Pepe Habichuela
José Antonio Carmona Carmona, connu sous le nom de Pepe Habichuela, né à Grenade en 1944, est un guitariste espagnol faisant partie de la grande dynastie flamenca des Habichuela.
Naissance | |
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Nom de naissance |
José Antonio Carmona Carmona |
Surnom |
Pepe Habichuela |
Pseudonyme |
Pepe Habichuela |
Nationalité | |
Activités | |
Famille |
Los Habichuela (d) |
Père |
Tio José Habichuela (d) |
Fratrie |
Juan Habichuela Luis Habichuela (d) Carlos Carmona Carmona (d) |
Instrument | |
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Distinction |
Famille
En espagnol habichuela signifie « haricot vert» : les Habichuela ont Ă©tĂ© affectueusement surnommĂ©s ainsi, probablement en raison de leur minceur. La saga des Habichuela guitaristes a commencĂ© avec son grand-père : "Habichuela el Viejo" (Ă qui il a empruntĂ© son surnom), et s'est poursuivie avec son père JosĂ© Carmona ("TĂo JosĂ© Habichuela"), puis ses trois frères Juan Habichuela (1933-2016), Carlos et Luis, tous guitaristes renommĂ©s. Et enfin son fils JosĂ© Miguel Carmona (surnommĂ© Josemi Carmona "Machuka"), avec lequel il a enregistrĂ© son deuxième album "Habichuela en rama" (« Habichuela brut de fonderie », mais avec le jeu de mots possible « Haricot en branche »). Josemi est par ailleurs l’un des fondateurs du cĂ©lèbre groupe Ketama avec les neveux de Pepe Juan JosĂ© Carmona Amaya El Camborio et Antonio Carmona Amaya (les fils de son frère Juan Habichuela).
Biographie
Pepe Habichuela apprend la guitare flamenca avec Vicente Escudero et le maestro Sabicas[1].
Ses dĂ©buts professionnels se sont dĂ©roulĂ©s Ă Grenade dans les grottes de Sacromonte, connues pour les concerts flamenco qui s’y dĂ©roulent. Puis il dĂ©mĂ©nage Ă Madrid pour jouer dans des « tablaos » (ou cafĂ©s chantants), dont le fameux tablao « Torres Bermejas », oĂą il accompagne CamarĂłn de la Isla, Pepe Marchena et Juanito Valderrama. Il a aussi jouĂ© avec Paco de LucĂa.
Il a été le premier artiste flamenco à enregistrer un disque sous le label indépendant Nuevos Medios.
Mais le grand tournant de sa carrière sera sa collaboration avec le chanteur Enrique Morente dans les annĂ©es 1970. Avec lui, il enregistre un disque en hommage au cantaor Antonio ChacĂłn (Homenaje a D. Antonio ChacĂłn, Hispavox, 1977, rĂ©Ă©ditĂ© en 1996); ce disque leur a permis de remporter le Grand Prix national du disque en 1975 (Premio Nacional de discografĂa). Ă€ partir de ce moment le duo enregistrera plusieurs disques (« Despegando », « Negra si tu supieras »), considĂ©rĂ©s par le public et les spĂ©cialistes comme de grands albums classiques ou "rĂ©volutionnaires", marquants en tout cas, dans l'histoire du flamenco[1].
Bien qu'il soit souvent considĂ©rĂ© comme l'un des derniers grands reprĂ©sentants du flamenco "classique", et de la riche pĂ©riode des annĂ©es 60 Ă 90[2], il a accompagnĂ© et joue encore avec les plus grands cantaores/-ras de la nouvelle gĂ©nĂ©ration: de Miguel Poveda Ă RocĂo Márquez, en passant par Pitingo (es), Estrella Morente ou Arcángel (Francisco JosĂ© Arcángel Ramos (es))... Comme il le dit : « Ă©tant moi-mĂŞme un guitariste plus ancien qui a fait ses armes dans une Ă©poque bien diffĂ©rente de la nĂ´tre, c'est pour moi Ă chaque fois un Ă©merveillement de voir que ces jeunes me rĂ©clament[2] ».
Au-delà du flamenco classique, il a aussi contribué à ouvrir le flamenco à la fusion avec d'autres genres musicaux, en collaborant avec des artistes importants du jazz (Dave Holland ou Don Cherry), de la musique indienne (Nitin Sawhney, ou The Bollywood Strings en 2001, puis la sitariste Anoushka Shankar, fille de Ravi Shankar, pour l'album fusion qu'elle a sorti en 2010 : Traveller ), ou même de la musique baroque (collaboration avec L'Arpeggiata de la luthiste et théorbiste autrichienne Christina Pluhar[3]). Il commente ainsi ces différentes ouvertures: « pour mêler cette musique [flamenca] avec d'autres styles et d'autres instruments, il faut d'abord écouter beaucoup de flamenco classique d'artistes qui étaient aussi révolutionnaires en leur temps comme Pepe Marchena, Juanito Valderrama, Pepe Pinto ou Manuel Torres[2] ».
En 2018, le ministère de la culture espagnol lui décerne la médaille d'or du mérite des beaux-arts[4].
Enregistrements
- Homenaje a D. Antonio ChacĂłn (A tribute to D. Antonio ChacĂłn) / Enrique Morente & Pepe Habichuela - 1 CD 1977
- A Mandeli / Pepe Habichuela - 1 CD 1983
- Habichuela en rama / Pepe Habichuela - 1 CD 1997
- YerbagĂĽena /Pepe Habichuela & The Bollywood Strings -1 CD 2001
- Nuevos Medios ColecciĂłn / Pepe Habichuela - 1 CD 2003
- Hands / Pepe Habichuela & Dave Holland - 1 CD 2010
- Flamenco. Esencias (Flamenco. Essences) / Pepe Habichuela - 1 livre 1997
Notes et références
- « Pepe Habichuela - Flamenco On Fire », Flamenco On Fire,‎ (lire en ligne, consulté le )
- (es) Israel Viana, « Pepe Habichuela, el último genio del flamenco clásico », ABC,‎ (lire en ligne, consulté le ).
- « Christina Pluhar Rencontres improbables 3 » [vidéo], sur YouTube (consulté le ).
- (es) « Relación de premiados del año 2010 », sur Ministère de la Culture, (consulté le ) [PDF].
Liens externes
- Ressources relatives Ă la musique :
- Discogs
- (en) MusicBrainz
- (en) Muziekweb
- (en) Songkick