'entre elles concluent que le rollkur est prĂ©judiciable au bien-ĂȘtre du cheval. Une seule (soit 1,8 %) conclut que le rollkur apporte un effet positif au cheval, avec une rĂ©duction du stress aprĂšs la fin de la sĂ©ance[5].

LĂ©gislation

Le rollkur est officiellement interdit par la Suisse (en compĂ©tition et Ă  l'entraĂźnement[PF 7]), et par la FĂ©dĂ©ration Ă©questre internationale s'il est obtenu « en force Â». Seule la position dite « ldr Â» (pour low, deep and round) est autorisĂ©e pendant la dĂ©tente des compĂ©titions internationales de la FEI, si elle est demandĂ©e moins de dix minutes et « sans usage de la force Â»[PB 1]. Toute position maintenue trop longtemps chez le cheval, qu'elle soit haute ou basse, est interdite si elle est obtenue avec une main fixe. Le « long, deep and round Â» et le « low, deep and round Â» sont par ailleurs citĂ©s dans les consignes aux juges de dressage de la FEI comme une technique d'Ă©tirement acceptable pour les chevaux, Ă  alterner avec des positions extrĂȘmes (trop flĂ©chi, trop haut...) qui ne peuvent ĂȘtre maintenues plus de dix minutes[9].

Histoire

Gtravure montrant plusieurs cavaliers et chevaux dans différentes postures.
Chevaux de dressage classique à l'encolure courbée, 1737.

Origines

Les flexions de l'encolure ne sont pas nouvelles. Le cheval dispose d'une large palette de positions de l'encolure et certaines iconographies antiques montrent dĂ©jĂ  un Ă©quivalent de l'hyperflexion[S 2]. En matiĂšre d'Ă©quitation classique, les Grands Écuyers de la pĂ©riode baroque comme François Robichon de La GuĂ©riniĂšre en maĂźtrisent le principe[S 10] - [S 2]. Carlos Henriques Pereira assimile le rollkur au « ramener outrĂ© Â»[2] enseignĂ© au XIXe siĂšcle par l'Ă©cuyer François Baucher. Il propose un Ă©tirement ponctuel de l'encolure jusqu'Ă  ramener le menton au niveau du poitrail, de maniĂšre Ă  augmenter la mobilitĂ© du cheval sous la conduite d'un Ă©cuyer confirmĂ©. Selon Christian Carde, cette technique ne peut ĂȘtre comparĂ©e avec le rollkur, qui est obtenu par la force[PF 2]. Le Dressage mĂ©thodique du cheval de selle prĂ©cise que « ce travail ne doit jamais ĂȘtre entrepris que lorsqu'on obtient facilement l'Ă©lĂ©vation maximum et soutenue de l'encolure au pas, au trot et au galop, avec la lĂ©gĂšretĂ©, la mĂąchoire cĂ©dant d'abord sans mouvement de tĂȘte »[10]. Étienne Beudant, l'un des Ă©lĂšves de Baucher, conseille lui aussi de n'utiliser aucune force[11].

Bien qu'il n'ait jamais employĂ© le mot « rollkur Â», l'hippologue allemand Gustav Rau anticipe dĂšs 1921 cette orientation prise dans les compĂ©titions de dressage :

« Les gens placent le cheval dans la position dans laquelle ils croient pouvoir le maĂźtriser, la plus sĂ»re et la plus facile, Ă©laborant ensuite des systĂšmes qui crĂ©ent de la souffrance. [...] Tout autour de moi, j'ai vu la souffrance des chevaux qui ont Ă©tĂ© sacrifiĂ©s par des cavaliers non qualifiĂ©s. [...] La plupart ne sentent pas ce qui est juste et ce qui est mal. [...] Beaucoup de chevaux ont l'encolure tirĂ©e vers le bas, la tĂȘte ramenĂ©e sur la poitrine. [...] Cette violence empĂȘche un usage raisonnable de leur structure et de leurs membres. »

— Gustav Rau, Altgold. Die Geschichte eines Kriegspferdes[12]

Apparition et généralisation

Le rollkur est apparu Ă  la fin des annĂ©es 1960[S 2] ou au dĂ©but des annĂ©es 1970[S 1] dans la discipline du saut d'obstacles[S 10], Ă  l'instigation des frĂšres Alwin et Paul Schockemöhle[S 2]. La cavaliĂšre de dressage Nicole Uphoff est connue pour avoir fait appel Ă  cette technique sur son cheval Rembrandt, notamment pendant les annĂ©es 1988 Ă  1995[13]. Le rollkur se rĂ©pand rapidement chez les cavaliers professionnels pour la prĂ©paration des chevaux de dressage Ă  la compĂ©tition, car il permet d'obtenir d'excellents rĂ©sultats[S 1]. De nombreux cavaliers internationaux l'adoptent[S 10]. La technique est popularisĂ©e par Sjef Janssen, l'entraĂźneur de la cavaliĂšre nĂ©erlandaise Anky van Grunsven. De mĂȘme, des cavaliers plus amateurs la reprennent, pour calquer l'Ă©lite mondiale du dressage[PF 2]. Le rollkur influence significativement la discipline du dressage[S 10] et se rĂ©vĂšle particuliĂšrement employĂ© aux Pays-Bas[PA 8]. La technique est baptisĂ©e rollkur par le Pr Heinz Meyer en 1992[S 2].

Une Ă©tude menĂ©e sur les compĂ©titions de dressage entre 1992 et 2008 montre une corrĂ©lation entre la gĂ©nĂ©ralisation du rollkur pour l'entraĂźnement des chevaux, l'obtention de notes plus Ă©levĂ©es de la part des juges de dressage, et le passage du chanfrein des chevaux sous la verticale pendant ces mĂȘmes compĂ©titions[PF 6] - [14], avec un enroulement de l'encolure. La recherche d'une flexion puis d'une « hyperflexion Â» de l'encolure est devenue en quelque sorte une « obsession Ă©questre moderne »[S 7].

Controverse

cavalier sur un cheval noir au trot.
Totilas, monté par Edward Gal, est l'un des plus célÚbres chevaux entraßnés en rollkur.

D'aprÚs Christian Carde, la controverse autour du rollkur remonte à l'année 2004[PF 2], la Fédération équestre internationale (FEI) citant son existence dÚs janvier 2005, lorsqu'elle annonce l'organisation future d'une réunion pour la résoudre[15]. Elle se révÚle particuliÚrement violente (parfois jusqu'au fanatisme), suscitant des débats vifs et passionnés parmi la communauté équestre, émaillés de nombreuses accusations de maltraitance. Le scientifique néerlandais René van Weeren regrette « les messages de haine et d'intolérance de la minorité militante, qui attaque personnellement des cavaliers, des entraßneurs et des commanditaires d'événements équestres [...] Mais les arguments des militants sont basés uniquement sur l'émotion, pas sur les faits »[S 19]. Ce débat a contribué à donner une image négative du dressage au grand public, à travers la révélation du traitement réservé aux chevaux[S 12].

Naissance de la controverse (2005-2006)

Un texte de Gabriele Pochhammer, rĂ©dactrice en chef du magazine Ă©questre allemand St. Georg, nourrit la controverse Ă  partir de 2005. Comparant le rollkur Ă  un « quasi-viol Â»[16], elle critique vivement cette mĂ©thode d'entraĂźnement des cavaliers nĂ©erlandais, attirant une attention internationale juste avant le Championnat d'Europe de dressage, oĂč la concurrence est forte entre l'Allemagne et les Pays-Bas[PA 5]. La Deutschen Reiterlichen Vereinigung (fĂ©dĂ©ration Ă©questre allemande, FN) se joint Ă  cette dĂ©nonciation le 31 juillet 2005, condamnant le rollkur comme Ă©tant une « hĂ©rĂ©sie »[PA 9]. D'autres articles de presse se font l'Ă©cho de cette controverse, notamment dans Der Spiegel. Ils dĂ©noncent l'entraĂźneur national nĂ©erlandais Sjef Janssen, qui s'occupe entre autres d'Anky van Grunsven et d'Edward Gal. Le rollkur y est dĂ©crit comme une attitude maintenue sur de longues pĂ©riodes alors que l'encolure du cheval est nettement courbĂ©e vers le bas et que les naseaux touchent presque la poitrine, ce qui oblige l'animal Ă  la soumission totale[PA 10] - [PA 11]. Pour rĂ©gler le conflit, la FĂ©dĂ©ration Ă©questre internationale rĂ©agit[PB 2].

Le 31 janvier 2006, la FEI réunit 60 professionnels du cheval au sujet du rollkur, et en conclut que cette technique n'est pas génératrice de souffrance tant qu'elle est demandée correctement, par un cavalier de bon niveau[PF 1]. Cependant, au printemps 2006, le chef des services vétérinaires de la FEI Leo Jeffcott demande une analyse plus poussée des lésions risquées par un cheval dans les différentes positions de rollkur[PA 12]. Deux études sont réalisées au cours de l'année 2006 aux Pays-Bas[S 8]. Le chercheur Eric van Breda étudie l'entraßnement des chevaux de compétition en rollkur par l'habituation à cette attitude. Pour lui, le rollkur ne provoque pas de stress et ne constitue donc pas une maltraitance[S 26]. L'étude de Oldruitenborgh-Oosterbaan et de son équipe compare des chevaux en rollkur avec d'autres chevaux dans une position naturelle. Elle arrive à la conclusion que le rythme cardiaque du cheval mis en rollkur n'augmente que légÚrement, tandis que d'autres valeurs mesurables ne montrent aucune anomalie[S 13].

Affaires de maltraitance (2007-2012)

La controverse est relancĂ©e en 2007 par des soupçons de maltraitance sur les animaux dressĂ©s avec cette mĂ©thode. Un poney de l'Ă©quipe de dressage nĂ©erlandaise est longĂ© en rollkur pendant 15 minutes[17] sur un paddock des championnats d’Europe Poneys Ă  Freudenberg[PF 8]. En avril 2008, la FĂ©dĂ©ration Ă©questre internationale s'oppose pour la premiĂšre fois officiellement au rollkur, un membre du bureau vĂ©tĂ©rinaire dĂ©clarant qu'« il y a de sĂ©rieuses prĂ©occupations concernant le bien-ĂȘtre du cheval, lorsque cette technique n'est pas appliquĂ©e correctement »[PA 13]. Le succĂšs de Totilas, Ă©talon nĂ©erlandais titulaire de records du monde en dressage, contribue Ă©galement Ă  faire connaĂźtre le rollkur. Le second propriĂ©taire de Totilas, l'allemand Paul Schockemöhle, est accusĂ© de maltraitance par plusieurs associations de dĂ©fense animale en 2012[PF 9].

La controverse est amplifiĂ©e par la circulation de vidĂ©os enregistrĂ©es pendant les prĂ©parations d'Ă©preuves de dressage[PF 2]. Le cavalier suĂ©dois Patrik Kittel prĂ©pare son cheval en rollkur et au galop lors des Ă©chauffements d'une compĂ©tition de dressage Ă  Odense, en 2009. La pĂ©riode de temps est longue, supĂ©rieure mĂȘme Ă  celle qui est proposĂ©e par les dĂ©fenseurs du rollkur. La langue de sa monture Watermill Scandic devient bleue et pend hors de sa bouche, battant contre sa mĂąchoire Ă  chaque foulĂ©e[PF 5] - [S 27], vraisemblablement Ă  cause de la pression du mors et de la muserolle[PF 4]. Une vidĂ©o circule, entraĂźnant un mouvement de protestation de la communautĂ© cavaliĂšre. Kittel reçoit des menaces de mort[PB 1] - [PB 3]. En fĂ©vrier 2012, la visite d'un haras sud-africain permet Ă  un groupe de protection animale d'y dĂ©couvrir des chevaux Hackney attachĂ©s de force en position de rollkur avec de fines cordelettes occasionnant des coupures. Cette pratique assimilĂ©e Ă  de la « torture » permettrait ensuite d'obtenir des chevaux « plus fringants Â» Ă  l'attelage, avec une forme d'encolure jugĂ©e « plus belle Â»[PA 2]. La mĂȘme annĂ©e, une autre Ă©tude de chercheurs danois et nĂ©erlandais conclut qu'aprĂšs 10 minutes de rollkur forcĂ©, les chevaux sont dans un Ă©tat de stress accru[S 28] - [PA 14]. En aoĂ»t 2014, une analyse sur les diffĂ©rentes positions de la tĂȘte des chevaux de dressage dĂ©montre que les chevaux montĂ©s sous la verticale (encapuchonnĂ©s) prĂ©sentent beaucoup plus de signes de stress et d'inconfort (tels que des fouaillements de queue) que ceux qui sont montĂ©s au-dessus de la verticale ou Ă  la verticale[S 15].

Interdictions officielles

La dĂ©cision prise par la FEI de diligenter une nouvelle enquĂȘte sur le rollkur en 2009 rĂ©sulte de la controverse autour de Patrik Kittel[S 11]. Une premiĂšre rĂ©union conclut Ă  l'autorisation du rollkur. Les cavaliers pris en flagrant dĂ©lit de maltraitance peuvent recevoir des cartons jaunes. Les pĂ©titions se multiplient jusqu'Ă  l'annĂ©e suivante[PF 10] - [PF 11], recueillant au total plus de 40 000 signatures[S 11]. Une nouvelle enquĂȘte est lancĂ©e.

La FEI reconnaĂźt depuis le une distinction entre le rollkur et l'obtention de la position dite ldr « sans usage de la force Â». Elle a donc banni le rollkur en tant que position obtenue par l'usage de la « force agressive Â»[PB 1] - [PB 4]. La dĂ©cision a Ă©tĂ© diversement reçue. L'opposant Gerhard Heuschmann a saluĂ© cette interdiction, y voyant un « grand pas en termes de bien-ĂȘtre animal Â»[PA 15]. Le Pr RenĂ© van Weeren pense lui aussi que la FEI a pris la bonne dĂ©cision d'un point de vue strictement scientifique : ne pas condamner la position du rollkur en tant que telle, mais la maniĂšre de l'obtenir[S 25]. Le colonel Christian Carde juge au contraire cette dĂ©cision absurde, rollkur et ldr Ă©tant de son point de vue la mĂȘme chose[PF 3]. Avec trois ans de recul, la revue Cheval Savoir estime que cette dĂ©cision de la FEI s'est rĂ©vĂ©lĂ©e « molle Â»[PF 12].

Les fédérations équestres nationales se doivent d'appliquer les réglementations de la FEI, cependant il existe certaines spécificités par pays. La fédération équestre allemande estime que l'hyperflexion est « clairement inacceptable »[S 12]. Le 1er janvier 2014, la Suisse a interdit le rollkur en compétition et à l'entrainement, en tant que pratique visant à « obliger le cheval à maintenir son encolure en hyperflexion »[18].

Depuis l'interdiction

MalgrĂ© l'interdiction officielle d'obtention par la force, aucune remontrance n'a Ă©tĂ© adressĂ©e aux entraĂźneurs et aux cavaliers de dressage connus pour pratiquer le rollkur[S 12]. DiffĂ©rents observateurs notent qu'il continue d'ĂȘtre employĂ© illĂ©galement pour l'entraĂźnement au dressage de haut niveau, y compris devant des juges internationaux. L'Ă©quipe du magazine allemand St. Georg filme et poste des vidĂ©os tournĂ©es pendant les Jeux Ă©questres mondiaux de 2010 Ă  Lexington, montrant des concurrents qui Ă©chauffent leurs chevaux en rollkur pendant la dĂ©tente. Les Jeux olympiques de Londres en 2012 sont menacĂ©s de boycott, en raison notamment de la participation de Kittel[PB 5]. D'aprĂšs un article de The Examiner, Adelinde Cornelissen y Ă©chauffe son cheval en rollkur devant les juges et le public. Alors qu'elle aurait logiquement dĂ» ĂȘtre disqualifiĂ©e, elle a remportĂ© la mĂ©daille d'argent en individuel[PB 6]. Durant ces mĂȘmes Jeux, des photos montrent Patrik Kittel sur son cheval avec le museau dans le poitrail[PF 13]. Cependant, les juges de dressage de la FEI font valoir que ces Ă©chauffements ont durĂ© moins de dix minutes, et qu'ils Ă©taient donc rĂ©glementaires[PF 14].

En 2013, la controverse atteint le Danemark, avec la révélation d'échauffement de chevaux en rollkur pendant le championnat national de dressage danois[19]. Les organisateurs du championnat d'Europe de dressage tenu en août 2013 au Danemark imposent des conditions drastiques d'accÚs à la presse, sans doute pour éviter que des images de rollkur ne soient filmées[PF 15]. Pendant les Jeux équestres mondiaux de 2014 en Normandie, l'aire d'échauffement des épreuves de dressage est rendue inaccessible pour la presse[PF 16], mais une vidéo officielle permet à l'équipe de Cheval Savoir de constater que le cheval de Patrik Kittel a de nouveau la langue bleue[PF 13].

Une nouvelle controverse éclate en juillet 2015, aprÚs la publication de photos du cavalier danois Andreas Helgstrand échauffant son cheval TÞrveslettens Stamina avec le nez dans le poitrail. Ces photos partagées plus de 50 000 fois sur les réseaux sociaux ont attiré l'attention de la FEI. Helgstrand s'est défendu en affirmant que la position a été obtenue sans recours à la force[20].

Opposition au rollkur

cavaliĂšre et cheval de dressage au trot, les juges et le public au fond.
CavaliÚre allemande montant un cheval à l'encolure fléchie et au chanfrein sous la verticale, en 2013

L'opposition au rollkur est assez largement partagĂ©e dans le monde de l'Ă©quitation. Le Dr vĂ©tĂ©rinaire allemand Gerhard Heuschmann, l'un des premiers Ă  s'y ĂȘtre opposĂ©[PF 17], est devenu un leader du mouvement anti-rollkur[S 11]. Il a notamment rĂ©alisĂ© un film sur le sujet[PA 16]. Un site internet, no-rollkur.com, a Ă©tĂ© mis en ligne depuis l'Allemagne pour fĂ©dĂ©rer 37 000 opposants[21] et recueillir les signatures d'une pĂ©tition. Il y est estimĂ© que la pratique, quel que soit le nom qu'elle porte (rollkur, ldr ou hyperflexion), est universellement inacceptable dans toutes les disciplines concernĂ©es[4]. Klaus Balkenhol[PA 11] (vice-prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© XĂ©nophon et ancien cavalier de dressage[PA 17]), le major Paul Stecken (doyen de la cavalerie allemande et entraĂźneur de cavaliers olympiques) et Michael Due (vĂ©tĂ©rinaire Ă  la FĂ©dĂ©ration Ă©questre allemande) se sont prononcĂ©s contre[PA 8]. L'Ă©minent entraĂźneur Walter Zettyl Ă©crit que « malheureusement pour eux, ces pauvres chevaux sont incapables de crier leur douleur... nos Grands MaĂźtres se retourneraient dans leurs tombes s'ils pouvaient voir ce que notre beau sport du dressage est devenu »[S 29]. Aux États-Unis, des t-shirts portant l'inscription « No Rollkur Â» sont en vente au moins depuis 2006[PF 1].

Opposition de la presse et des chercheurs

En plus du magazine allemand St. Georg, connu pour son enquĂȘte et son rĂŽle dans le dĂ©clenchement de la controverse[PA 5], la revue française Cheval Savoir s'est prononcĂ©e contre le rollkur depuis sa crĂ©ation, en 2009[PF 18], laissant notamment la parole au colonel Christian Carde. La revue Cheval Magazine a publiĂ© plusieurs articles contre cette pratique[PF 14], avant de changer de discours dans un article en novembre 2015, dans lequel Jean-Pierre Digard critique les nouveaux cavaliers qui « refusent de faire peser des contraintes sur le cheval, comme l'enfermement de l'encolure », ce qui « ne correspond pas aux valeurs que reprĂ©sente le dressage »[22]. Sans que les chercheurs ne manifestent eux-mĂȘmes d'opposition franche[S 11], ceux de l'UniversitĂ© de Guelph et de l'UniversitĂ© d'Uppsala qui ont travaillĂ© sur ce sujet se prononcent contre le rollkur obtenu par la force, arguant que le cheval expĂ©rimente « un niveau trĂšs Ă©levĂ© d'inconfort dans cette position »[S 22]. Le Dr Uta König von Borstel et le Pr Paul McGreevy ont signĂ© une tribune dans un Ă©ditorial du Veterinary journal en dĂ©cembre 2014, pour s'opposer Ă  toute Ă©quitation qui imposerait aux chevaux une position du chanfrein sous la verticale. Ils demandent Ă  la FĂ©dĂ©ration Ă©questre internationale de modifier le rĂšglement des compĂ©titions de dressage pour en inverser la tendance actuelle, favorable Ă  l'entraĂźnement en rollkur[S 4].

Non-conformité avec le rÚglement des compétitions de dressage

Le colonel Christian Carde, membre fondateur de l'association AllĂšge-Ideal, s'oppose Ă  l'utilisation du rollkur sur les terrains de concours comme Ă  l'entraĂźnement en soulignant qu'il est en opposition avec la rĂ©glementation de la discipline du dressage, dĂ©finie en 1929. L'article 401 indique que le cheval doit prĂ©senter une « soumission au mors, sans tension ni rĂ©sistance aucune, dans une dĂ©contraction totale et [...] accepter le mors dans un contact lĂ©ger et moelleux », la nuque devant ĂȘtre « le point le plus haut de l’encolure ». De mĂȘme, l'article 419 indique que la compĂ©tition de dressage a pour but de « prĂ©server l’Art Ă©questre des altĂ©rations qu’il pourrait subir, et le transmettre intact aux gĂ©nĂ©rations Ă  venir »[PF 2]. Selon Paul Stecken, le rollkur est contraire aux principes d'harmonie homme-cheval que sous-tend toute compĂ©tition de dressage[PA 8]. L'autorisation du « ldr Â» comme technique d'Ă©chauffement (et de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, toute position du chanfrein derriĂšre la verticale) est Ă©galement contraire Ă  l'article 401[S 12] - [S 7].

Notes et références

Notes

  1. Ce test consistait à faire passer plusieurs fois des chevaux dans un labyrinthe à deux sorties, l'une d'elles débouchant sur une séance de travail en rollkur, l'autre sur une séance normale. Les chevaux choisissent plus volontiers la sortie qui leur permet d'éviter le rollkur.
  2. Version originale : « It can be concluded that none of these studies, regardless of their varying degree of scientific solidity, provided convincing evidence of negative anatomical, physiological or welfare effects of hyperflexion, other than when accomplished in a coercive fashion ».

Références

(de) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu de l’article de WikipĂ©dia en allemand intitulĂ© « Rollkur (pferdesport) » (voir la liste des auteurs).
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Annexes

Liens externes

Article connexe

Bibliographie

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  • (de) Philippe Karl, Irrwege der modernen Dressur. Die Suche nach einer "klassischen" Alternative, Brunsbek, Cadmos, (ISBN 3-86127-413-2)
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Articles scientifiques

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Articles de presse

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