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Jean Hardouin

Jean Hardouin (né le à Quimper et mort le à Paris) est un jésuite et érudit français.

Jean Hardouin
Biographie
Naissance
Décès
(√† 82 ans)
Paris
Pseudonymes
Théophile François, P.H.F, P.H.
Activités
Autres informations
Ordre religieux

Biographie

Il acquit son go√Ľt pour la litt√©rature dans la librairie de son p√®re. √Ä moins de quatorze ans (), il fut admis comme novice dans la Compagnie de J√©sus. Il enseigna la th√©ologie positive pendant quinze ans, avant de devenir en 1683 biblioth√©caire du coll√®ge Louis-le-Grand, le coll√®ge parisien de la Compagnie, prenant la succession de Jean Garnier. Il occupa cette fonction jusqu'√† sa mort.

Ses premi√®res publications furent un ouvrage de numismatique (Nummi antiqui populorum et urbium illustrati, Paris, 1684), et une √©dition des discours de Themistios (Themistii Orationes XXXIII, Paris, 1684) qui ne comprenait pas moins de treize textes in√©dits. Pouss√© par Jean Garnier, il prit en charge d'√©diter l'Histoire naturelle de Pline pour la collection Ad usum Delphini du duc de Montausier, une t√Ęche qu'il acheva en cinq ans (Paris, 1685, puis 1723). Il publia ensuite en numismatique Antirrheticus de nummis antiquis coloniarum et municipiorum (1689), et une Chronologia Veteris Testamenti ad vulgatam versionem exacta et nummis illustrata (1696). Il manifeste dans ses ouvrages un point de vue syst√©matiquement hypercritique, qui provoqua une interdiction √† la vente, par le Parlement de Paris, du dernier ouvrage cit√© (r√©imprim√© √† Strasbourg en 1697).

Idées paradoxales

Les autorit√©s eccl√©siastiques le charg√®rent de superviser les Conciliorum collectio regia maxima (1715, en douze volumes), mais il fut accus√© d'avoir supprim√© des documents importants et d'avoir intercal√© subrepticement des documents apocryphes ; aussi, par ordre du Parlement de Paris (alors en conflit avec les J√©suites), la publication de l'Ňďuvre fut-elle suspendue jusqu'en 1726. Ce n'en est pas moins une collection estimable, tr√®s souvent cit√©e par les √©rudits.

C'est surtout en tant que premier √©rudit √† avoir soutenu toute une s√©rie de th√©ories paradoxales qu'on se souvient de lui. La plus remarquable, que l'on trouve dans ses Chronologiae ex nummis antiquis restitutae (1696) et ses Prolegomena ad censuram veterum scriptorum (publi√©s √† Londres en 1766), est qu'il voulait prouver qu'√† l'exception des Ňďuvres d'Hom√®re, d'H√©rodote et de Cic√©ron, de l'Histoire naturelle de Pline, des G√©orgiques de Virgile, et des Satires et des √Čp√ģtres d'Horace, tous les √©crits classiques de la Gr√®ce antique et de Rome √©taient des faux, fabriqu√©s par des moines du XIIIe si√®cle, sous la direction d'un certain Severus Archontius. Il niait l'authenticit√© de la plupart des Ňďuvres d'art, des pi√®ces de monnaie et des inscriptions anciennes, et assurait que les versions grecques de l'Ancien Testament (la Septante) et du Nouveau Testament √©taient des fabrications tardives.

Selon l'historien Henri-Ir√©n√©e Marrou[1], cette d√©rive hypercritique d'un √©rudit de valeur, est li√©e √† l'opposition aux Jans√©nistes, qui s'appuyaient sur Augustin d'Hippone, ce qui l'amena √† contester d'abord l'authenticit√© des textes des P√®res de l'√Čglise. L'historien Isaac-Joseph Berruyer vit son Histoire du peuple de Dieu condamn√©e pour y avoir suivi cette th√©orie. Hardouin vit aussi se d√©velopper une opposition √† ses th√®ses √† l'int√©rieur m√™me de la Compagnie de J√©sus, notamment de la part de Ren√©-Joseph de Tournemine, si bien qu'il dut produire une r√©tractation en 1709.

Entre autres, les historiens qui suivirent les grandes lignes de Hardouin furent l’anglais Edwin Johnson (1842-1901) et l’allemand Wilhelm Kammeier (1889-1959).

Cette théorie a trouvé un héritier à l'heure actuelle dans le mathématicien russe Anatoly Timofeevich Fomenko, dont les conclusions, fondées sur des méthodes qui lui sont propres pour l'analyse textuelle statistique et les computs astronomiques, sont encore plus radicales[2], mais considérées comme pseudoscientifiques par des historiens et des astronomes[3] - [4] - [5] - [6] - [7] - [8] - [9].

Notes et références

  1. De la connaissance historique √Čd. du Seuil, coll. Points Histoire, 1975. p. 130-139
  2. Fomenko et les "récentistes"
  3. V.L. Yanin, ed., –ú–ł—Ą—č "–Ĺ–ĺ–≤–ĺ–Ļ —Ö—Ä–ĺ–Ĺ–ĺ–Ľ–ĺ–≥–ł–ł": –ú–į—ā–Ķ—Ä–ł–į–Ľ—č –ļ–ĺ–Ĺ—Ą. –Ĺ–į –ł—Ā—ā. —Ą–į–ļ. –ú–ď–£ –ł–ľ. –ú. –í. –õ–ĺ–ľ–ĺ–Ĺ–ĺ—Ā–ĺ–≤–į, 21 –ī–Ķ–ļ. 1999 (¬ę Mythes de la nouvelle chronologie : Conf√©rence au d√©partement d'histoire de l'universit√© de Moscou‚Ķ, 21 d√©cembre 1999 ¬Ľ), Moscow: Russkaia Panorama, 2001 (ISBN 5931650466) (OCLC 163835246)
  4. –ě "–≥–Ľ–ĺ–Ī–į–Ľ—Ć–Ĺ–ĺ–Ļ —Ö—Ä–ĺ–Ĺ–ĺ–Ľ–ĺ–≥–ł–ł" –ź.–Ę.–§–ĺ–ľ–Ķ–Ĺ–ļ–ĺ (¬ę Sur la "Chronologie Globale" d'A.T.Fomenko ¬Ľ)
  5. V. L. Yanin, "–ó–ł—Ź—é—Č–ł–Ķ –≤—č—Ā–ĺ—ā—č" –į–ļ–į–ī–Ķ–ľ–ł–ļ–į –§–ĺ–ľ–Ķ–Ĺ–ļ–ĺ (The "Gaping Heights" of Academician Fomenko) ; passage traduit en anglais dans James H. Billington, Russia in Search of Itself, (Washington: Woodrow Wilson Center Press / Baltimore: Johns Hopkins University Press), 2004, p. 83-84
  6. Morten Monrad Pedersen, Was the First Queen of Denmark a Man?, Skeptic Report, November 2002. Retrieved 9 October 2007.
  7. James H. Billington, Russia in Search of Itself, (Washington: Woodrow Wilson Center Press / Baltimore: Johns Hopkins University Press), 2004, p. 82-84.
  8. "les conceptions fantasmagoriques de Fomenko sur la ¬ę nouvelle chronologie ¬Ľ mondiale." Marl√®ne Laruelle, Review of James H. Billington, Russia in search of itself, Washington, D.C., Woodrow Wilson Center Press / Baltimore ‚ÄĒ London, The Johns Hopkins University Press, 2004; Cahiers du Monde Russe, 45/3-4, p. 736-7.
  9. H. G. van Bueren, "Mathematics and Logic", Review of A. T. Fomenko, Empirico-Statistical Analysis of Narrative Materials and its Applications to Historical Dating, 2 vols, (Dordrecht: Kluwer) 1994, in Annals of Science, 53 (1996): 206-207.

Bibliographie

  • A. Debacker, Biblioth√®que des √©crivains de la Compagnie de J√©sus, 1853.
  • Cet article est partiellement ou en totalit√© issu de l'Encyclopaedia Britannica, √©dition de 1911 (domaine public), √† l'article Jean Hardouin

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