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Jean Rosay

Jean Rosay, né le à Chevrier (Haute-Savoie), et mort en déportation en Allemagne, au camp de Bergen-Belsen, entre le et le , est un prêtre catholique français.

Jean Rosay
Nom de naissance Jean Joseph Rosay
Naissance
Chevrier, Haute-Savoie
Décès Entre le et le
Bergen-Belsen Allemagne
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Autres activités
Distinctions

Biographie

Jean Joseph Rosay voit le jour le [1] à Chevrier. Il est ordonné prêtre le , puis est nommé en poste à Marnaz, comme vicaire en 1926, puis une première cure à Franclens, en 1934. Il prend possession de la cure de Douvaine, en mars 1941.

Il développe là les mouvements de jeunesse et d'adulte et milite dans les groupes de Témoignage chrétien[2], avec le curé de Monnetier-Mornex, le père Jules César Dompmartin et le curé Marius Jolivet, de Collonges-sous-Salève[3]. Il ouvrira même une école libre. Il est hostile à l'occupation nazie, et rassemble des éléments croyants, membre de la Jeunesse agricole catholique et des non croyants, constituant un embryon de noyau de résistance. Son presbytère devient rapidement un lieu d'accueil et de refuge transitoire pour tous les candidats à l'exil forcé, au service de l'Amitié chrétienne et de la CIMADE. Il organise avec Perod, l'instituteur, une filière structurée, proche de la frontière Suisse. Ils seront des centaines à utiliser ce réseau.

Il préserve les jeunes du service du travail obligatoire, aucun des jeunes de sa paroisse n'est parti en Allemagne.

Au début de 1944, il demanda à la sœur Jeanne Berchmans, née Marie Meienhofer, de cacher trois personnes d'une famille juive de Vienne, dans le couvent de la congrégation du Sacré-Cœur à Thonon-les-Bains, Mme Wittels et ses deux enfants, Renée et Bruno, qui y passèrent toute la durée de la guerre.

Lorsqu'il est arrĂŞtĂ© dans la nuit du au , Ă  deux heures du matin, comme passeur Ă  l'Ă©tranger de rĂ©fractaires, de juifs, de rĂ©sistants et autres terroristes selon les autoritĂ©s allemandes. Il passe en effet des agents anglais, parachutistes et aviateurs abattus au-dessus de la France, et parmi les quelques personnalitĂ©s croisĂ©es : le colonel Verduraz ; Jean-Marie Soutou, futur ambassadeur et l'un des fondateurs de TĂ©moignage chrĂ©tien ; Xavier de Gaulle[4]. Dans cette affaire sont arrĂŞtĂ©s Ă©galement deux agriculteurs du village, Joseph Lançon, dĂ©jĂ  pris en 1943 puis relâchĂ©, vivant depuis dans la clandestinitĂ©, et François Perillat, originaire de la Tuillière, un hameau de Veigy-Foncenex, ils mourront tous deux Ă  HersbrĂĽck. Avec le père AndrĂ© Figuet, directeur de l'orphelinat, tout le monde est expĂ©diĂ© Ă  l'hĂ´tel Pax Ă  Annemasse : la Gestapo vient de dĂ©manteler un des plus gros rĂ©seau de passage en Suisse. Jean Rosay avoue tout, craignant que les allemands ne retournent au presbytère, ce qu'il ne feront pas, tenant le chef du rĂ©seau. Après cinq jours de dĂ©tention, AndrĂ© Figuet est remis en libertĂ© par Meyer, le chef local de la gestapo. Les autres sont transfĂ©rĂ©s Ă  Compiègne le 12 mars, et partent en dĂ©portation Ă  Auschwitz le , il signalera dans une lettre que « le voyage fut pĂ©nible ». En fait il y eut plusieurs morts, enfermĂ©s Ă  cent vingt dans des wagons, sans boire ni manger. ÉvacuĂ© Ă  Birkenau en dĂ©cembre 1944, Gross-Rosen le , oĂą il est le dernier prĂŞtre retrouvĂ© sur place, et Nordhausen le , pour finir, il arrive extĂ©nuĂ© au mouroir de Bergen-Belsen sous le matricule « 186.350 Â»[5], après avoir fait les voyages dans des wagons Ă  charbon dĂ©couverts par un froid glacial sous la pluie et la neige. Partis six mille, ils n'arriveront que deux mille. C'est ici qu'il mourra entre le 10 et le , quelques jours avant la libĂ©ration du camp par les Anglais[6].

Raymond Loure dit qu'au camp d'Auschwitz : « c'était un homme exemplaire, un être extraordinaire qui m'a sauvé la vie, tellement rayonnant que les SS et les kapos hésitaient devant lui. Il essayait par tous les moyens de sauver les hommes, de les soustraire à certains travaux, de les cacher à des endroits invraisemblables. Il était souvent parmi les Juifs. Je pense que c'est lui qui m'a fait entrer comme coiffeur à l'hôpital SS… Lors de l'évacuation du camp, il était dans le même wagon que moi, apaisant nos angoisses et nos cris, puis nous donnait la communion. Il avait gardé une demi-boule de pain afin d'offrir cet ultime réconfort aux mourants, ce geste est gravé à jamais dans mon cœur. »

Une plaque à sa mémoire orne la nef de l'église de Douvaine.

Reconnaissances

Notes et références

  1. Archives départementales de la Haute-Savoie, registre des naissances (1861-1919) de la commune de Chevrier.
  2. Site MĂ©moire des Hommes
  3. Gabriel Granjacques, Les juifs au pays du Mont-Blanc, St Gervais, Megève, éd. La Fontaine de Siloè, 2007. P. 211/295pp.
  4. Michel Germain, Le Maquis de l'Espoir, chronique de Haute-Savoie, au temps…, Éd, La Fontaine de Siloè, 1994, p.44.
  5. Site de la Fondation pour la MĂ©moire de la DĂ©portation
  6. Histoire de Veigy-Foncenex, Des héros Chablaisiens.
  7. Site du Comité français pour Yad Vashem.

Annexes

Bibliographie

  • Raymond Loure, Jean Rosay.
  • « Rosay, père Jean-Joseph », dans Israel Gutman, Lucien Lazare, Dictionnaire des Justes de France, JĂ©rusalem et Paris, Yad Vashem et Arthème Fayard, (ISBN 2-213-61435-0), p. 501.
  • Notes de Mr Sorrel : RDA. 7 et 21.3.1946 ; Le Courrier savoyard, 9.3.1946. ; Mr Dechavassine :Nouveau supplĂ©ment. p. 1042 ; O. Munos, Les passages clandestins entre la Haute-Savoie et la Suisse, pendant la Seconde guerre mondiale, MM UniversitĂ© de Grenoble II., 1984 ; A. Perrot et al., Ma vie pour la tienne, Fribourg, 1987 ; C. Bochaton, La filière douvainoise, MM UniversitĂ© de Grenoble II, 1988.

Articles connexes

Liens externes

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