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Patella (mollusque)

Noms vernaculaires

Les espèces de ce genre portent divers noms vernaculaires : Patelles, Arapèdes, Berniques, Bernicles ou Bernaches. Ce sont des dénominations régionales qui, selon les interprétations, peuvent désigner tout le genre ou les quelques espèces qui vivent dans la région en question. Patelle est le nom le plus générique en France.

La DGCCRF retient les appellations :

  • Patella caerulea, Arapède
  • Patella intermedia, Bernique
  • Patella lugubris, Patelle
  • Patella mexicana, Patelle
  • Patella rustica, Arapède
  • Patella safiana, Patelle
  • Patella ulyssiponensis, Bernique
  • Patella vulgata, Bernique

Description

Radula de Patelle vue Ă  la loupe binoculaire
Bioérosion d'un rocher basaltique par sédentarisation des Patelles

La coquille de ce mollusque prend la forme d'un « chapeau chinois » appliqué contre les rochers. Les bords de la coquille s'adaptent parfaitement au relief de la roche. Ainsi, à marée basse, la Patelle ne se dessèche pas. Grâce à une radula très longue (sorte de ruban brun muni de petites dents), la Patelle râpe les petites algues à la surface des rochers. La Patelle commune (Patella vulgata) consomme également les grandes algues (ascophylles et fucus), détruisant les vastes zones végétales que celles-ci forment sur le littoral atlantique, notamment en Bretagne[1], et qui constituent un abri pour de nombreuses espèces de l'estran.

Alors que l'on considérait que l'absence d'algues brunes sur les côtes rocheuses battues par les vagues était due à l'action mécanique de la mer, une étude récente[2] menée sur une zone s'étendant entre l'île de Man et le sud du Portugal, montre que ce sont les brouteurs et essentiellement les Patelles qui sont les premiers responsables de cette situation. L'élimination des Patelles s'est suivie d'une recolonisation des rochers par les algues brunes, particulièrement nette dans le nord de la zone étudiée.

La Patelle joue un rôle important dans la préservation de l'écosystème de la zone intertidale.

Les Patelles retournent toujours vers leur lieu de départ[3], où leur coquille peut user une rainure circulaire dans la roche, même lorsque celle-ci est dure.

Une équipe de chercheurs a découvert que les dents de ce coquillage ont la résistance à la traction la plus élevée du règne animal : entre 3 et 6,6 gigapascals. Bien plus qu'un fil d'araignée et égale aux fibres synthétiques. Cela est dû à des nanofibres de goethite[4].

PĂŞche et utilisation culinaire

La Patelle est très facile à pêcher puisqu'elle est visible à marée basse sur les rochers, il faut cependant se munir d'un bon couteau. Néanmoins, elle est peu pêchée : sa chair est réputée assez coriace, notamment chez les spécimens les plus gros. Elle peut être consommée crue ou cuite ; hachée, par exemple dans une sauce « bolognaise » aux patelles, ou poêlée dans du beurre aillé ou persillé ; certains en dégustent sous forme de pâté.

En Bretagne, particulièrement, elle est consommée depuis très longtemps car elle constituait le plat du pauvre. On la prépare souvent au four avec une persillade et des pommes de terre. Il est recommandé de retirer la radula de la tête avant de cuire les patelles sans quoi elles auront un goût amer et seront particulièrement dures. Pour ce faire, on presse le centre du mollusque de manière à faire sortir la radula et la tête, on peut alors l'extraire facilement à l'aide d'un couteau. La cuisson est ensuite réalisée en une dizaine de minutes au four.

Liste des espèces européennes[5]

  • Patella caerulea LinnĂ©, 1758 (Arapède) principal reprĂ©sentant du genre en MĂ©diterranĂ©e. DĂ©passe le dĂ©troit de Gibraltar jusqu'Ă  une ligne Tarifa (Espagne) - Tanger.
  • Patella ferruginea Gmelin, 1791. Grande espèce, de 55 Ă  75 mm. PrĂ©sente en MĂ©diterranĂ©e mais très localement et menacĂ©e d'extinction Ă  la suite d'une collecte excessive.
  • Patella intermedia Murray 1857 ( = P. depressa), dont le pied est noir, les tentacules marginaux (tentacules pallĂ©aux) blanc pur[1] et la radule longue (environ 2 fois la longueur de la coquille) et grĂŞle ; elle vit dans une zone de rĂ©partition plus limitĂ©e, du sud ouest de l'Angleterre et le Pays de Galles jusqu'au SĂ©nĂ©gal. PĂ©nètre en Manche jusqu'aux Ă®les Saint-Marcouf Ă  l’est de la pointe du Cotentin). Absente en MĂ©diterranĂ©e. Espèce frĂ©quentant plutĂ´t les rochers des cĂ´tes battues par les vagues, elle ne pĂ©nètre pas dans les baies abritĂ©es ni dans les estuaires.
  • Patella rustica LinnĂ©, 1758 (= P. lusitanica). PrĂ©sente en MĂ©diterranĂ©e et en Atlantique sur les cĂ´tes espagnoles et portugaises ainsi qu'en France, jusqu'Ă  Biarritz.
  • Patella ulyssiponensis Gmelin, 1791 (Olyssipone ou Ulyssipone = Lisbonne) (= P. aspera, =P. athletica), dont le pied est jaune[1] et la radule courte (environ la longueur de la coquille), elle vit sur le bas de l'estran (et Ă©ventuellement dans les flaques Ă  un niveau plus Ă©levĂ©). PrĂ©sente de la Norvège (Stavanger, Bergen) jusqu'en Angola. PĂ©nètre en Manche jusqu'aux Ă®les Saint-Marcouf. PrĂ©sente en MĂ©diterranĂ©e. Espèce frĂ©quentant plutĂ´t les rochers des cĂ´tes battues par les vagues, elle ne pĂ©nètre pas dans les baies abritĂ©es ni dans les estuaires.
  • Patella vulgata LinnĂ© 1758[1]. Sur les cĂ´tes atlantiques des Ă®les Lofoten jusqu'Ă  Odeceixe, au Portugal. Toute la Manche. PrĂ©sence en MĂ©diterranĂ©e douteuse.

Galerie d'images

Liens externes

Notes et références

  1. http://www.tela-botanica.org/page:ceintures_fucacees?langue=en.(starving_limpets) .
  2. Coleman, R.A., Underwood, A.J., Benedetti-Cecchi, L., Aberg, P., Arenas, F., Arrontes, J., Castro, J. Hartnoll, R. G., Jenkins, S.R., Paula, J., Della Santina, P. & Hawkins, S.J., 2006. A continental scale evaluation of the role of limpet grazing on rocky shores. Oecologia. 147:556-564.
  3. Selon le DORIS, Données d'Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et de la flore Subaquatiques ((fr) Référence DORIS : espèce Patella ).
  4. « Le matériau le plus solide du monde vivant est fabriqué par la bernique », sur industrie-techno.com (consulté le ).
  5. Christiaens, J. 1973. RĂ©vision du genre Patella (Mollusca, Gastropoda). Bull. Mus. natl Sci. Nat. 182: 1305-1392.
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