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Bataille de Towton

La bataille de Towton a lieu au cours de la guerre des Deux-Roses le au sud-ouest d'York, entre les villages de Towton et Saxton. C'est la plus grande et la plus sanglante bataille √† avoir jamais √©t√© livr√©e sur le sol anglais ainsi que la journ√©e la plus meurtri√®re de toute l'histoire de l'Angleterre[2]. Selon les chroniques m√©di√©vales, plus de 50 000 soldats des maisons d'York et de Lancastre se sont combattus ce dimanche des Rameaux pendant plusieurs heures et dans des conditions m√©t√©orologiques d√©plorables, et une proclamation diffus√©e une semaine apr√®s la bataille rapporte que 28 000 hommes ont p√©ri sur le champ de bataille. Cet engagement provoque un changement monarchique en Angleterre, √Čdouard IV rempla√ßant Henri VI sur le tr√īne et for√ßant les principaux partisans des Lancastre √† partir.

Bataille de Towton
Description de cette image, également commentée ci-après
La bataille de Towton représentée par Richard Caton Woodville.
Informations générales
Date
Lieu près de Towton (Yorkshire, Angleterre)
Issue Victoire décisive de la Maison d'York
Forces en présence
25 000-35 000 hommes[1]30 000-35 000 hommes[1]
Pertes
800 morts[1]3 000-9 000 morts[1]

Guerre des Deux-Roses

Batailles

Coordonn√©es 53¬į 50‚Ä≤ 10‚Ä≥ nord, 1¬į 16‚Ä≤ 25‚Ä≥ ouest
Géolocalisation sur la carte : Angleterre
(Voir situation sur carte : Angleterre)
Bataille de Towton

Henri VI a un caract√®re faible et ne dispose pas de toutes ses facult√©s mentales. Son gouvernement inefficace encourage les nobles √† comploter pour le manipuler et la situation d√©g√©n√®re en guerre civile entre les partisans de sa maison et ceux de Richard Plantagen√™t, le duc d'York. Apr√®s la capture du roi par les Yorkistes lors de la bataille de Northampton en 1460, le Parlement d'Angleterre passe un acte d'Accord selon lequel Richard et sa lign√©e succ√©deraient √† Henri VI sur le tr√īne. Marguerite d'Anjou, l'√©pouse du roi, refuse d'accepter que leur fils √Čdouard de Westminster soit ainsi d√©poss√©d√© de ses droits et l√®ve une arm√©e avec l'aide de nobles m√©contents. Richard d'York est tu√© √† la bataille de Wakefield et ses titres et ses pr√©tentions au tr√īne sont transmis √† √Čdouard, son fils a√ģn√©. Certains nobles qui h√©sitaient jusqu'alors √† soutenir les pr√©tentions de Richard consid√®rent que les Lancastre ont bafou√© l'acte d'accord, et √Čdouard trouve suffisamment de soutien aupr√®s d'eux pour se proclamer roi. La bataille de Towton doit ainsi accorder √† son vainqueur le droit de r√©gner sur l'Angleterre par la force des armes.

En arrivant sur le champ de bataille, l'arm√©e yorkiste est surpass√©e en nombre car une partie de ses forces, command√©e par le duc de Norfolk, n'est pas encore arriv√©e. Mais le commandant yorkiste, le baron Fauconberg, donne l'ordre √† ses archers de tirer profit du vent favorable en faisant pleuvoir des vol√©es de fl√®ches sur leurs adversaires. Les Lancastre abandonnent alors leurs positions d√©fensives car leurs archers n'ont pas la port√©e suffisante pour atteindre les lignes ennemies. Le combat au corps √† corps qui s'ensuit dure plusieurs heures, √©puisant les combattants. L'arriv√©e des troupes de Norfolk revigore les Yorkistes qui, encourag√©s par √Čdouard, mettent en d√©route l'arm√©e adverse. Beaucoup de Lancastriens sont tu√©s pendant leur fuite, certains sont pi√©tin√©s par leurs propres camarades et d'autres encore se noient. Plusieurs de ceux qui sont faits prisonniers sont ex√©cut√©s.

La puissance de la maison de Lancastre est gravement affaiblie par la bataille. Henri VI fuit le pays, nombre de ses plus fervents partisans sont morts ou en exil, et √Čdouard IV r√®gne sur l'Angleterre de fa√ßon ininterrompue pendant neuf ans, avant que les hostilit√©s ne reprennent et qu'Henri VI ne remonte bri√®vement sur le tr√īne. Les g√©n√©rations suivantes se souviennent de la bataille telle qu'elle est d√©crite par William Shakespeare dans le dernier volet de sa trilogie dramatique Henri VI. En 1929, une croix est √©rig√©e sur le champ de bataille pour comm√©morer l'√©v√©nement. Plusieurs charniers et d'autres restes arch√©ologiques reli√©s √† la bataille sont trouv√©s dans la r√©gion plusieurs si√®cles apr√®s le combat.

Contexte

Début de la guerre

En 1461, le royaume d'Angleterre est plong√© depuis six ans dans une guerre civile entre les maisons d'York et de Lancastre, qui revendiquent toutes deux le tr√īne. La maison de Lancastre soutient Henri VI, le roi en exercice, un homme au caract√®re ind√©cis qui souffre de crises de folie[3]. Richard Plantagen√™t, le duc d'York, dirige la maison d'York au d√©but de la guerre ; il estime que le roi conduit le pays √† la ruine en favorisant √† l'exc√®s des courtisans incomp√©tents. Se nourrissant des rivalit√©s entre d'influents partisans des deux maisons, le duc d'York tente d'√©carter du pouvoir les courtisans de la maison de Lancastre, ce qui conduit √† un conflit ouvert[4]. Apr√®s la capture d'Henri VI √† la bataille de Northampton, en 1460, Richard, qui est de sang royal, revendique le tr√īne. Mais m√™me les plus fervents partisans de sa maison h√©sitent √† renverser la dynastie royale et, au lieu de cela, les nobles adoptent le , par un vote √† la majorit√©, un acte d'accord qui √©tablit que le duc d'York et ses h√©ritiers monteraient sur le tr√īne √† la mort d'Henri VI[5] - [6].

Les troupes des York (en blanc) et des Lancastre (en rouge) se rencontrent près de Towton.

La reine d'Angleterre, Marguerite d'Anjou, refuse d'accepter cet arrangement qui prive son fils, √Čdouard de Westminster, de son droit de naissance. Ayant trouv√© refuge en √Čcosse √† la suite de la bataille de Northampton, elle y l√®ve une arm√©e en promettant √† ses troupes qu'elles pourraient se livrer librement au pillage au cours de leur marche vers le sud. Les partisans des Lancastre, pr√©parant son arriv√©e, se rassemblent dans le Nord de l'Angleterre. Richard prend la t√™te de son arm√©e pour affronter cette menace mais il est attir√© dans un pi√®ge et est tu√© √† la bataille de Wakefield. Son deuxi√®me fils, Edmond, est √©galement tu√© et leurs deux t√™tes sont fich√©es sur des piques et expos√©es sur la porte ouest des murailles d'York[7]. √Čdouard, le fils a√ģn√© du duc d'York, succ√®de √† son p√®re √† la t√™te de sa maison[8].

Marguerite d'Anjou rejoint son arm√©e, qui prend la direction du sud en pillant plusieurs villages sur sa route. Henri VI est lib√©r√© √† la suite de la victoire des Lancastre sur l'arm√©e de Richard Neville √† la seconde bataille de Saint-Albans et les pillages continuent alors que les Lancastriens marchent sur Londres. Les habitants de Londres refusent d'ouvrir les portes de la ville, craignant un sac, alors que l'arm√©e d'Henri et Marguerite commence √† manquer de vivres et n'a pas les moyens de se r√©approvisionner. Quand Marguerite apprend qu'√Čdouard d'York et son arm√©e ont remport√© la bataille de Mortimer's Cross et qu'ils se dirigent √† leur tour sur Londres, elle bat en retraite sur York avec ses troupes[9] - [10]. Neville et les restes de son arm√©e se joignent aux forces d'√Čdouard et les Yorkistes sont accueillis avec all√©gresse par les Londoniens. Ayant perdu la garde du roi, ils ont n√©anmoins besoin d'une justification pour continuer √† prendre les armes contre lui et ses partisans. Le 4 mars, Neville proclame donc roi le jeune duc d'York sous le nom d'√Čdouard IV. Cette proclamation est beaucoup mieux accept√©e que les pr√©tentions ant√©rieures de Richard car plusieurs nobles qui s'√©taient oppos√©s √† celles-ci voient les actions des Lancastre comme une trahison de l'acte d'accord[11] - [12].

Le pays a d√©sormais deux rois, une situation qui ne peut pas durer, en particulier si √Čdouard veut √™tre officiellement couronn√©[12]. Il offre donc l'amnistie √† chaque partisan des Lancastre qui renonce √† soutenir Henri VI. Ce geste a pour but de lui rallier les roturiers car l'offre ne s'√©tend pas aux riches Lancastriens (des nobles pour la plupart)[13]. Le jeune roi convoque ses partisans et leur donne l'ordre de marcher sur York afin de reprendre la ville de sa famille et de d√©poser officiellement Henri VI par la force des armes[14]. Les forces yorkistes progressent le long de trois routes diff√©rentes. Lord Fauconberg, l'oncle de Richard Neville, dirige l'avant-garde qui pr√©c√®de le corps principal, command√© par √Čdouard IV en personne, et arrive √† St Albans le . Le duc de Norfolk est envoy√© √† l'est pour lever des troupes et rejoindre √Čdouard avant la bataille. Et une arm√©e men√©e par Neville avance √† l'ouest du corps principal, √† travers les Midlands et en direction de Coventry, ralliant √† elle tous les volontaires qu'elle trouve. Fauconberg marche au nord-est et atteint Nottingham le . √Čdouard IV, quant √† lui, arrive √† St Albans le ou le et prend ensuite la m√™me route que Fauconberg[15].

Bataille de Ferrybridge

Fin mars, les premiers d√©tachements de l'arm√©e yorkiste occupent le village de Ferrybridge, o√Ļ un pont traverse l'Aire. Les forces lancastriennes l'ont d√©truit pour emp√™cher les Yorkistes de traverser. Ces derniers construisent donc un pont temporaire. Le , une troupe lancastrienne compos√©e d'environ 500 cavaliers et command√©e par Lord Clifford les prend par surprise et les met en d√©route[16]. Quand √Čdouard IV apprend la nouvelle, il organise une rapide contre-attaque mais, le temps qu'il arrive, les Lancastre ont fortifi√© le pont et ont plac√© des forces sur la rive sud de l'Aire pour le retarder. Malgr√© leur sup√©riorit√© num√©rique, les Yorkistes ne peuvent reprendre le pont, qui forme un goulet d'√©tranglement o√Ļ ils ne peuvent profiter de leur surnombre. Au cours de ce combat acharn√©, Neville est bless√© par une fl√®che √† la jambe. N√©anmoins, les Yorkistes arrivent finalement √† obliger les Lancastriens √† se replier quand la cavalerie de Fauconberg trouve un gu√© √† cinq kilom√®tres en amont et traverse la rivi√®re[17]. En apprenant cela, Clifford fait retraite mais ses troupes sont poursuivies par la cavalerie de Fauconberg qui finit par les rattraper √† quatre kilom√®tres au sud de Towton. Les Yorkistes triomphent de leurs ennemis apr√®s un dur combat au cours duquel Clifford est tu√© par une fl√®che dans la gorge[17].

Ayant d√©barrass√© leurs environs de toute force ennemie, les Yorkistes r√©parent le pont et continuent leur marche jusqu'√† Sherburn-in-Elmet, o√Ļ ils √©tablissent leur campement pour la nuit. L'arm√©e principale des Lancastre est pour sa part arriv√©e √† Tadcaster, √† un peu plus de trois kilom√®tres au nord de Towton[18]. √Ä l'aube du 29 mars, les deux arm√©es l√®vent le camp sous un ciel mena√ßant et un vent violent[19]. Bien que ce jour soit le dimanche des Rameaux (Palm Sunday), les arm√©es se pr√©parent √† livrer bataille. Quelques documents font ainsi r√©f√©rence au combat en tant que Battle of Palme Sonday Felde mais cette appellation n'a pas surv√©cu[20]. L'opinion populaire a pr√©f√©r√© donner √† la bataille le nom du village de Towton en raison de sa proximit√© et parce qu'il √©tait le plus important de la r√©gion √† cette √©poque[21].

Forces en présence

Richard Neville tuant son cheval et défiant quiconque de fuir la bataille, représenté par Henry Tresham (1797).

Les sources de l'√©poque d√©clarent que les deux arm√©es √©taient immenses et que plus de 100 000 hommes ont combattu √† Towton[22]. Dans la Chronicle of London de William Gregory (XVe si√®cle), le compte rendu d'un soldat ayant particip√© √† la bataille pr√©tend que les Yorkistes avaient 200 000 hommes et que les Lancastriens √©taient encore plus nombreux[23]. Mais les historiens ult√©rieurs pensent que ces chiffres sont exag√©r√©s et qu'un chiffre de 50 000 combattants est plus probable[24] - [25]. Quoi qu'il en soit, les deux arm√©es pr√©sentes √† Towton comptent parmi les plus grandes de cette p√©riode[22]. Une analyse de squelettes trouv√©s dans un charnier en 1996 d√©montre que les soldats provenaient de tous les milieux ; ils avaient en moyenne une trentaine d'ann√©es et certains √©taient des v√©t√©rans de combats ant√©rieurs[26]. Beaucoup de nobles et de chevaliers, environ les trois quarts de la pairie d'Angleterre de l'√©poque, ont combattu √† Towton[25]. Huit de ces pairs avaient pr√™t√© serment √† √Čdouard IV alors que les Lancastre en comptaient au moins dix-neuf dans leurs rangs[27].

La bataille d√©ciderait lequel des deux rois r√©gnerait sur l'Angleterre mais, alors qu'√Čdouard IV combat parmi ses hommes, Henri VI est rest√© √† York avec Marguerite d'Anjou[25]. Les Lancastriens voient leur roi comme la marionnette de sa femme[28] et s'inqui√®tent de son instabilit√© mentale[29]. En comparaison, √Čdouard IV est tr√®s charismatique ; √Ęg√© de 18 ans, il mesure 1,92 m et est imposant quand il est en armure[30]. Jeune et muscl√©, il ressemble plus √† un roi que son rival, fr√™le et de pauvre mine[31]. Combattant habile, √Čdouard IV dirige ses soldats depuis les premi√®res lignes en les exaltant et les poussant √† faire de leur mieux[32]. Son go√Ľt pour les audacieuses tactiques offensives dicte le plan de son arm√©e pour cet engagement[33].

Les Yorkistes ont d'autres chefs tr√®s comp√©tents. Richard Neville fascine ses hommes[34]. √Čdouard Hall, un chroniqueur du XVIe si√®cle, lui attribue un geste fort juste avant la bataille. Il √©crit que Neville, bless√© la veille √† Ferrybridge, tue son cheval devant ses troupes et s'√©crie : ¬ę R√©pandez cette volont√©, je demeurerai avec lui aussi s√Ľrement que cette volont√© restera avec moi ¬Ľ, d√©fiant ainsi tout homme d'abandonner le combat[35]. Cette sc√®ne est probablement apocryphe[36] mais l'historien Christopher Gravett estime que cette histoire d√©montre la loyaut√© de Neville pour son roi et pour ses hommes[35]. Neville tient son oncle, Lord Fauconberg, en haute estime[37], et Hall d√©crit Fauconberg comme un ¬ę homme ayant de grands principes, ainsi que beaucoup d'exp√©rience sur le plan martial ¬Ľ[38]. De petite stature et v√©t√©ran de la guerre de Cent Ans, Fauconberg est reconnu par ses pairs comme un homme de grande valeur en mati√®re militaire[39]. Il s'adapte tr√®s vite √† des situations impr√©vues et a par le pass√© administr√© Calais[39], dirig√© quelques exp√©ditions de piraterie[40] et command√© l'avant-garde √† la bataille de Northampton[41]. Le duc de Norfolk est probablement le seul de tous les commandants yorkistes √† n'avoir pas pris part √† l'engagement en raison de son √Ęge avanc√©, les chevaliers Walter Blount et Robert Horne ayant certainement dirig√© son contingent[42]. Consid√©r√© comme un ¬ę alli√© impr√©visible ¬Ľ[43], il a rejoint la cause yorkiste pour s'assurer une base de pouvoir dans l'Est de l'Angleterre[44] et son soutien a √©t√© tr√®s h√©sitant √† plusieurs occasions[45].

L'arm√©e des Lancastre est pour sa part command√©e par Henri Beaufort, le duc de Somerset, un homme assez exp√©riment√© dans le domaine militaire qui a dirig√© des manŇďuvres habiles lors des batailles victorieuses de Wakefield et de Saint-Albans[46]. Certains historiens pensent toutefois que le v√©ritable strat√®ge des Lancastre √©tait Andrew Trollope[47] - [48]. Trollope a servi sous les ordres de Neville √† Calais avant de changer de camp au d√©but de la guerre. Son changement d'all√©geance a √©t√© un coup dur pour les Yorkistes car il connaissait bien leurs hommes et a jou√© un r√īle cl√© dans leurs victoires en France[49]. Les autres commandants lancastriens sont Henri Holland, le duc d'Exeter, qui a la r√©putation d'√™tre un homme violent et stupide[50], et Henry Percy, le comte de Northumberland, que Gravett d√©crit comme manquant d'intelligence[51]. Le dernier chef lancastrien d'importance, Lord Clifford, a √©t√© tu√© la veille √† Ferrybridge[52].

Déploiement des armées

Déploiement initial des deux armées juste avant la bataille.

Il existe tr√®s peu de comptes rendus d√©taill√©s de la bataille et aucun ne d√©crit le d√©ploiement exact des arm√©es. Cette p√©nurie de sources primaires a conduit les premiers historiens √† adopter principalement la chronique d'√Čdouard Hall, bien qu'elle ait √©t√© √©crite plus de 70 ans apr√®s l'√©v√©nement et que l'origine des informations qu'elle donne est inconnue. Le chroniqueur bourguignon Jean de Wavrin, contemporain de la bataille, donne lui aussi sa version des faits mais son Ňďuvre n'a √©t√© mise √† disposition du public que depuis 1891 et plusieurs erreurs la parsemant ont d√©courag√© la plupart des historiens de l'utiliser. Les reconstitutions de la bataille sont donc bas√©es sur la version de Hall agr√©ment√©e de d√©tails mineurs provenant d'autres sources (la chronique de Wavrin et de courts comptes rendus figurant dans d'autres chroniques et dans des lettres)[53] - [54].

La bataille a lieu sur un plateau entre les villages de Saxton (au sud) et de Towton (au nord). C'est une r√©gion agricole qui compte beaucoup de vastes espaces d√©gag√©s et de petites routes sur lesquelles les arm√©es peuvent manŇďuvrer[55]. Deux routes sont situ√©es dans la zone des combats : Old London Road, qui relie Towton √† la capitale anglaise, et une route qui va de Towton √† Saxton. Le Cock Beck, un ruisseau aux rives escarp√©es, suit un cours en forme de ¬ę S ¬Ľ au nord et √† l'ouest du plateau. Le plateau est coup√© en deux par Towton Dale, une vall√©e qui part de l'ouest de celui-ci jusqu'√† North Acres √† l'est. Des zones bois√©es sont situ√©es le long du Cock Beck ; Renshaw Woods au nord-ouest du plateau, et Castle Hill Wood au sud-ouest de Towton Dale le long d'un coude que suit le ruisseau. La zone au nord-est de ce bois est connue apr√®s la bataille sous le nom de Bloody Meadow (¬ę le pr√© sanglant ¬Ľ)[56].

Selon Christopher Gravett, la d√©cision prise par Henri Beaufort de livrer bataille sur le plateau √©tait sens√©e. D√©fendre le terrain juste avant Towton permet de bloquer toute avanc√©e ennemie en direction de York, que ceux-ci suivent Old London Road ou la vieille route romaine plus √† l'ouest. Les Lancastriens se d√©ploient au nord de la vall√©e, utilisant celle-ci comme un ¬ę foss√© protecteur ¬Ľ[57] - [58], le d√©savantage de cette position √©tant qu'ils ne peuvent voir au-del√† de l'ar√™te sud de la vall√©e[59]. Les flancs des Lancastre sont prot√©g√©s par des marais, leur aile droite √©tant en plus s√©curis√©e par les rives escarp√©es du Cock Beck. La largeur de la zone de d√©ploiement n'autorise pas une ligne de front tr√®s allong√©e, ce qui prive les Lancastriens de l'opportunit√© d'utiliser leur sup√©riorit√© num√©rique[57]. Le compte-rendu de Wavrin a donn√© naissance √† une hypoth√®se selon laquelle Beaufort a donn√© l'ordre √† une troupe de lanciers √† cheval de se cacher dans Castle Hill Wood afin de lancer une charge contre le flanc gauche yorkiste au moment le plus opportun[60]. L'arm√©e yorkiste appara√ģt au moment o√Ļ leurs adversaires finissent de se d√©ployer. Les Yorkistes forment leurs rangs sur l'ar√™te sud de la vall√©e alors que la neige commence √† tomber. Ils sont inf√©rieurs en nombre et les troupes du duc de Norfolk ne les ont pas encore rejoints. Ils sont √©galement fatigu√©s apr√®s leur longue marche pour atteindre le champ de bataille, alors que les Lancastriens n'ont eu √† parcourir qu'une courte distance depuis York[61].

La bataille

Les troupes du duc de Norfolk arrivent au moment crucial pour aider les Yorkistes à triompher des Lancastriens.

√Čdouard IV s'est plac√© au centre de l'arm√©e yorkiste alors que Neville commande l'aile gauche et Fauconberg l'aile droite[62]. Henri Beaufort occupe le centre de l'arm√©e des Lancastre tandis que Henry Percy dirige l'aile droite et Holland l'aile gauche[63]. Alors que Beaufort se contente d'attendre et de laisser ses adversaires venir √† lui, les Yorkistes prennent l'initiative du combat[64]. Fauconberg, qui a remarqu√© la force et la direction du vent, donne l'ordre √† ses archers de se placer √† l'avant et de l√Ęcher une vol√©e de fl√®ches sur les lignes ennemies, qui se trouvent au-del√† de la port√©e maximale habituelle de leurs arcs. Les fl√®ches sont port√©es par le vent et retombent sur les soldats lancastriens amass√©s de l'autre c√īt√© de la vall√©e. Beaucoup de fl√®ches sont √©quip√©es de pointes bodkin qui peuvent transpercer une armure de plates. Les archers lancastriens r√©pliquent mais leurs projectiles retombent trop court alors que le vent leur envoie de la neige en plein visage, g√™nant consid√©rablement la vis√©e et l'appr√©ciation de la distance. Incapables de juger du r√©sultat de leurs tirs, les archers lancastriens l√Ęchent des vol√©es jusqu'√† ce qu'ils aient utilis√© la plupart de leurs fl√®ches, laissant un √©pais tapis de projectiles sur le sol devant les lignes yorkistes[33] - [65].

Sans la pr√©sence d'√Čdouard IV pour commander sur le champ de bataille, les Yorkistes auraient tr√®s certainement connu la d√©faite.

Fauconberg, qui a ordonn√© √† ses archers de se replier juste apr√®s leur vol√©e initiale, les fait avancer √† nouveau afin qu'ils reprennent leurs tirs. Quand les archers yorkistes ont √©puis√© toutes leurs munitions, ils ramassent les fl√®ches adverses parsem√©es devant eux et reprennent le tir. Oblig√©s de subir cette pluie de projectiles sans pouvoir r√©pliquer, les Lancastriens quittent leurs positions pour engager leurs adversaires au corps √† corps. En voyant leurs ennemis avancer vers eux, les archers yorkistes l√Ęchent quelques vol√©es suppl√©mentaires avant de se r√©fugier derri√®re leurs lignes, laissant des milliers de fl√®ches sur le sol pour g√™ner la progression des Lancastriens[33] - [66].

Les Yorkistes reforment les rangs afin de se pr√©parer √† recevoir la charge ennemie, mais leur aile gauche est attaqu√©e par les cavaliers qui viennent de Castle Hill Wood. Les soldats sont plong√©s dans la confusion et plusieurs commencent √† fuir. √Čdouard IV se porte alors sur son aile gauche afin de redresser la situation. Il plonge au cŇďur des combats et exalte ses partisans, son exemple encourageant ses hommes √† ne pas l√Ęcher pied[67]. L'affrontement devient g√©n√©ral et les archers tirent dans la m√™l√©e √† courte distance. D√®s le d√©but des combats rapproch√©s, la bataille devient d'une grande intensit√©, les combattants devant faire des pauses pour tirer hors de leur chemin les cadavres qui s'amoncellent[68]. Les Lancastriens ont sans arr√™t des hommes frais qui se jettent au milieu des combats, et l'arm√©e yorkiste, inf√©rieure en nombre, doit graduellement c√©der du terrain et battre lentement en retraite[69]. Christopher Gravett pense que le flanc gauche des Lancastre gagnait moins de terrain que le reste de l'arm√©e, inclinant ainsi la ligne de bataille jusqu'√† ce que son c√īt√© ouest soit dirig√© vers Saxton[67].

La bataille continue pendant trois heures selon les recherches effectu√©es par l'English Heritage, organisme gouvernemental charg√© de la conservation des sites historiques[69]. Elle est ind√©cise jusqu'√† ce que le contingent du duc de Norfolk ne finisse par arriver en d√©but d'apr√®s-midi. Avan√ßant sur Old London Road, il demeure cach√© √† la vue jusqu'√† ce qu'il atteigne le sommet du plateau et vienne renforcer l'aile droite yorkiste[69] - [70]. L'avantage passe alors du c√īt√© des Yorkistes, qui enveloppent le flanc gauche des Lancastre, lequel finit par partir en d√©route, la plupart des Lancastriens √©tant alors pouss√©s vers le ruisseau et des petits groupes de soldats fuyant pour sauver leur vie[68] - [33]. Polydore Virgile, le chroniqueur d'Henri VII d'Angleterre, pr√©tend que le combat a dur√© dix heures, mais il s'agit probablement d'une exag√©ration[71].

Les soldats lancastriens jettent leurs casques et leurs protections afin de courir plus vite mais ils deviennent ainsi plus vuln√©rables aux attaques des Yorkistes. Beaucoup sont massacr√©s √† travers Bloody Meadow par les troupes plus fra√ģches et plus rapides de Norfolk. Avant la bataille, les deux camps avaient donn√© l'ordre de ne pas faire de quartier et les Yorkistes sont bien d√©cid√©s √† n'√©pargner personne, pas m√™me ceux qui se rendent, apr√®s ce long et ext√©nuant combat[72], sans compter qu'un certain nombre de leurs adversaires, comme Andrew Trollope, ont des primes substantielles sur leur t√™te[13]. La chronique de William Gregory d√©clare que 42 chevaliers sont tu√©s apr√®s leur capture[33]. La d√©route fait plus de victimes que la bataille elle-m√™me ; des hommes essayant de franchir le Cock Beck √† la nage sont entra√ģn√©s par le courant et se noient, ceux qui pataugent sont pouss√©s et pi√©tin√©s par leurs camarades derri√®re eux. Les archers yorkistes criblent les fuyards de fl√®ches depuis la rive. Les cadavres commencent √† s‚Äôamonceler et les chroniques pr√©tendent que les Lancastriens finissent par fuir sur des ¬ę ponts ¬Ľ de corps[33] - [73]. La poursuite continue en direction du nord et un pont sur la rivi√®re Wharfe s'effondre sous le poids des hommes qui tentent de s'enfuir, bon nombre d'entre eux se noyant ainsi dans les eaux glac√©es[74].

Conséquences

Bloody Meadow (le pré sanglant) sur le champ de bataille de Towton.

Un texte datant du rapporte qu'il y a eu au total 28 000 morts, nombre que Charles Ross et d'autres historiens pensent exag√©r√©. C'est toutefois le nombre qui est proclam√© par les estimations des h√©rauts et qui est cit√© dans des lettres d'√Čdouard IV et de l'√©v√™que de Salisbury. D'autres sources de la m√™me √©poque donnent des nombres encore plus √©lev√©s, allant de 30 000 √† 38 000, √Čdouard Hall avan√ßant celui, tr√®s pr√©cis, de 36 776[33] - [75]. Les Annales rerum anglicarum font exception puisqu'elles d√©clarent que 9 000 Lancastriens ont p√©ri, une estimation que Ross trouve plus envisageable[33]. La noblesse fid√®le √† la maison de Lancastre a beaucoup souffert de la bataille, Andrew Trollope et Henry Percy ayant notamment √©t√© tu√©s[33]. Ralph Dacre, un proche d'Henri VI, est tu√© par un archer embusqu√© dans un arbuste[76]. √Ä l'inverse, un seul membre important de la noblesse soutenant la maison d'York, Robert Horne, a √©t√© tu√© √† Towton[52].

Towton Cross, mémorial de la bataille de Towton.

La d√©route se poursuit durant toute la nuit, avant qu'au matin du les d√©bris de l'arm√©e lancastrienne n'atteignent York dans la panique la plus totale. En apprenant la nouvelle de la d√©faite, Henri VI et Marguerite d'Anjou fuient en √Čcosse et y sont rejoints plus tard par Henri Beaufort, Henri Holland et quelques autres nobles survivants de la bataille. Celle-ci affaiblit gravement le pouvoir de la maison de Lancastre, car ses principaux partisans √† la Cour sont morts ou ont fui le pays, et met fin √† sa domination sur le nord de l'Angleterre[77]. √Čdouard IV exploite au maximum la situation en proclamant comme tra√ģtres 14 pairs d'Angleterre fid√®les aux Lancastre[78]. Environ 96 Lancastriens ayant le rang de chevalier ou un rang inf√©rieur, dont 24 sont membres du Parlement, sont √©galement d√©clar√©s f√©lons[79]. Le nouveau roi pr√©f√®re cependant rallier ses ennemis √† sa cause car ceux qui sont d√©chus sont ceux qui sont morts pendant la bataille ou qui refusent de se soumettre. Les domaines de quelques-uns de ces nobles sont confisqu√©s par la couronne mais la majorit√© est laiss√©e √† leurs familles[78]. Le roi pardonne par la suite √† beaucoup de ceux qu'il a d√©clar√©s tra√ģtres apr√®s la soumission de ceux-ci[80].

Bien qu'Henri VI et son fils se soient r√©fugi√©s en √Čcosse, la bataille met fin, pour un temps, √† la lutte pour le tr√īne qui durait depuis l'acte d'accord, √Čdouard IV r√©gnant d√©sormais de fa√ßon incontest√©e sur l'Angleterre[81]. Le nouveau roi s'attache d√©sormais √† consolider son pouvoir en ralliant la population √† sa cause et en matant les r√©bellions d√©clench√©es par les quelques irr√©ductibles partisans des Lancastre qui restent[82]. Il √©l√®ve au rang de chevalier ou de pair d'Angleterre plusieurs de ses partisans ; Lord Fauconberg est nomm√© comte de Kent et Richard Neville est le plus grand b√©n√©ficiaire des largesses royales puisqu'il re√ßoit une partie des domaines du comte de Northumberland et de Lord Clifford[83] et qu'il est nomm√© ¬ę lieutenant du roi dans le nord et amiral d'Angleterre ¬Ľ[84]. √Čdouard IV accorde aussi √† Neville plusieurs autres fonctions prestigieuses, accroissant ainsi encore plus l'influence et la richesse consid√©rables de celui-ci[85].

En 1464, √† la suite des batailles de Hedgeley Moor et de Hexham, la maison d'York an√©antit les derni√®res r√©sistances des Lancastre au nord de l'Angleterre[86]. √Čdouard IV r√®gne sans interruption jusqu'en 1470 mais ses relations avec Neville se d√©t√©riorent progressivement, ce dernier finissant par se rallier √† la Maison de Lancastre. Neville oblige √Čdouard IV √† fuir l'Angleterre et restaure Henri VI sur le tr√īne[87]. Cette restauration est toutefois de courte dur√©e, car √Čdouard IV reconquiert le tr√īne apr√®s avoir vaincu Neville et les Lancastre lors des batailles de Barnet et de Tewkesbury en 1471[88].

La bataille dans la littérature

Shakespeare s'est servi de la bataille de Towton pour illustrer les souffrances de la guerre civile dans la troisième partie de sa pièce Henri VI (acte II, scène 5).

√Ä la fin du XVIe si√®cle, William Shakespeare √©crit plusieurs pi√®ces de th√©√Ętre centr√©es sur des personnages historiques et ayant pour toile de fond l'histoire de l'Angleterre lors des deux si√®cles pr√©c√©dents, ce qui rend ces pi√®ces plus r√©alistes[89]. Shakespeare √©crit notamment Henri VI, une pi√®ce en trois parties qui s'appuie fortement sur la chronique d'√Čdouard Hall[90]. Sa vision de la bataille de Towton, pr√©sent√©e comme le plus sanglant engagement de la guerre des Deux-Roses dans la sc√®ne 5 de l'acte II de la troisi√®me partie d‚ÄôHenri VI, est devenue un morceau d'anthologie sur la ¬ę terreur de la guerre civile, une terreur nationale qui est essentiellement familiale ¬Ľ[89]. L'historien Bertram Wolffe √©crit que c'est en raison de la repr√©sentation de la bataille par Shakespeare, o√Ļ Henri VI d√©sire ardemment avoir √©t√© n√© berger plut√īt que roi, que le souvenir du faible et incomp√©tent monarque ne s'est pas effac√© de la m√©moire collective anglaise[91].

La version shakespearienne de la bataille compte une sc√®ne notable qui vient imm√©diatement apr√®s le monologue d'Henri VI. Dans celle-ci, le roi est le t√©moin des lamentations de deux soldats qui ont particip√© √† la bataille. L'un des deux a tu√© un ennemi dans l'espoir d'un butin et d√©couvre que sa victime est son fils, alors que l'autre s'aper√ßoit qu'il a tu√© son p√®re. Tous les deux ont agi par app√Ęt du gain et sont accabl√©s de chagrin apr√®s avoir d√©couvert leurs m√©faits[92]. Le sp√©cialiste de Shakespeare Arthur Percival Rossiter consid√®re cette sc√®ne comme l'une des plus remarquables des ¬ę rituels ¬Ľ th√©√Ętraux suivis par l'auteur. La sc√®ne suit le mod√®le d'un op√©ra ; apr√®s un long discours, on suit alternativement deux acteurs qui d√©clament une ligne √† tour de r√īle au public chacun de leur c√īt√©[93]. Shakespeare s'√©carte de la pratique en vigueur qui consiste √† utiliser des personnages historiques pour exposer des th√®mes pendant que l'on m√©dite sur leurs actions √† travers des personnages fictifs. √Ä l'inverse, ce sont ici des personnages fictifs anonymes qui illustrent les souffrances de la guerre civile tandis que le roi m√©dite sur leurs destins[89]. Le professeur √©m√©rite de litt√©rature anglaise Michael Hattaway commente que l'intention de Shakespeare est de montrer la tristesse d'Henri VI plus que la guerre elle-m√™me, afin d'obtenir la m√™me √©motion aupr√®s du public et d'exposer l'incomp√©tence d'Henri en tant que roi[94].

La bataille de Towton est √©galement examin√©e par Geoffrey Hill dans son po√®me Funeral Music (1968). Hill pr√©sente l'√©v√©nement √† travers les voix des combattants et contemple l'agitation de cette p√©riode avec leur regard[95] - [96]. Les soldats issus du commun se plaignent de leur inconfort physique et des sacrifices qu'ils ont consentis au nom des id√©es glorifi√©es par leurs chefs[97]. Ils partagent cependant la d√©termination de ces derniers √† d√©truire leurs adversaires, m√™me au co√Ľt de leur vie[98]. Hill d√©peint comme une farce la croyance des soldats selon laquelle la bataille √©tait pr√©destin√©e et de la plus haute importance ; le monde suit son cours sans consid√©ration pour la bataille de Towton[99]. Bien qu'impressionn√© par le nombre de victimes qu'a fait l'engagement, Hill estime qu'il n'a pas apport√© de grands changements pour le peuple anglais[100].

Postérité

Lors d'une reconstitution de la bataille, les participants de la Towton Battlefield Society respectent une minute de silence en mémoire des victimes de Towton.

En 1483, Richard III, le fr√®re cadet d'√Čdouard IV, commence √† faire construire une chapelle en comm√©moration de la bataille[101]. Mais le monarque meurt √† la bataille de Bosworth deux ans plus tard et la construction n'est jamais achev√©e. Laiss√©e √† l'abandon, elle finit par s'√©crouler[102]. Les ruines de cette structure sont encore visibles cinq si√®cles plus tard[22]. En 1929, une croix en pierre provenant suppos√©ment de la chapelle est utilis√©e pour √©riger la Towton Cross (aussi connue sous le nom de Lord Dacre's Cross) en m√©moire des victimes de la bataille[103]. Il est possible que quelques tertres pr√©sents sur le champ de bataille contiennent des restes de victimes, bien que les historiens pensent qu'il s'agit de tumulus plus anciens[104] - [105]. D'autres lieux de s√©pulture en rapport avec la bataille se trouvent sur Chapell Hill et aux alentours de Saxton[22]. Ralph Dacre est enterr√© √† la Church of All Saints de Saxton et sa tombe a relativement bien r√©sist√© au passage du temps[106]. L'arbuste sur lequel l'archer ayant tu√© Ralph Dacre √©tait mont√© a √©t√© coup√© √† la fin du XIXe si√®cle[107]. Des reliques de la bataille telles que des anneaux, des pointes de fl√®ches et des pi√®ces de monnaie ont √©t√© trouv√©es dans la r√©gion des si√®cles apr√®s l'√©v√©nement[22]. En 1996, des ouvriers travaillant sur un chantier de construction pr√®s de Towton ont d√©couvert un charnier dont les arch√©ologues pensent qu'il contient les restes d'hommes tu√©s pendant la bataille. Les squelettes r√©v√®lent de graves blessures : les bras et les cr√Ęnes √©tant cass√©s ou fracass√©s[108]. Un sp√©cimen, connu sous le nom de Towton 25, a eu l'avant du cr√Ęne coup√© en deux par une blessure faite √† l'arme blanche. Le cr√Ęne pr√©sente √©galement une autre blessure, faite horizontalement par une lame depuis l'arri√®re[109].

La population anglaise de l'√®re √©lisab√©thaine a gard√© le souvenir de la bataille telle qu'elle a √©t√© mise en sc√®ne par Shakespeare[110], et son image de charnier o√Ļ de nombreux Anglais ont √©t√© massacr√©s est demeur√©e pendant des si√®cles[111]. N√©anmoins, au d√©but du XXIe si√®cle, la ¬ę plus sanglante bataille √† avoir jamais √©t√© livr√©e sur le sol anglais ¬Ľ[112] s'est effac√©e de la conscience collective. Plusieurs journalistes britanniques se sont lament√©s du fait que la plupart des gens ignorent tout de la bataille de Towton et de sa signification[2] - [113] - [114]. Selon l'English Heritage, la bataille a √©t√© de ¬ę la plus haute importance ¬Ľ, ayant √©t√© l'une des plus grandes, si ce n'est la plus grande, √† s'√™tre d√©roul√©e en Angleterre et ayant eu pour cons√©quence le remplacement d'une dynastie royale par une autre[69]. Le chiffre fr√©quemment cit√© de 28 000 victimes de la bataille √©quivaut √† environ 1 % de la population anglaise de l'√©poque[113] - [114] et fait de cette journ√©e la plus sanglante de l'histoire de l'Angleterre[2].

La bataille est associ√©e √† une tradition qui a perdur√© pendant des si√®cles dans le village de Tysoe, dans le Warwickshire. √Ä chaque anniversaire de la bataille, les villageois nettoyaient la colline du Vale of the Red Horse pour y exposer le g√©oglyphe d'un cheval taill√© dans l'argile rouge qui a donn√© son nom au lieu. Ils pr√©tendaient accomplir cela pour honorer la m√©moire de Richard Neville et la r√©solution de se battre aux c√īt√©s de ses hommes qu'il avait montr√©e en tuant son cheval. Mary Dormer Harris, une historienne locale, pense que les villageois ont modifi√© le cheval rouge originel, qui datait de la pr√©histoire, afin de le faire ressembler √† un cheval m√©di√©val. La tradition a pris fin en 1798 quand le mouvement des enclosures a transform√© le terrain communal sur lequel le g√©oglyphe √©tait situ√©, en propri√©t√© priv√©e[115] - [116]. Ce nettoyage a √©t√© bri√®vement remis en vogue au d√©but du XXe si√®cle avant de s'arr√™ter √† nouveau[117] - [118]. La Towton Battlefield Society est une organisation cr√©√©e pour s'occuper de la pr√©servation du champ de bataille et promouvoir le souvenir de l'engagement aupr√®s du public. Elle organise √©galement annuellement une reconstitution de la bataille, pour le dimanche des Rameaux[119].

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Bibliographie

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Sources en ligne :

Liens externes

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