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Mathurin RĂ©gnier

Mathurin Régnier, né le à Chartres et mort le à Rouen, est un poète satirique français.

Mathurin RĂ©gnier
François Robert Ingouf, Portrait de Mathurin Régnier.
Biographie
Naissance
Décès
(Ă  39 ans)
Rouen
Activité
Parentèle
Philippe Desportes (oncle maternel)
Autres informations
Mouvement
Ĺ’uvres principales

Biographie

Mathurin RĂ©gnier.

Gravure du XIXe siècle.

Mathurin Régnier, l’un des écrivains les moins classiques du XVIIe siècle (en ce qu'il s'oppose par exemple à Malherbe), naît à Chartres, le , l’année qui suit la Saint-Barthélemy. Son père, Jacques Régnier, notable bourgeois de Chartres, est le créateur, sur la place des Halles, d'un jeu de paume, qui reste longtemps célèbre et est connu sous le nom de tripot Régnier. Sa mère, Simone Desportes, est la sœur de l’abbé Desportes, poète connu à l’époque, très bien en cour et pourvu de bénéfices importants.

Son père qui le destine à la succession de son oncle le fait tonsurer à l’âge de sept ans, dans le but de lui assurer la protection de son oncle et de celle de Nicolas de Thou, évêque de Chartres. Mais le jeune Mathurin, n’ayant aucun goût pour l’état ecclésiastique, compromet, par une conduite désordonnée, et sa réputation et une partie des bénéfices qu’il était appelé à recueillir dans la succession de son oncle l’abbé Desportes.

Il entend très souvent lire les poésies de son oncle, plus respecté à Chartres que tout autre poète, et commence à l’imiter par de petits poèmes satiriques sur les honnêtes bourgeois qui fréquentent le tripot de son père. Il monte ensuite à Paris auprès de son oncle. À vingt ans, il s’attache au service du cardinal de Joyeuse, et, en 1595, fait à sa suite un premier voyage à Rome. Il commence à écrire ses Satires. En 1601, il fait un second voyage à Rome, dans la suite de Philippe de Béthune, nommé ambassadeur par Henri IV, et y reste jusqu’en 1605. Il y écrit sa sixième Satire, mais ne tire guère avantage de ce voyage et revient triste et dégoûté de tout.

De retour à Paris, il rencontre les poètes célèbres de l’époque. Nourri des auteurs anciens, et en particulier d’Horace, Régnier, doué d’un rare bon sens et d’une riche imagination, « donne au langage français une précision, une énergie et une richesse nouvelle pour l’époque[1] ». On peut retenir parmi les jugements sur ce poète, celui de Madeleine de Scudéry, dans la Clélie : « […] Regarde, lui dit-elle, cet homme négligemment habillé et assez mal-propre ; il se nommera Régnier, sera neveu de Desportes et méritera beaucoup de gloire. Il sera le premier qui fera des satires en françois ; et, quoiqu’il ait regardé quelques originaux fameux parmi ceux qui l’auront précédé, il sera pourtant un original en son temps. Ce qu’il fera bien sera excellent, et ce qui sera moindre, sera toujours quelque chose de piquant. Il peindra les vices avec naïveté et les vicieux fort plaisamment. Enfin, il se fera un chemin particulier parmi les poètes de son siècle, où ceux qui voudront le suivre s’égareront bien souvent. »

L’épitaphe si connue qu’il s’est composée lui-même est la fidèle expression de son caractère :

« J’ai vescu sans nul pensement,
Me laissant aller doucement
A la bonne loy naturelle,
Et si m’estonne fort pourquoi
La mort osa songer Ă  moi
Qui ne songeay jamais Ă  elle.
»

Sa vie de dĂ©bauche et de bohème l’empĂŞche d’accĂ©der Ă  la reconnaissance. Il meurt, poursuivi par la maladie et le chagrin, dans une « hostellerie » de la ville de Rouen, Ă  l’âge de 40 ans.

Ĺ’uvres

Au Roy dans son œuvre publié en 1733.
  • Satires N° I Ă  XVI ;
  • Épitres ;
  • ÉlĂ©gies ;
  • PoĂ©sies diverses ;
  • PoĂ©sies spirituelles ;
  • PoĂ©sies attribuĂ©es Ă  RĂ©gnier.
Publications postérieures
  • Ĺ’uvres complètes de Mathurin RĂ©gnier, avec des notes littĂ©raires de Prosper Poitevin. Éditions Garnier, Paris, 1860.
  • Oeuvres complètes de Mathurin Regnier sur gallica.bnf.fr
  • Oeuvres de Mathurin Regnier, publiĂ©es avec prĂ©face, notes et glossaire par Louis Lacour, E. Flammarion successeur (Librairie des Bibliophiles), Paris, s.d. (avant 1925), 225 p.
  • Ĺ’uvres Complètes, Éditions Fernand Roches, Paris, 1930
  • Ĺ’uvres Complètes, SociĂ©tĂ© d’édition Les Belles Lettres, 1954, brochĂ©

Hommages

  • Sa ville natale, Chartres, honore sa mĂ©moire avec une rue portant son nom, reliant le boulevard Chasles et la place des Halles. Sur cette mĂŞme place, une stèle lui rend hommage, ainsi qu'Ă  son oncle Philippe Desportes. Dans le quartier de La Madeleine, se trouve Ă©galement le collège Mathurin-RĂ©gnier. Une rue de Maintenon, près de Chartres, porte Ă©galement son nom.
  • Une rue de Paris porte son nom, dans le 15e arrondissement, entre la rue de Vaugirard et la rue Dutot. Il existe aussi une rue portant son nom Ă  Perpignan, dans le quartier de la gare.
  • En 1842, Alfred de Musset lui fait honneur dans son poème Sur la paresse.
  • Vers 1846, Eugène Delacroix rĂ©alise Ă  l'aquarelle et Ă  la gouache un dessin le reprĂ©sentant.
  • Hommages Ă  Mathurin RĂ©gnier
  • Maison natale de Mathurin RĂ©gnier, rue Mathurin RĂ©gnier.
    Maison natale de Mathurin RĂ©gnier, rue Mathurin RĂ©gnier.
  • Stèle, place des Halles.
    Stèle, place des Halles.
  • Dessin d'Eugène Delacroix.
    Dessin d'Eugène Delacroix.

Notes et références

Notes

    Références

    1. Bibliographie d'éditions originales ou rares d'auteurs français des XVe, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Volume V page 392, par Avenir Tchemerzine ; Paris : Éditions des bibliothèques nationales de France (1936).

    Voir aussi

    Bibliographie

    Articles connexes

    Bases de données et dictionnaires

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