Accueilūüáęūüá∑Chercher

Forges d'Engelsberg

Les forges d'Engelsberg (en su√©dois : Engelsbergs bruk) sont un ensemble de fonderie et de forge, ainsi que divers b√Ętiments associ√©s, situ√© pr√®s du village d'√Ąngelsberg, dans la r√©gion mini√®re du Bergslagen en Su√®de.

Forges d'Engelsberg *
Image illustrative de l’article Forges d'Engelsberg
Forges d'Engelsberg en Suède.
Coordonn√©es 59¬į 58‚Ä≤ 00‚Ä≥ nord, 16¬į 00‚Ä≤ 30‚Ä≥ est
Pays Drapeau de la Suède Suède
Subdivision √Ąngelsberg, Fagersta, V√§stmanland
Type Culturel
Critères (iv)
Numéro
d’identification
556
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1993 (17e session)
Géolocalisation sur la carte : Suède
(Voir situation sur carte : Suède)
Forges d'Engelsberg
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Au XIVe si√®cle, un bergsman (paysan libre qui outre ses activit√©s agricoles produit aussi du fer) d'origine allemande nomm√© Englika √©tablit un haut fourneau et une forge utilisant l'√©nergie des rapides de la rivi√®re Snyten√•n (ou Snytsbo√•n). Le village d'Englikobenning est n√©, et des bergsm√§n s'y succ√®dent pour g√©rer les fourneaux et les forges. La situation change √† la fin du XVIIe si√®cle, le gouvernement su√©dois souhaitant c√©der l'activit√© des forges √† la noblesse pour en augmenter la production. C'est ainsi que Per Larsson H√∂√∂k, anobli Gyllenh√∂√∂k, √©tablit en 1681 sur le site un haut fourneau qu'il nomme ¬ę Engelsberg ¬Ľ, puis dans les ann√©es qui suivent, une forge pour affiner le m√©tal en fer forg√©. Son fils prend le relais et √©tablit m√™me un manoir √† proximit√©, mais les difficult√©s financi√®res forcent la famille Gyllenh√∂√∂k √† vendre Engelsberg en 1728 √† un autre noble : Lorentz Niclas S√∂derhielm. Celui-ci assure l'expansion du complexe, √† la fois en r√©novant ses fonderies et forges mais aussi en achetant petit √† petit le reste d'Englikobenning aux bergsm√§n, si bien que l'ensemble du village prend maintenant le nom d'Engelsberg. La famille S√∂derhielm garde le contr√īle du complexe jusqu'en 1788, repr√©sentant l'apog√©e des forges d'Engelsberg ; c'est ainsi qu'une grande partie des b√Ętiments visibles de nos jours datent de cette √©poque.

En 1788, les forges sont rachet√©es par Anders Hebbe, puis √† sa mort sont h√©rit√©es par la famille de sa femme, la famille Timm. C'est une √©poque de grands d√©veloppements techniques, et la famille Timm modernise le fourneau et la forge dans la premi√®re moiti√© du XIXe si√®cle. Mais cela ne suffit pas pour se maintenir dans un environnement de plus en plus concurrentiel et, en 1890, la production est arr√™t√©e. La Premi√®re Guerre mondiale offre un contexte favorable, et l'entreprise A. Johnson & Co rach√®te le complexe et reprend la production, mais ce n'est que de courte dur√©e, les forges √©tant √† nouveau arr√™t√©es en 1919. Cependant, le directeur de l'entreprise est passionn√© par les forges et entreprend de les r√©nover. L'√Čtat se joint √† cet effort √† partir de 1974, le complexe √©tant d√©clar√© byggnadsminne. Ces efforts sont finalement r√©compens√©s en 1993 lorsque le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de UNESCO, √©tant reconnu comme l'exemple le plus complet et le mieux pr√©serv√© des fonderies su√©doises des XVIIe et XVIIIe si√®cles.

Géographie

Les forges d'Engelsberg sont situ√©es pr√®s du village d'√Ąngelsberg dans la commune de Fagersta du comt√© de V√§stmanland[1]. Elles sont ainsi incluses dans la vaste r√©gion mini√®re du Bergslagen, et plus pr√©cis√©ment dans le bergslag (un district minier) de Norberg[V 1].

Les forges sont situ√©es le long de la rivi√®re Snyten√•n, qui forme des rapides pour descendre les douze m√®tres de d√©nivel√©[V 2] entre le lac de Snyten et son embouchure dans le lac √Öm√§nningen o√Ļ elle rejoint le cours de la Kolb√§cks√•n[V 3] - [2]. √Ä ce niveau, la Snyten√•n a un bassin versant d'environ 240 km2 et un d√©bit moyen de m3/s[2]. La Kolb√§cks√•n rejoint ensuite le lac M√§lar.

Débit moyen mensuel (en mètres cubes par seconde)
Station hydrologique : embouchure de la Snytenån dans l'Åmänningen
(1981-2012)
Source : VISS[2].

Histoire

Englikobenning : les premières forges

Le fer est exploit√© dans la r√©gion de Norberg depuis l'√Ęge du fer, initialement sous forme de fer des marais, mais √† partir d'environ 1100 se d√©veloppent les premi√®res mines[V 3], fracturant la roche par d√©pilage par le feu[3]. La plus ancienne mine connue en Su√®de est justement √† Norberg, nomm√©e dans un document de 1303, et c'est aussi ici qu'appara√ģt l'un des plus anciens hauts fourneaux d'Europe : Lapphyttan, datant probablement du XIIe si√®cle[4].

Le barrage sur la Snytenån au niveau de la forge ; l'énergie hydraulique est un élément essentiel de l'industrie du fer à partir du XIIIe siècle.

La r√©gion est id√©ale pour cette industrie mini√®re balbutiante, comprenant non seulement d'importantes quantit√©s de minerai de fer, mais aussi des vastes for√™ts et un riche r√©seau hydrographique pouvant alimenter les forges[V 3]. √Ä partir du XIIIe si√®cle avec les d√©buts de la roue √† aubes dans la r√©gion, les forges sont d√©plac√©es √† proximit√© des rivi√®res, o√Ļ le courant peut alimenter des scies mais surtout des soufflets[5], un √©l√©ment essentiel du haut fourneau lui permettant d'atteindre les temp√©ratures suffisantes pour la production de fonte[V 4]. Les fonderies et forges sont alors le plus souvent g√©r√©es par des bergsm√§n (singulier, bergsman), des paysans libres qui outre l'agriculture minent le minerai, exploitent la for√™t pour produire du charbon de bois et enfin fondent et forgent le fer, le tout rythm√© par les saisons[V 5]. Ils poss√®dent souvent les fonderies et forges en coop√©rative avec d'autres bergsm√§n[V 5].

Au XIVe si√®cle, Englika, un habitant de V√§ster√•s d'origine allemande (surtout connu pour √™tre le grand-p√®re de l'homme d'√Čtat Engelbrekt Engelbrektsson), ach√®te aux bergsm√§n du village de Stab√§ck le terrain correspondant au site actuel d'Engelsberg et y √©tablit une premi√®re forge avec haut fourneau[V 5]. Ce site prend alors le nom d'Englikobenning (litt√©ralement, ¬ę l'habitation ¬Ľ ou ¬ę le b√Ętiment d'Englika ¬Ľ)[V 1].

Comme les autres forges de la r√©gion, Englikobenning produit du fer Osmond qui est ensuite export√© vers le reste de l'Europe[V 6]. Cependant, √† partir du XVIe si√®cle, le fer forg√© se vend nettement plus cher que le fer Osmond, et l'Osmond su√©dois est retravaill√© en fer forg√© √† Danzig avant d'√™tre r√©export√© vers le reste de l'Europe[3]. Le roi su√©dois Gustave Ier Vasa d√©cide alors de moderniser la production su√©doise pour exporter directement du fer forg√© et ainsi augmenter la valeur de cet important export[V 6]. Vers la fin du si√®cle, de nombreuses forges se munissent ainsi de martinets, dont la forge d'Englikobenning[V 7]. Le royaume su√©dois ach√®ve cette transformation en interdisant totalement l'export d'Osmond en 1604[V 7]. Dans les ann√©es 1640, la forge d'Englikobenning est occup√©e de mani√®re saisonni√®re par quatre bergsm√§n[V 8]. Elle comprend trois martinets, construits respectivement en 1597, 1614 et 1624[V 8]. La production totale est modeste, atteignant par exemple 800 kg de fonte brute en 1625[V 8].

Per Larsson Höök et la fondation des forges d'Engelsberg

Le XVIIe si√®cle marque un d√©veloppement tr√®s important de l'industrie du fer en Su√®de. Le royaume conna√ģt alors plusieurs guerres et a un important besoin d'armes et donc de m√©tal[V 9]. La situation √† l'export est aussi tr√®s favorable, avec en particulier les Pays-Bas et l'Angleterre comme importants march√©s[3]. L'importante demande en bois de l'industrie du fer bride la production dans la plupart des pays europ√©ens, et offre √† la Su√®de, dot√©e d'un vaste domaine forestier, un avantage comp√©titif[V 10]. Le pays conna√ģt alors une importante migration d'ouvriers wallons, dont en particulier Guillaume de B√®che et Louis De Geer, qui apportent avec eux leur savoir-faire et modernisent l'industrie du fer dans le royaume[V 9]. Le gouvernement augmente fortement son contr√īle sur la production en cr√©ant le Bergskollegium, institution charg√©e de r√©guler cette industrie[V 10]. Afin de moderniser la production, le gouvernement d√©cide d'interdire la construction de forges aux bergsm√§n et, √† la place, de confier la production de fer forg√© aux riches marchands et √† la noblesse, qui peuvent assumer des investissements plus importants que ce que les coop√©ratives de bergsm√§n peuvent se permettre[V 10]. Ces derniers sont ainsi cantonn√©s √† la mine et √† la production de fonte brute[V 10].

C'est pr√©cis√©ment ce qui se passe autour d'Englikobenning : √† la fin du XVIIe si√®cle, Per Larsson H√∂√∂k commence √† acheter des terrains pr√®s du village ainsi que des grands domaines forestiers et, en 1681, il fait construire un haut fourneau auquel il donne le nom d'Engelsberg[5]. Ce dernier se situe juste au nord de l'actuel manoir, et Per Larsson fait aussi construire un barrage pour am√©liorer les conditions hydrauliques[V 11]. Il demande aussi la permission au Bergskollegium d'√©tablir une forge en 1684, mais l'administration ne semble pas convaincue par le projet ; durant le long processus administratif, Per Larsson continue cependant √† d√©velopper le complexe[V 12]. Il est anobli en 1687 sous le nom Per Larsson Gyllenh√∂√∂k et, la m√™me ann√©e, le Bergskollegium donne finalement son aval au projet, sous certaines conditions, telle que l'obligation de n'utiliser que son propre charbon de bois[V 12]. Per Larsson avait aussi achet√© une des forges de bergsm√§n et le haut fourneau de Stab√§ck non loin de l√†, ainsi que la moiti√© du haut fourneau d'Englikobenning[V 13]. Il poss√®de aussi d'autres complexes, dont en particulier √† H√∂gfors o√Ļ il r√©side[V 14]. Il n'a ainsi √† Engelsberg qu'une maison mineure pour ses visites occasionnelles[V 14]. En 1695, Engelsberg produit 135 tonnes de fer par an[6].

L'aile est de l'actuel manoir. Le manoir de Gyllenhöök avait probablement un style similaire.

√Ä sa mort en 1706, son fils Anders prend en charge le domaine. Avec sa femme Maria, ils font construire un premier manoir sur le site[V 14]. Engelsberg est alors un petit village actif o√Ļ les ouvriers d'Anders et les bergsm√§n travaillent c√īte √† c√īte ; il y a alors quatre barrages, trois hauts fourneaux, trois forges et une scierie[V 14]. Cependant, la conjoncture se d√©t√©riore rapidement : l'√®re faste de l'Empire su√©dois touche √† sa fin, la Russie commence √† concurrencer la Su√®de sur le march√© international, et des mauvaises conditions m√©t√©orologiques ass√®chent la rivi√®re, r√©duisant presque √† n√©ant la production pendant une ann√©e enti√®re[V 15]. En 1712, des investisseurs de Stockholm prennent le contr√īle de la forge, mais ne redressent pas la situation[V 15] ; en 1714, le fourneau construit par Per Larsson est arr√™t√©[5] et, en 1728, le complexe est vendu √† Lorentz Niclas S√∂derhielm[V 15].

La famille Söderhielm et le renouveau des forges

Lorentz Niclas S√∂derhielm est un ancien lieutenant-colonel de l'arm√©e su√©doise qui, √† la suite de blessures subies au combat, a quitt√© l'arm√©e et s'est reconverti pour devenir ma√ģtre de forges[V 16]. Il travaille et vit initialement √† Norns bruk en Dal√©carlie mais d√©m√©nage aux forges d'Engelsberg avec sa famille en 1730[V 16]. Le contexte √©conomique est √† nouveau favorable et S√∂derhielm essaie d'am√©liorer le complexe : d√®s 1729, il demande au Bergskollegium la permission d'√©tendre la forge, mais l'autorisation tarde, si bien qu'il finit par s'adresser directement au parlement et re√ßoit l'autorisation en 1748[V 16]. Une des raisons du retard est que le gouvernement veut restreindre la production pour √©viter une p√©nurie de bois dans le pays[V 17]. En outre, cette restriction permet de maintenir un cours √©lev√© car la Su√®de jouit d'un quasi-monopole sur le fer forg√©[V 18]. Outre l'expansion de sa forge, S√∂derhielm √©tend son domaine en acqu√©rant progressivement les possessions des bergsm√§n[V 18]. Le nom Englikobenning a maintenant essentiellement disparu et, au milieu du si√®cle, toute la partie √† l'ouest de la rivi√®re s'appelle Engelsberg[V 18].

Le manoir de Gyllenh√∂√∂k est partiellement d√©truit en 1746, probablement par un incendie, et la construction d'un nouveau manoir commence alors[V 19]. En plein dans l'√®re de la Libert√©, la vie culturelle √©tait florissante, et ceci se refl√®te clairement dans le manoir, avec ses int√©rieurs riches et soign√©s[V 20]. Lorentz Niclas meurt en 1760, et c'est sa veuve Aletta Maria Cederberg qui g√®re la forge √† sa suite, jusqu'√† ce qu'elle d√©c√®de √† son tour en 1772 laissant √† leur fils Lorentz Petter S√∂derhielm la gestion[V 20]. Ce dernier a 19 enfants, et il √©tend donc le manoir en faisant construire dans les ann√©es 1780 une aile ouest (aussi appel√©e l'aile de S√∂derhielm, S√∂derhielmska flygeln) et deux tours rondes en pierre de laitier dans l'alignement des ailes[V 20] - [V 21]. Il r√©nove aussi la plupart des b√Ętiments du domaine selon les standards esth√©tiques de l'√©poque[V 21]. Il construit enfin en 1778-1779[V 22] un nouveau haut fourneau (rempla√ßant l'ancien qui √©tait devenu v√©tuste) puis une nouvelle forge, qui sont les b√Ętiments que l'on peut visiter de nos jours[V 21]. Malgr√© une conjoncture √©conomique difficile, Engelsberg est devenue l'une des plus importantes forges du Bergslag de Norberg[V 21], et conna√ģt donc ses heures de gloire[5]. La production de la forge atteint par exemple 264 tonnes de fer par an en 1767, pr√®s du double de 1695[6]. Finalement, la famille S√∂derhielm est celle qui a constitu√© l'essentiel du domaine tel qu'on peut le visiter aujourd'hui[V 23].

La famille Timm : modernisation et déclin

Lorentz Petter meurt en 1784 et sa veuve Christiana Gustafva Cedercreutz assure alors la gestion jusqu'√† sa mort en 1788[V 23]. Anders Hebbe, ma√ģtre de forges √† H√∂gfors ach√®te alors les forges, mais il laisse d'autres personnes les g√©rer en son nom[V 23]. Durant ces 37 ans, les principaux changements sont l'√©rection de nombreux logements pour ouvriers, si bien qu'en 1829, le domaine compte une centaine de b√Ętiments[V 24]. Anders Hebbe meurt sans h√©ritier en 1825 ; sa femme Anna Catharina Hebbe, n√©e Timm, est morte cinq ans auparavant[V 24]. Le neveu d'Anna Catharina, Gabriel Casper Timm, h√©rite d'un tiers du domaine, mais il s'arrange avec les autres h√©ritiers et prend ainsi la compl√®te possession d'Engelsberg avec sa femme[V 24]. Cependant, il d√©cide qu'un tiers du domaine sera g√©r√© comme un fid√©icommis dont il est le tenant[V 24]. Il r√©nove le manoir, mais respecte en grande partie le style de d√©coration int√©rieure h√©rit√© de l'√®re des S√∂derhielm et il transforme √©galement le parc[V 24].

Les strictes r√©gulations de l'industrie et du commerce sont fortement relax√©es dans la premi√®re moiti√© du XIXe si√®cle et, en particulier, les quotas de production sont abrog√©s en 1846[V 25]. En parall√®le, de nombreux progr√®s techniques sont r√©alis√©s √† cette √©poque, et la famille Timm est tr√®s int√©ress√©e par l'essai de plusieurs de ces technologies √† Engelsberg, ces forges devenant ainsi parmi les plus modernes de Su√®de[V 26]. En 1848, un four √† gaz est install√© pour am√©liorer le d√©bit de grillage du minerai[V 26], en 1861, le haut fourneau est agrandi pour en am√©liorer l'efficacit√© et la capacit√©, etc.[V 27]. La production est aussi augment√©e gr√Ęce √† l'extension de la p√©riode d'activit√© de la fonderie, de 4 mois par an environ au d√©but du si√®cle √† l'ann√©e enti√®re vers la fin du si√®cle[V 28].

Les écluses de Lustigkulla sur le canal de Strömsholm, près d'Hallstahammar.

Les conditions de transport sont aussi significativement am√©lior√©es : initialement, les ressources (minerai et charbon de bois) √©taient principalement transport√©es en hiver, sur les cours d'eau gel√©s, dans des attelages d'environ 450 kg tir√©s par des chevaux[V 29]. Le fer forg√© √©tait en revanche souvent export√© en √©t√©, en bien plus petites quantit√©s[V 29]. Cela pouvait repr√©senter jusqu'√† des milliers de convois juste pour les forges d'Engelsberg[V 29]. Mais en 1795, le canal de Str√∂msholm est inaugur√©, permettant le transport fluvial du fer du Bergslagen vers le lac M√§lar le long de la Kolb√§cks√•n[V 29]. En outre, en 1845, la construction d'un canal lat√©ral le long de la Snyten√•n et passant par Engelsberg est discut√©e, mais le plan est finalement abandonn√© au profit d'une voie ferr√©e, la ligne Engelsberg‚ÄďNorberg ouverte en 1856[V 29]. Cette ligne permet le transport du minerai directement des mines de Norberg aux fourneaux d'Engelsberg[V 29].

Dans les ann√©es 1830 et 1840, l'essentiel de l'export des forges d'Engelsberg est dirig√© vers les √Čtats-Unis, le march√© anglais ayant fortement d√©clin√©. Mais dans les ann√©es 1840, les √Čtats-Unis adoptent une politique plus protectionniste et deviennent autosuffisants √† leur tour[V 28]. La guerre de Crim√©e offre un r√©pit, le prix de fer forg√© atteignant des niveaux records, mais rapidement les difficult√©s reviennent et, en 1869, la forge fait faillite[V 30]. Deux bergsm√§n des environs rach√®tent les deux tiers du complexe, le tiers restant √©tant toujours administr√© comme fid√©icommis[V 30]. Gabriel Casper Timm meurt l'ann√©e suivante, et son fils Paul August Timm prend le contr√īle du fid√©icommis, mais se concentre sur l'agriculture[V 30]. Il meurt peu apr√®s, en 1878, et en attendant la majorit√© de son fils Clas Gabriel (en 1887), c'est son fr√®re Otto Gabriel qui g√®re le fid√©icommis[V 31]. Mais dans un environnement de plus en plus concurrentiel, les forges se taisent √† nouveau en 1890[V 31].

La famille Johnson : dernières tentatives et postérité

Le haut fourneau après 1919.

En 1891, le complexe est géré par les forges de Fagersta, qui louent la forge par exemple entre 1898 et 1908 pour travailler de la ferraille[5]. En 1915, la Première Guerre mondiale augmente significativement la demande en fer, et l'entreprise A. Johnson & Co achète alors les forges et reprend la production de fer[V 32]. En 1916, le groupe Avesta Jernverk AB acquiert à son tour la partie du complexe sous fidéicommis[V 32]. La demande est telle qu'en 1917, une forge en briques est ajoutée à Engelsberg et la Suède dans son ensemble bat son record de production de fer[V 32]. Les conditions de travail sont cependant mauvaises, conduisant à une courte grève, et l'embellie n'est de toute façon que de courte durée, car déjà en automne 1917, les cours chutent[V 32]. La reprise économique après la guerre est brève et, le , le haut fourneau est actif pour la dernière fois[V 32].

Plaque avec le symbole du patrimoine mondial et une autre décrivant le haut fourneau.
La plaque descriptive du patrimoine mondial sur le haut fourneau.

Malgr√© les difficult√©s, l'entreprise A. Johnson & Co survit √† la crise √©conomique, et les forges d'Engelsberg sont tr√®s importantes sentimentalement pour son directeur Axel Ax:son Johnson (sv)[V 32]. Il y effectue d'importantes r√©parations dans les ann√©es 1930 et, passionn√© par l'artisanat traditionnel, il fait visiter les forges, y employant m√™me des forgerons pour illustrer les techniques traditionnelles[V 32]. L'entreprise √©tablit ses archives √† Engelsberg en 1968 et entreprend des r√©novations entre 1971 et 1975 en collaboration avec l'√Čtat su√©dois qui prot√®ge le complexe en 1974 comme byggnadsminne[5] - [V 33]. Les forges sont ainsi l'un des projets pilotes de la Su√®de √† l'occasion de l'ann√©e europ√©enne du patrimoine architectural en 1975[V 33]. En 1986, l'√©comus√©e de Bergslagen est fond√© pour prot√©ger le paysage culturel de la r√©gion, et inclut le domaine d'Engelsberg[V 33]. Finalement, le site est class√© au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1993 d'apr√®s le crit√®re (iv) avec la justification suivante[7] :

¬ę Crit√®re IV : Engelsberg est un exemple remarquable de complexe industriel influent dans l‚ÄôEurope des XVIIe et XIXe si√®cles, avec des vestiges technologiques importants et des b√Ętiments administratifs et r√©sidentiels associ√©s intacts. ¬Ľ

Ce classement motive une nouvelle campagne de r√©novations entre 1993 et 1995[5]. En parall√®le, le site maintient une production industrielle, l'entreprise Engelsbergs Ventiler AB produisant depuis 1946 des vannes en acier inoxydable dans le b√Ętiment de la forge de 1917[8]. Cependant, cette activit√© d√©m√©nage √† Fagersta en 2011, et l'usine √† Engelsberg est reconvertie par Nordstjernan (la soci√©t√© d'investissement du groupe Axel Johnson qui est toujours propri√©taire des forges) en centre de conf√©rence[8]. Ainsi de nos jours, les forges d'Engelsberg sont avant tout un site touristique. Cependant, malgr√© la proximit√© de Stockholm et de bons moyens de communication, en particulier gr√Ęce √† la ligne de chemin de fer[V 34], il est relativement m√©connu du grand public et n'attire que 20 000 visiteurs par an, dont 6 000 payant la visite guid√©e[9].

L'ensemble du complexe a √©t√© menac√© par un gigantesque feu de for√™t en 2014 qui s'est propag√© jusqu'√† 500 m des forges[10].

Chronologie des forges d'Engelsberg.


‚Ė† Propri√©taires des forges - ‚Ė† B√Ętiments d'exploitation - ‚Ė† B√Ętiments d'habitation - ‚Ė† Mise en valeur patrimoniale

Site

Carte du site.

Le haut fourneau

Le haut fourneau est avec la forge, l'un des deux principaux composants de la production de fonte. Il permet la production de fonte brute à partir de minerai de fer et de charbon de bois.

Une √©tape pr√©liminaire est le chargement du minerai vers le four de grillage[V 35] qui est facilit√© par une rampe et des wagons tir√©s par des cha√ģnes actionn√©es par l'√©nergie hydraulique[V 26]. Le grillage est l'op√©ration de pr√©paration du minerai, permettant entre autres de supprimer certains compos√©s ind√©sirables, dont l'eau et les carbonates[V 26]. Jusqu'au d√©but du XIXe si√®cle, cette √©tape est r√©alis√©e dans une fosse au nord du fourneau ; en 1848, la forge est √©quip√©e de son premier four de grillage, remplac√© dans les ann√©es 1880 par un four √† gaz, utilisant les gaz de haut fourneau achemin√©s par tuyaux du gueulard (la chemin√©e) du fourneau vers la base du four de grillage[V 26]. Les temp√©ratures pouvaient atteindre 1 200 ¬įC et le four pouvait griller entre 25 et 40 tonnes de minerai par jour[V 26].

Le minerai est ensuite broy√© gr√Ęce √† un concasseur actionn√© par une roue √† aubes avant de rejoindre le fourneau √† proprement parler[V 35].

  • √Ä gauche, le four de grillage et la rampe qui l'alimentait en minerai de fer. √Ä droite, le haut fourneau avec la rampe qui l'alimentait en charbon de bois.
    À gauche, le four de grillage et la rampe qui l'alimentait en minerai de fer. À droite, le haut fourneau avec la rampe qui l'alimentait en charbon de bois.
  • Int√©rieur du four de grillage.
    Intérieur du four de grillage.
  • Concasseur de minerai.
    Concasseur de minerai.

Le minerai est rejoint dans le haut fourneau par le charbon de bois, qui a lui aussi une rampe d√©di√©e et une traction par cha√ģne[V 35]. Il y a eu plusieurs hauts fourneaux au cours de l'histoire d'Engelsberg, mais celui que l'on peut visiter de nos jours date de 1778-1779[V 22], avec quelques agrandissements au cours du XIXe si√®cle pour atteindre la hauteur actuelle de 12 m pour une capacit√© de 39 m3[V 36]. Il est d'un type appel√© en Su√®de mulltimmershytta[V 22], l'un des plus communs du pays, pr√©f√©r√© en particulier par les bersgm√§n du fait entre autres d'un co√Ľt de construction inf√©rieur aux fourneaux fran√ßais utilis√©s par les Wallons[3]. Il a une forme carr√©e, avec une base (le creuset) construite en pierre[3]. La cuve (pipan), est aussi construite en pierre et a une section circulaire, mais est isol√©e par de la terre et du gravier (mull), le tout contenu dans une structure en bois (timmer signifie bois) qui justifie le nom de ce type de fourneaux[V 22]. √Ä partir du XVIIIe si√®cle, le bois est en g√©n√©ral remplac√© par de la pierre au niveau du ventre du fourneau pour r√©duire les risques d'incendie[3]. Ainsi, l'ext√©rieur du b√Ętiment est essentiellement en bois, peint avec du rouge de Falun[V 37] sauf une petite section en pierre de laitier blanchie[V 36].

Plusieurs semaines √©taient parfois n√©cessaires pour que le haut fourneau atteigne la temp√©rature ad√©quate[V 4]. Une fois atteinte, on ajoute le fer broy√©, du charbon mais aussi de la castine qui compense la pr√©sence de silicium dans le minerai de fer des mines de Norberg[5]. Les temp√©ratures √©lev√©es du fourneau sont permises gr√Ęce √† l'utilisation d'une machine soufflante √† trois cylindres, datant des ann√©es 1870 et activ√©e par l'√©nergie hydraulique[V 27]. L'air de la machine soufflante est pr√©chauff√© gr√Ęce √† un four √† vent chaud de la m√™me √©poque, utilisant lui aussi les gaz de haut fourneau[V 26] - [V 27]. Dans le fourneau, le fer s'enrichit en carbone, ce qui r√©duit sa temp√©rature de fusion et permet donc l'obtention de fonte brute, qui s'√©coule par une ouverture dans le creuset et se solidifie ensuite dans des moules[3]. Cette fonte brute est pes√©e et peut alors √™tre achemin√©e √† la forge[3].

  • Vue d√©taill√©e de l'ext√©rieur du haut fourneau.
    Vue détaillée de l'extérieur du haut fourneau.
  • Trou de coul√©e du haut fourneau.
    Trou de coulée du haut fourneau.
  • La machine soufflante en m√©tal.
    La machine soufflante en métal.
  • La roue √† aubes du haut fourneau.
    La roue à aubes du haut fourneau.

La forge

La fonte brute issue du haut fourneau contient environ 4 % de carbone, ce qui est trop élevé pour la plupart des applications[V 38]. Il est donc nécessaire d'effectuer un affinage dont en particulier une décarburation, et celle-ci a lieu dans la forge[V 38].

La premi√®re forge est construite sur l'emplacement actuel, √† proximit√© du manoir, en 1624, mais est reconstruite en 1779 et, enfin, prend l'apparence actuelle lors de la reconstruction de 1845[V 39]. Elle est construite en briques et briques de laitier, puis couverte de pl√Ętre et peinte en jaune[V 39].

Le procédé d'affinage évolue avec le temps. Lors de la construction de la forge, la méthode la plus courante est la méthode allemande, et la forge est donc munie de deux fours allemands[5]. Ils sont remplacés en 1856 par des fours copiés sur la méthode comtoise, puis à nouveau en 1887 par des fours Lancashire, qui sont toujours préservés de nos jours[V 30] - [V 31]. La forge est aux abords de la rivière, et comprend une roue à aubes pour actionner la machine soufflante pour le four ainsi que deux martinets avec chacun leur roue à aubes dédiée[5]. Ces derniers ont des fonctions différentes : le premier est utilisé pour le cinglage, tandis que le second sert au forgeage[V 39]. La production de barres de fonte diminue progressivement vers la fin du XIXe siècle, la fonte étant vendue à des forges qui peuvent la laminer[5]. Le martinet de forgeage est alors probablement utilisé uniquement pour la production locale[5].

  • L'ext√©rieur de la forge.
    L'extérieur de la forge.
  • Le four.
    Le four.
  • La roue √† aubes.
    La roue à aubes.
  • L'un des deux martinets.
    L'un des deux martinets.

Le manoir

Le manoir a chang√© de propri√©taires √† plusieurs reprises, et souvent, les nouveaux propri√©taires ont apport√© leur touche personnelle aux b√Ętiments, qui m√©lange donc des styles architecturaux diff√©rents. Il est situ√© sur une butte, non loin de la forge et juste devant les jardins[V 1].

Le plus ancien b√Ętiment est l'aile est, aussi appel√©e l'aile d'Engelbrekt (Engelbrektsflygeln) datant de la fin du XVIIe si√®cle[3] et d√©plac√© √† la position actuelle dans les ann√©es 1740[5]. Il s'agit d'une construction en bois massif empil√© avec un toit s√§teritak caract√©ristique de l'√©poque carolienne (correspondant aux courants baroques)[V 1]. Le b√Ętiment est bas et large, et son plan int√©rieur est proche du standard de l'√©poque qui consiste en 6 pi√®ces r√©guli√®res[V 1] - [V 40]. Il est peint en rouge de Falun et en blanc, comme la plupart des b√Ętiments du site[V 37]. Il servit de cuisine pour le manoir[V 1].

  • Le manoir aux ailes
    Le manoir aux ailes
  • Le manoir du c√īt√© du jardin
    Le manoir du c√īt√© du jardin
  • L'aile ouest
    L'aile ouest
  • Les deux tours de pierre de laitier
    Les deux tours de pierre de laitier
Le gazébo dans le jardin.

Le manoir initial est construit au d√©but du XVIIIe si√®cle, avec probablement d√©j√† un b√Ętiment principal et deux ailes, formant un ensemble sym√©trique cher √† l'id√©al baroque[V 36]. Le style des b√Ętiments √©tait probablement similaire √† celui de l'aile est actuelle[V 36]. Apr√®s l'incendie dans les ann√©es 1740, le plan g√©n√©ral est conserv√© pour la reconstruction[V 36], et il est possible que certaines parties de l'ancien manoir soient encore visibles dans le nouveau, par exemple dans les caves[V 19]. Apr√®s la reconstruction, le b√Ętiment principal conserve une structure en bois, mais avec un bardage offrant une texture lisse qui est ensuite peinte[V 40], selon une technique popularis√©e en Su√®de par l'architecte Carl H√•rleman[V 41]. La couleur √©tait probablement initialement un ocre clair, caract√©ristique des ch√Ęteaux de l'√©poque[V 37]. Le b√Ętiment comporte deux √©tages et sept rang√©es de fen√™tres que vient coiffer un toit en mansarde[V 19]. L'int√©rieur est richement d√©cor√©, le manoir √©tant un lieu de r√©ception, avec les couleurs vives du baroque et des tapisseries couvrant les murs[V 20]. La pi√®ce principale est la grande salle, situ√©e √† l'√©tage, avec des tapisseries rococo des ann√©es 1750[V 20]. Lors de la r√©novation des ann√©es 1780, Lorentz Petter S√∂derhielm applique une d√©coration de style gustavien, avec des fen√™tres plus grandes permettant une meilleure luminosit√© et surtout une d√©coration int√©rieure plus sobre[V 21]. Finalement, lors de sa r√©novation du manoir en 1828, Gabriel Casper Timm ajoute un porche √† colonnes et une tour d'horloge[6], et il repeint l'ensemble du b√Ętiment en blanc[V 37]. S'il conserve en grande partie la d√©coration int√©rieure h√©rit√©e des S√∂derhielm, il pare certaines pi√®ces d'une d√©coration de style Empire[V 24]. Le manoir abrite aussi sa collection min√©ralogique et zoologique ainsi que sa librairie[V 24].

L'aile ouest, ou aile de Söderhielm, (Söderhielmska flygeln) est ajoutée dans les années 1780 pour accueillir la famille nombreuse de Lorentz Petter Söderhielm[V 21]. Elle fait écho à l'aile est, et adopte par exemple aussi un toit säteritak, bien que cette architecture soit passée de mode[V 21]. À la même période, Lorentz Petter ajoute aussi deux pavillons ronds en pierre de laitier en alignement avec les ailes[V 20]. Le pavillon ouest fait office de gazébo tandis que le pavillon est sont les latrines[V 20].

Tout autour du manoir s'étend un vaste jardin à l'anglaise datant de 1870[V 42]. Celui-ci succède au jardin à la française datant de l'époque de la famille Söderhielm, dont la symétrie parfaite n'était perturbée que par le cours naturel de la rivière[V 36]. Le parc comprend un gazébo rose pastel[V 22] ainsi que les ruines de l'orangerie de l'ancien jardin à la française[V 36].

Autres b√Ętiments

  • Le poids public au premier plan et l'auberge (Krogen) √† l'arri√®re-plan.
    Le poids public au premier plan et l'auberge (Krogen) à l'arrière-plan.
  • Les nouveaux bureaux de la forge.
    Les nouveaux bureaux de la forge.
  • Le chemin bruksgatan et des b√Ętiments agricoles.
    Le chemin bruksgatan et des b√Ętiments agricoles.
  • L'ancienne grange en bois et pierre de laitier qui accueille maintenant les archives.
    L'ancienne grange en bois et pierre de laitier qui accueille maintenant les archives[V 43].

Le site d'Engelsberg comprend un nombre important de b√Ętiments annexes pr√©serv√©s, montrant les diff√©rentes facettes de la vie autour des forges. Si certains des b√Ętiments sont directement li√©s √† l'activit√© industrielle, telle que le poids public permettant de peser le charbon et le fer, d'autres sont li√©s √† la vie dans la communaut√©, tel que l'auberge (Krogen) o√Ļ les ouvriers pouvaient boire de l'alcool ou passer la nuit[11]. Un b√Ętiment notable est le nouveau bureau de la forge (nya Brukskontoret) qui est initialement originaire de Dal√©carlie mais est d√©plac√©e √† l'emplacement actuel en 1917[V 32]. Un grand nombre de b√Ętiments t√©moignent aussi des activit√©s agricoles, s√©par√©s du domaine industriel par la rue Bruksgatan[V 36]. Ceci inclut en particulier la grande grange de 1873 en bois et pierre de laitier[V 30]. La plupart de ces b√Ętiments sont en bois, peints en rouge de Falun avec des ornements blancs, un style tr√®s typique de la Su√®de du XIXe si√®cle[V 37].

  • La raffinerie √† Olje√∂n.
    La raffinerie à Oljeön.
  • La villa Odensn√§s.
    La villa Odensnäs.
  • La villa Hvilan.
    La villa Hvilan.
  • La gare d'√Ąngelsberg.
    La gare d'√Ąngelsberg.

La plupart des habitations des travailleurs se situaient plus en retrait, dans le village d'√Ąngelsberg[5]. Ce dernier n'est pas planifi√© comme beaucoup de villages pr√®s de forges, en particulier en Uppland, mais s'est d√©velopp√© naturellement, avec des b√Ętiments de diff√©rentes √©poques au fur et √† mesure de l'√©volution des forges[5]. Le village est en dehors du site class√© au patrimoine mondial, mais poss√®de malgr√© cela de nombreux sites d'importance patrimoniale et culturelle[5]. Un site particuli√®rement notable est Engelsbergs oljefabrik, commun√©ment appel√© Olje√∂n (l'√ģle du p√©trole), qui est l'une des plus anciennes raffineries de p√©trole pr√©serv√©e au monde, datant de 1876[V 44]. Ainsi, malgr√© une activit√© m√©tallurgique en crise, √Ąngelsberg peut continuer son d√©veloppement. La raffinerie importait du p√©trole am√©ricain et le raffinait en diff√©rents produits, mais fait faillite en 1927 en partie √† cause de taxe √† l'import[V 44]. √Ä la fin du XIXe si√®cle, le village est un lieu de rencontre pour divers artistes, tels que Arvid Mauritz Lindstr√∂m (en), et attire aussi les talents d'importants architectes[V 44]. En particulier, le village compte trois villas d'Isak Gustaf Clason : Ulvaklev, Hvilan et Odensn√§s, pr√©sentant des caract√®res nordiques (style romantique national) m√™l√©s √† des influences √©trang√®res, telles que la Renaissance et l'Art nouveau[V 44]. La gare d'√Ąngelsberg pr√©sente aussi une architecture int√©ressante, Ňďuvre d'Erik Lallerstedt datant de 1900[V 44].

Notes et références

  • (sv) Thomas Br√§nnstr√∂m, V√§rldsarv Engelsbergs bruk, Stockholm, Byggf√∂rlaget, , 174 p. (ISBN 91-7988-255-2).
  1. p. 16.
  2. p. 136.
  3. p. 15.
  4. p. 29.
  5. p. 35.
  6. p. 36.
  7. p. 37.
  8. p. 46.
  9. p. 39.
  10. pp. 40-41.
  11. p. 59.
  12. p. 60.
  13. p. 63.
  14. p. 67.
  15. p. 69.
  16. p. 73.
  17. p. 74.
  18. p. 76.
  19. p. 81.
  20. p. 83.
  21. pp. 87-90.
  22. p. 18.
  23. p. 93.
  24. p. 97.
  25. p. 102.
  26. p. 104.
  27. p. 106.
  28. p. 109.
  29. pp. 53-54.
  30. pp. 112-113.
  31. p. 115.
  32. pp. 120-121.
  33. p. 161-162.
  34. p. 21.
  35. p. 31.
  36. pp. 157-159.
  37. pp. 151-155.
  38. p. 30.
  39. pp. 48-49.
  40. pp. 143-150
  41. p. 91.
  42. p. 100
  43. p. 167.
  44. pp. 127-131.
  • Autres
  1. (sv) ¬ę √Ąngelsberg ¬Ľ, sur Nationalencyklopedin.
  2. (sv) ¬ę Snytsbo√•n: mellan √Öm√§nningen och Snyten ¬Ľ, sur Vatteninformationssystem Sverige
  3. (sv) Ann-Charlotte Backlund, Boken om Bergslagen : resa i en levande historia, Stockholm, Rubicon, (ISBN 91-7922-007-X).
  4. (sv) ¬ę Historiska gruvor ¬Ľ, sur Service de recherches g√©ologiques de Su√®de
  5. (sv) ¬ę Engelsbergs bruk : V√•rd och underh√•llsplan ¬Ľ, sur Engelsbergs bruk,
  6. ¬ę √Čvaluation de l'organisation consultative (ICOMOS) : Les forges d'Engelsberg ¬Ľ, sur Patrimoine mondial, .
  7. ¬ę Forges d'Engelsberg ¬Ľ, sur Patrimoine mondial.
  8. (sv) ¬ę Nordstjernan f√∂rv√§rvar ventilfabriken i √Ąngelsberg ¬Ľ, sur Engelsbergs bruk, .
  9. (sv) Terese Magnusson, Världsarv och Turism : De svenska världsarven ur ett turistiskt perspektiv., European Tourism Research Institute, (lire en ligne).
  10. (sv) ¬ę V√§rldsarv som hotades av storbrand ¬Ľ, G√∂teborgs posten,‚Äé (lire en ligne)
  11. (sv) ¬ę V√§rldsarv i Sverige ¬Ľ, sur Unescor√•det.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplémentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimédias.