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Bataille de Svolder

La bataille de Svolder, ou bataille de Swold[note 1], est une bataille navale qui s'est d√©roul√©e en l'an 999 ou 1000 dans la mer Baltique, opposant le roi de Norv√®ge Olaf Tryggvason √† une alliance de ses ennemis. Les enjeux de la bataille concernent le processus d'unification de la Norv√®ge en un √Čtat unique, la volont√© de longue date des Danois de contr√īler le pays et la diffusion du christianisme en Scandinavie.

Bataille de Svolder
Description de cette image, également commentée ci-après
La bataille de Svolder par Otto Sinding.
Informations générales
Date septembre 999 ou 1000
Lieu dans l'√ėresund ou pr√®s de R√ľgen
Issue Défaite norvégienne
Belligérants
NorvègeDanemark
Suède
Jarls de Lade (Norvège)
Forces en présence
11 navires70 navires environ
Pertes
tous les navires sont capturésinconnues mais vraisemblablement lourdes
Coordonn√©es 55¬į 45‚Ä≤ nord, 12¬į 45‚Ä≤ est

L'emplacement de la bataille n'est pas clairement √©tabli, notamment du fait de la profonde modification des c√ītes de la Baltique au cours des si√®cles ; les historiens la situent g√©n√©ralement soit dans l'√ėresund, soit pr√®s de l'√ģle de R√ľgen.

En exp√©dition sur les c√ītes sud de la Baltique, Olaf, le roi de Norv√®ge, tombe dans une embuscade tendue par une alliance compos√©e du roi de Danemark Sven √† la Barbe Fourchue, du roi de Su√®de Olof Sk√∂tkonung et du Norv√©gien √Čric H√•konsson, jarl de Lade. Pris par surprise, Olaf doit affronter une force largement sup√©rieure d'au moins 70 navires avec seulement 11 navires[1]. Arrim√©s les uns aux autres en une formation d√©fensive, ses navires sont captur√©s l'un apr√®s l'autre jusqu'√† la prise de son navire amiral, le Grand Serpent (Ormen Lange en vieux norrois), par le jarl √Čric. Olaf se jette alors √† la mer, mettant fin aux combats. Apr√®s la bataille, la Norv√®ge est confi√©e √† la gestion des jarls de Lade, en tant que fief des rois de Danemark et de Su√®de.

Les √©crits les plus d√©taill√©s sur l'√©v√©nement, les sagas royales, sont r√©dig√©s environ deux si√®cles apr√®s son d√©roulement. Historiquement peu fiables, elles offrent un r√©cit litt√©raire d√©taill√© de la bataille et des √©v√©nements qui l'ont entra√ģn√©e. Les sagas attribuent les causes de la bataille √† la proposition malheureuse de mariage d'Olaf Tryggvason √† Sigrid Storr√•da et √† son mariage probl√©matique avec Tyra, la sŇďur de Sven de Danemark. Au d√©but de la bataille, Olaf est mis en sc√®ne injuriant les flottes danoises et su√©doises √† coup de bravades et d'insultes ethniques, tandis qu'il reconna√ģt qu'√Čric H√•konsson et ses hommes sont dangereux, √©tant Norv√©giens comme lui. L'√©pisode le plus connu de la bataille est le bris de l'arc d'Einarr √ěambarskelfir qui annonce la d√©faite d'Olaf.

Dans les si√®cles qui suivent, la description de la bataille faite par les sagas, notamment par la Heimskringla de Snorri Sturluson, inspire de nombreuses Ňďuvres litt√©raires. Magnifi√© par ces r√©cits, le roi Olaf devient un personnage mythique de la litt√©rature nordique.

Sources

Parmi tous les récits de la bataille de Svolder présents dans de nombreuses sources médiévales, celui qu'en fait Snorri Sturluson dans la Heimskringla est le plus connu et le plus influent sur les travaux historiques et littéraires modernes.

La bataille de Svolder est mentionnée dans de nombreuses sources historiques. Le premier document écrit qui y fasse référence est le fait d'Adam de Brême (vers 1080), qui en donne le déroulement du point de vue danois, d'après les données fournies par Sven II de Danemark. L'historien danois Saxo Grammaticus réutilise le récit d'Adam de Brême et le complète dans sa Gesta Danorum (vers 1200).

En Norv√®ge, les trois histoires synoptiques, Historia de Antiquitate Regum Norwagiensium, Historia Norwegiae et √Āgrip af N√≥regskonungas√∂gum (vers 1190), pr√©sentent toutes le m√™me bref r√©cit de la bataille. Les sagas royales islandaises pr√©sentent un traitement plus complet de l'√©v√©nement, √† commencer par Oddr Snorrason dans sa saga d'Olaf Tryggvason (vers 1190). Travaillant √† partir de la po√©sie scaldique, de traditions orales, d'exemples europ√©ens connus et de sa propre imagination, Oddr construit un r√©cit tr√®s d√©taill√© de la bataille[2]. Ce travail est repris dans les sagas islandaises tardives comme la Fagrskinna et l'Heimskringla (vers 1220), qui comportent toutes deux des ajouts de citations de vers scaldiques. Trois po√®mes islandais du d√©but du XIIIe si√®cle pr√©sentent un int√©r√™t historique : N√≥regs konungatal, Rekstefja et √ďl√°fsdr√°pa Tryggvasonar. L'immense √ďl√°fs saga Tryggvasonar en mesta (vers 1300) combine plusieurs des Ňďuvres pr√©c√©dentes pour former le dernier, le plus long et, finalement, le moins fiable des r√©cits.

Des po√®mes scaldiques contemporains des √©v√®nements, comme l'Ňďuvre de Hallfre√įr l'ennuyeux au service d'Olaf Tryggvason, relatent √©galement la bataille. Hallfre√įr n'√©tait pas pr√©sent lors de l'√©v√©nement mais il collecte des informations sur le sujet a posteriori dans le cadre de la r√©alisation d'un pan√©gyrique d'Olaf. Du c√īt√© d'√Čric, on poss√®de de nombreuses stances de Halld√≥rr √≥kristni, qui parle de la bataille s'√©tant d√©roul√©e ¬ę l'ann√©e derni√®re ¬Ľ et conte la capture par √Čric du Grand Serpent, le navire d'Olaf. On trouve √©galement des vers narrant les combats dans l'√©l√©gie d'√Čric compos√©e par √ě√≥r√įr Kolbeinsson, probablement autour de 1015. Enfin, Sk√ļli √ěorsteinsson, qui combat aux c√īt√©s d'√Čric durant la bataille, raconte l'affrontement dans des vers compos√©s dans sa vieillesse[3].

Concernant l'importance accord√©e par les historiens contemporains aux sources provenant de la po√©sie scaldique en tant que source la plus fiable, il faut rappeler que les po√®mes ne nous sont pas parvenus ind√©pendamment mais sous forme de citations dans les sagas royales. Apr√®s deux si√®cles de tradition orale, il est possible que les po√®mes n'aient pas tous √©t√© pr√©cis√©ment transmis et correctement attribu√©s. De plus, l'objectif premier de la po√©sie scaldique n'est pas de transmettre des informations, mais plut√īt de traduire de mani√®re artistiques des faits d√©j√† connus des auditeurs[4]. Les historiens se replient fr√©quemment sur les r√©cits des sagas, moins fiables mais plus d√©taill√©s.

Contexte

Durant le Haut Moyen √āge, la Norv√®ge est divis√©e en de nombreux petits royaumes ind√©pendants, souvent rivaux, sans pouvoir central fort. Dans l'historiographie traditionnelle, l'av√®nement de Harald √† la Belle Chevelure au IXe si√®cle marque le d√©but du processus d'unification du pays et de consolidation du pouvoir royal[note 2]. Les h√©ritiers d'Harald, de m√™me que les autres pr√©tendants au tr√īne, doivent cependant encore compter avec des pouvoirs r√©gionaux forts, comme celui des jarls de Lade dans le nord ou celui des ma√ģtres du Vingulmark dans l'est, tandis que les rois du Danemark proclament leur souverainet√© sur certaines r√©gions du sud et cherchent √† s'allier √† certains seigneurs norv√©giens pour accroitre leur influence. La diffusion du christianisme constitue √©galement un fait politique marquant de la fin du Xe si√®cle[5].

Proclamé roi en 995, Olaf Tryggvason se lance rapidement dans la conversion de la Norvège au christianisme, utilisant tous les moyens à sa disposition.

Dans les ann√©es 970, H√•kon Sigurdsson, jarl de Lade, devient l'homme le plus puissant de Norv√®ge, gr√Ęce au soutien initial de Harald √† la Dent bleue, roi du Danemark, dont il devient le vassal. Ils se brouillent cependant rapidement pour des questions religieuses, Harald souhaitant convertir la Norv√®ge au christianisme quand H√•kon reste un ardent d√©fenseur des religions pa√Įennes traditionnelles. En 995, H√•kon est renvers√© et le jeune chef Olaf Tryggvason, un chr√©tien, monte sur le tr√īne.

Parall√®lement √† son rejet de l'autorit√© danoise, Olaf se donne pour objectif de convertir la Norv√®ge et ses colonies de l'ouest aussi rapidement et compl√®tement que possible. Usant de menaces, tortures et ex√©cutions, Olaf parvient √† vaincre la r√©sistance pa√Įenne et en quelques ann√©es, au moins officiellement, la Norv√®ge devient un pays chr√©tien. Le roi Olaf s'est cependant cr√©√© de nombreux ennemi lors de son acc√®s fulgurant au pouvoir. Les plus importants sont le jarl √Čric H√•konsson, fils d'H√•kon, et Sven de Danemark, roi du Danemark, chacun se sentant d√©poss√©d√© de sa part de la Norv√®ge par Olaf[6].

Les int√©r√™ts qui s'affrontent lors de la bataille de Svolder vont diviser la Norv√®ge pour les d√©cennies √† venir, entra√ģnant d'autres batailles majeures, comme celles de Nesjar et de Stiklestad. Le conflit prend fin en 1035, lorsque Magnus le Bon monte sur le tr√īne d'une Norv√®ge chr√©tienne et ind√©pendante[7].

Genèse de la confrontation

Olaf Tryggvason demande Sigrid Storr√•da en mariage, √† condition qu'elle se convertisse au christianisme. √Ä la suite du refus de Sigrid, Olaf la frappe avec un gant. Elle le pr√©vient alors que ce geste pourrait entra√ģner sa mort[8].

Il n'y a rien √† tirer des po√®mes scaldiques contemporains sur les causes de la bataille. Adam de Br√™me rapporte que la femme danoise d'Olaf Tryggvason, Tyra, le pousse √† d√©clarer la guerre au Danemark[9]. La nouvelle de l'alliance entre Sven de Danemark et Olof de Su√®de provoque la col√®re d'Olaf, qui d√©cide de passer √† l'attaque[10]. √Āgrip et Historia Norwegie font un r√©cit similaire. Quand Tyra, la sŇďur de Sven, √©pouse Olaf, Sven refuse de payer la dot promise. Insult√©, Olaf lance une exp√©dition contre le Danemark. Impatient d'attendre le rassemblement des forces en provenance de toute la Norv√®ge, il se d√©cide de partir sans tarder et prend la mer avec seulement 11 navires, attendant que le reste des troupes suive. Cet espoir ne se r√©alisant pas, il prend le chemin du Wendland (la Pom√©ranie) √† la recherche d'alli√©s, avant d'√™tre pris en embuscade par Sven et ses alli√©s[11]. Ces all√©gations sont contredites par un vers contemporain de Halld√≥rr √≥kristni, qui rapporte qu'Olaf Tryggvason venait du sud √† son arriv√©e sur le site de la bataille[12].

Olaf offre à Tyra du Danemark une racine d'angélique. Il la trouve en train de pleurer et Tyra lui reproche de ne pas avoir le courage de quitter la Norvège par crainte de son frère Sven à la barbe fourchue[13].

Oddr Snorrason propose un récit complet des problèmes provenant des mariages de Tyra. Il raconte qu'elle est la fiancée puis qu'elle épouse le roi des Wendes, Boleslas Ier de Pologne, qui reçoit une généreuse dot pour cette union. Tyra ne souhaite cependant pas cette union et se laisse mourir de faim après la cérémonie de mariage. Boleslas la renvoie au Danemark, et elle s'arrange ensuite pour épouser Olaf Tryggvason, au déplaisir de son frère Sven. La femme de Sven, Sigrid Storråda, une opposante féroce d'Olaf, convainc Sven de lui déclarer la guerre. Sven conspire alors avec le jarl Sigvaldi et le roi Olof de Suède pour attirer Olaf dans un piège. Olaf Tryggvason voyage vers le pays des Wendes pour récupérer la dot de Tyra auprès du roi Boleslas et, une fois sur place, a vent des rumeurs d'un piège qui lui est tendu. Sigvaldi arrive alors et lui assure que ces rumeurs sont fausses. Sur la foi des dires de Sigvaldi, Olaf renvoie une partie de sa flotte, car ses hommes sont impatients de rentrer. Il n'a alors à sa disposition qu'une armée réduite quand il est pris en embuscade près de Svolder[14].

La Fagrskinna et la Heimskringla reprennent largement les éléments fournis par Oddr en les simplifiant, mais divergent néanmoins par certains aspects. Selon la Heimskringla, Sigvaldi voyage depuis le pays des Wendes avec Olaf et une flotte wende pour le mener sur le lieu de l'embuscade.

Quelle que soit la v√©racit√© des d√©tails pr√©sent√©s ci-dessus, il est clair que Sven, Olof et le jarl √Čric H√•konsson ont de fortes raisons de s'opposer √† Olaf Tryggvason. Olaf a pris le contr√īle du Viken, dans le sud de la Norv√®ge, une r√©gion qui est longtemps rest√©e sous contr√īle danois. Olaf et Sven ont combattu en Angleterre ensemble, mais Olaf conclut la paix pendant que Sven continue √† se battre. Sven est en bons termes avec Olof de Su√®de et a √©pous√© sa sŇďur, ce qui en fait des alli√©s naturels[note 3]. Enfin, √Čric a √©t√© spoli√© de ses possessions, de m√™me que son p√®re, le jarl H√•kon, par Olaf Tryggvason, dont il souhaite tr√®s probablement se venger.

√Ä partir des r√©cits contradictoires des diverses sources, les historiens ont tent√© de reconstruire la s√©quence probable des √©v√©nements qui m√®nent √† la bataille de Svolder. Il est probable qu'Olaf Tryggvason soit effectivement sur la route du retour en Norv√®ge depuis le pays des Wendes quand il est pris dans une embuscade. Les sagas royales exag√®rent probablement l'importance de Tyra et de ses mariages. S'il est possible qu'Olaf cherche √† r√©cup√©rer la dot de Tyra, il est plus plausible qu'il s'attende √† la guerre et soit parti √† la recherche d'alli√©s chez les Wendes dans cette perspective, sans grand succ√®s. Le personnage de Sigvaldi reste assez √©nigmatique, mais il para√ģt av√©r√©, selon les po√®mes scaldiques, qu'il a effectivement trahi Olaf[15].

Datation et localisation

La pierre runique 66 d'Aarhus, datant de l'√Ęge des Vikings, c√©l√®bre un homme ayant ¬ę trouv√© la mort o√Ļ les rois combattent ¬Ľ. L'√©v√©nement auquel il est fait r√©f√©rence pourrait √™tre la bataille de Svolder.

Toutes les sources fournissant une date s'accordent sur le fait que la bataille s'est d√©roul√©e en l'an 1000. La plus ancienne source datant la bataille est l'√ćslendingab√≥k, √©crit vers 1128, qui pr√©cise que l'affrontement s'est d√©roul√© en √©t√©. Oddr Snorrason ajoute que la bataille est ¬ę comm√©mor√©e pour les hommes qui y sont tomb√©s le 3e ou le 4e jour des ides de septembre[16] ¬Ľ, soit le 10 ou 11 septembre. La grande saga d'Olaf Tryggvason (√ďl√°fs saga Tryggvasonar en mesta) rapporte que la bataille s'est d√©roul√©e le 9 septembre, date sur laquelle d'autres sources s'accordent. Du fait que certains historiens m√©di√©vaux consid√©raient le mois de septembre comme la fin de l'ann√©e, il est possible que l'ann√©e en question soit en fait l'an 999[17].

La localisation de la bataille ne peut pas √™tre pr√©cis√©e avec certitude. Selon Adam de Br√™me, l'affrontement a lieu dans l'√ėresund[10]. √Āgrip et Historia Norwegiae le situent √©galement sur les c√ītes de Seeland[11]. Theodoricus le place ¬ę pr√®s de l'√ģle appel√©e Sv√∂ldr ; situ√©e pr√®s du pays des Wendes[18] ¬Ľ. La Fagrskinna parle d'une ¬ę √ģle au large de la c√īte du Vin√įland... appel√©e Sv√∂l√įr ¬Ľ[19]. Oddr Snorrason et l'Heimskringla s'accordent sur le nom de l'√ģle mais ne pr√©cisent pas sa situation[20]. Une stance de Sk√ļli √ěorsteinsson parle de ¬ę l'embouchure de Svolder ¬Ľ, sugg√©rant que Svolder est √† l'origine le nom d'une rivi√®re que les peuples scandinaves, peu familiers de la g√©ographie wende, ont transform√© en √ģle[21]. Les Annales de Ryd danoises sont l'unique source pla√ßant la bataille dans la Schlei, dans le Schleswig-Holstein[22]. Les historiens modernes sont divis√©s sur la question, certains situant la confrontation pr√®s de l'√ģle allemande de R√ľgen quand d'autres pr√©f√®rent l'Oresund.

Composition des flottes

Les sources norroises s'accordent √† dire qu'Olaf Tryggvason combat contre une force largement sup√©rieure. La Fagrskinna, par exemple, indique qu'il ne poss√®de qu'une petite flotte et que la mer autour de lui est ¬ę tapiss√©e de vaisseaux de guerre ¬Ľ[23]. Les sources sp√©cifiant le nombre de navires pr√©cisent qu'Olaf poss√®de 11 navires mais divergent sur l'√©tendue de la flotte alli√©e.

Nombre de navires suivant diverses sources
Source Olaf Tryggvason Olof de Su√®de √Čric H√•konsson Sven de Danemark Total alli√© Ref.
Oddr Snorrason 11601960139[24]
√Āgrip 1130223082[25]
Historia Norwegie 1130113071[26]
Theodoricus monachus 11---70[18]
Rekstefja 111556080[27]

Même si les sagas s'accordent sur le fait qu'Olaf Tryggvason n'a que 11 bateaux à sa disposition lors de la bataille, certaines citent un vers de Halldórr ókristni qui avance qu'Olaf possède 71 navires lorsqu'il prend la mer depuis le sud. Les sagas expliquent cette discordance par le fait qu'une partie des 71 navires appartient au jarl Sigvaldi, qui abandonne Olaf, et que d'autres passent au travers du piège à Svolder avant le déclenchement des combats.

Les sagas d√©crivent trois navires parmi la flotte d'Olaf Tryggvason. Selon la Heimskringla, la Grue est un long navire de tr√®s grande taille, ¬ę un trente-bancs qui √©tait haut √† la proue et √† la poupe mais qui n'√©tait pas d'une grande largeur[28] ¬Ľ. Il est au service du roi Olaf et utilis√© comme vaisseau amiral √† l'occasion.

Olaf a confisqu√© le second de ses principaux vaisseaux √† un pa√Įen qu'il tortura √† mort apr√®s son refus de se convertir au christianisme. Le roi Olaf ¬ę d√©cida de le barrer en personne, parce que c'√©tait un navire beaucoup plus grand et beaucoup plus beau que la Grue. Il pr√©sentait √† l'avant une t√™te de dragon et √† l'arri√®re une boucle qui revenait en pointe telle une queue, et aussi bien le cou que la base de la boucle √©taient lam√©s d'or, de m√™me que toute la proue. Le roi donna √† ce navire le nom de Serpent parce que, quand sa voile √©tait hiss√©e, on e√Ľt dit un dragon d√©ployant ses ailes. C'√©tait le plus beau navire de toute la Norv√®ge[29] ¬Ľ.

Le Grand Serpent est le ¬ę meilleur navire jamais construit en Norv√®ge et le plus co√Ľteux ¬Ľ.

Le troisième navire amiral d'Olaf, le Grand Serpent, est un navire légendaire, mentionné dans de nombreuses anecdotes des sagas.

¬ę C'√©tait un dragon, construit sur le mod√®le du Serpent que le roi avait ramen√© du Halogaland, mais ce navire √©tait plus grand et beaucoup plus soign√© √† tous √©gards. Il l'appela le Grand Serpent et donna le nom de Petit Serpent √† l'autre navire. Le Grand Serpent √©tait un trente-quatre bancs ; les t√™tes et la boucle √©taient enti√®rement lam√©es d'or, et la muraille √©tait aussi √©lev√©e que celle des b√Ętiments de haute mer. C'est le navire qui, en Norv√®ge, fut construit avec le plus de soin et √† plus grands frais[30]. ¬Ľ

Le seul navire alli√© d√©crit est celui d'√Čric, l'√Čtrave-de-Fer. Selon la Fagrskinna, il s'agissait du plus grand de ¬ę tous les navires[31] ¬Ľ. La Heimskringla donne plus de d√©tails :

¬ę Le duc √Čric avait un navire de guerre extr√™mement grand, sur lequel il √©tait accoutum√© de partir en exp√©dition viking. Le massif de l'√©trave, de m√™me que celui de l'√©tambot, √©tait h√©riss√© de pointes de fer dans sa partie sup√©rieure, tandis que dans sa partie inf√©rieure il √©tait recouvert sur toute la largeur d'une √©paisse plaque de fer qui descendait jusqu'√† la ligne de flottaison[32]. ¬Ľ

Bataille

Prémices de la bataille : évaluation des forces en présence

Il est peu probable que les auteurs des sagas aient eu des informations précises sur les détails de la bataille, au-delà des récits épars des poèmes qui leur ont été transmis. Cependant, à commencer par Oddr Snorrason, ils présentent un récit littéraire élaboré, dépeignant les principaux participants dans leurs pensées et leurs actions.

Les navires d'Olaf Tryggvason passent devant le point d'ancrage de ses ennemis, dans une longue colonne en d√©sordre, n'imaginant pas une attaque imminente. Bien plac√©s pour observer la flotte, le jarl √Čric et les deux rois devisent sur les navires qui d√©filent sous leurs yeux. Sven et Olaf sont impatients d'engager le combat, √Čric √©tant d√©peint comme le plus prudent et le plus fin connaisseur des forces norv√©giennes.

√Ä l'apparition progressive de navires de plus en plus imposants, les Danois et les Su√©dois pensent √† chaque fois √™tre devant le Grand Serpent et souhaitent syst√©matiquement lancer l'attaque. √Čric les convainc cependant d'attendre gr√Ęce √† ses commentaires avis√©s[note 4].

¬ę Ce n'est pas le navire du roi Olaf. Je connais ce navire pour l'avoir souvent vu. C'est celui d'Erling Skjalgsson de J√¶ren, et il ne vaut mieux pas l'attaquer par la poupe. Il est manŇďuvr√© par de tels hommes que, si nous voulons atteindre le roi Olaf Tryggvason, nous apprendrons vite qu'il vaudrait mieux pour nous de trouver un passage parmi sa flotte que livrer bataille √† ce navire[33]. ¬Ľ

Quand √Čric consent enfin √† l'attaque, Sven se vante de pouvoir commander le Grand Serpent avant la fin de la journ√©e. √Čric lui fait discr√®tement remarquer qu'avec ses seuls soldats danois, le roi Sven ne prendrait jamais ce navire[33]. Au moment de l'attaque des alli√©s, le point de vue change pour se tourner depuis la flotte norv√©gienne.

Apr√®s avoir aper√ßu l'ennemi, Olaf a encore la possibilit√© d'utiliser la voile et la rame pour fuir l'embuscade et √©chapper √† ses ennemis, mais il refuse la fuite et s'appr√™te √† livrer bataille avec les onze navires qui lui restent √† proximit√©. En voyant la flotte danoise par√©e derri√®re lui, il commente : ¬ę Nous n'avons rien √† craindre de ces poules mouill√©es. Nulle bravoure n'habite le cŇďur des Danois[34]. ¬Ľ De m√™me, Olaf enterre les Su√©dois en r√©f√©rence √† leurs coutumes pa√Įennes :

¬ę Il e√Ľt √©t√© pr√©f√©rable pour les Su√©dois de rester chez eux et de l√©cher leurs coupes sacrificielles plut√īt que d'attaquer le Serpent d√©fendu par vos armes[34]. ¬Ľ

C'est seulement quand Olaf Tryggvason avise le contingent men√© par √Čric H√•konsson qu'il r√©alise que la bataille sera f√©roce, car ¬ę ce sont des Norv√©giens comme nous-m√™mes[35] ¬Ľ. L'emphase mise par les sagas sur le r√īle d'√Čric contraste avec les r√©cits se pla√ßant du point de vue danois, par Adam de Br√™me et Saxo Grammaticus, qui d√©crivent la bataille comme une victoire danoise sur les Norv√©giens, sans la moindre r√©f√©rence au jarl √Čric et √† ses hommes[10].

Engagement des combats

La nature chaotique d'une bataille navale se retrouve dans la peinture de Peter Nicolai Arbo de la bataille de Svolder.

La disposition adopt√©e pour la bataille est celle que l'on observe lors de nombreuses batailles navales au Moyen √āge quand une flotte doit combattre sur la d√©fensive[36]. Olaf place ses navires c√īte √† c√īte, avec son propre navire, le Grand Serpent, au centre de la ligne, la proue d√©passant de l'alignement des autres navires. L'avantage de cette tactique est de lib√©rer les mains des d√©fenseurs pour le combat, de former une barri√®re avec les rames et les vergues des navires et de limiter la capacit√© de l'ennemi √† profiter de sa sup√©riorit√© num√©rique, en r√©duisant le risque d'encerclement de navires isol√©s. Le Grand Serpent est le plus long et le plus haut navire de la flotte, ce qui procure un autre avantage √† ses d√©fenseurs, qui peuvent ainsi faire pleuvoir leurs fl√®ches, javelots et autres projectiles, alors que les assaillants sont oblig√©s de tirer vers le haut. Olaf transforme ainsi ses onze navires en une forteresse flottante.

Les sagas mettent largement en avant les Norv√©giens, louant √Čric H√•konsson pour son intelligence et pour sa vaillance parmi les adversaires d'Olaf Tryggvason. Les Danois et les Su√©dois se pr√©cipitent √† l'assaut de la ligne de form√©e par les navires d'Olaf et sont repouss√©s en souffrant de lourdes pertes humaines et mat√©rielles. Le jarl √Čric attaque par le flanc et lance son navire, le √Čtrave-de-Fer contre le dernier navire de la ligne d'Olaf, qu'il balaye au prix d'une violente attaque puis proc√®de de m√™me envers le navire suivant. De cette mani√®re, les navires prot√©geant les flancs d'Olaf sont √©cart√©s les uns apr√®s les autres jusqu'√† atteindre le Grand Serpent[37].

Einarr √ěambarskelfir

Einarr √ěambarskelfir essaye l'arc du roi et le trouve trop souple.

L'un des √©pisodes les plus connus de la bataille implique Einarr √ěambarskelfir, un archer de la flotte du roi Olaf qui devient plus tard un habile politicien. La Heimskringla d√©crit sa tentative de tuer le jarl √Čric et de sauver ainsi le roi Olaf de la d√©faite :

¬ę [Einar] d√©cocha contre le duc √Čric une fl√®che qui vint se planter dans la t√™te du gouvernail, au-dessus de la t√™te du duc, et s'enfon√ßa jusqu'au f√Ľt. Le duc regarda autour de lui, puis demanda √† ses hommes s'ils savaient d'o√Ļ venait le trait, mais aussit√īt une seconde fl√®che arriva si pr√®s du duc qu'elle vola entre son bras et sa hanche, puis alla se ficher dans le dossier [de l'homme de barre] si profond√©ment que la pointe et une grande partie du f√Ľt en ressortirent. Le duc dit alors √† l'homme qui selon certains s'appelait Finn, mais qui selon d'autres √©tait Finnois, et qui √©tait un excellent tireur √† l'arc : ¬ę Vise le grand gaillard qui est post√© dans la maille √©troite[note 5] ¬Ľ. Finn d√©cocha une fl√®che qui arriva au beau milieu de l'arc d'Einar, au moment m√™me o√Ļ il le bandait pour la troisi√®me fois. L'arc se fracassa alors en deux morceaux.

Le roi Olaf d√©clara alors : ¬ę Qu'est-ce qui vient de se fracasser si bruyamment ? ¬Ľ
Einar r√©pondit ¬ę C'est la Norv√®ge, mon roi, qui vient de se fracasser entre tes mains.
- Ce ne fut pas un si grand fracas, r√©torqua le roi, mais prend mon arc et continue de tirer ¬Ľ, et il lui lan√ßa son arc.

Einar l'attrapa, engagea aussit√īt une fl√®che et tendit l'arc bien au-del√† de la pointe de la fl√®che. Il s'exclama alors : ¬ę Trop souple, trop souple est l'arc du souverain ! ¬Ľ Il rejeta l'arc, se saisit de son bouclier et de son √©p√©e et se mit √† combattre[38]. ¬Ľ

La m√™me histoire est cont√©e dans la Gesta Danorum, √† la diff√©rence qu'Einar y vise Sven et non √Čric[39].

La mort d'Olaf

√Ä la fin de la bataille, √Čric et ses hommes abordent le Grand Serpent.

Au bout du compte, le Grand Serpent est √©cras√© sous le nombre de ses assaillants et Olaf Tryggvason vaincu. Les sources danoises rapportent que, lorsqu'il se rend compte de sa d√©faite, Olaf se suicide en se jetant √† la mer, trouvant ainsi ¬ę une fin digne de sa vie ¬Ľ, selon Adam de Br√™me[10]. Saxo Grammaticus raconte qu'Olaf pr√©f√®re le suicide √† la mort des mains de ses ennemis et se jette par-dessus bord v√™tu de son armure plut√īt que de d'assister √† la victoire de ses adversaires[40]. Les r√©cits norv√©giens et islandais sont moins tranch√©s et plus favorables √† Olaf. Le po√®me comm√©moratif d'Hallfre√įr vandr√¶√įask√°ld, d√©di√© au roi Olaf, fait r√©f√©rence √† des rumeurs selon lesquelles le roi a pu √©chapper √† la mort √† Svolder[41]. Les sagas proposent d'autres versions. L'√Āgrip rapporte ;

¬ę Rien n'est s√Ľr concernant la chute du roi Olaf. On l'a vu, alors que le combat faiblissait, se tenir toujours vivant, perch√© √† l'arri√®re de son navire le Grand Serpent. Mais quand √Čric se dirigea vers la poupe du navire √† sa recherche, une lumi√®re semblable √† un √©clair l'aveugla, et quand la lumi√®re eut disparu, le roi lui-m√™me s'en √©tait all√©[42]. ¬Ľ

D'autres sagas sugg√®rent qu'Olaf trouva son chemin jusqu'√† la c√īte, peut-√™tre avec l'aide d'anges, plus probablement secouru par l'un des navires wendes pr√©sent sur le lieu de la bataille[43]. Apr√®s son √©vasion, Olaf aurait cherch√© le salut de son √Ęme √† l'√©tranger, probablement en rejoignant un monast√®re. Mesta d√©crit une s√©rie d'apparitions du roi en Terre sainte √† la fin des ann√©es 1040[44].

Conséquences de la bataille

Situation de la Norvège en l'an 1000, après la bataille de Svolder, selon la Heimskringla.

Apr√®s la bataille de Svolder, les vainqueurs se partagent la Norv√®ge en plusieurs zones d'influence. La Heimskringla offre la description la plus d√©taill√©e de ce partage, qu'elle d√©crit comme tripartite. Olof de Su√®de re√ßoit quatre districts : une partie du Tr√łndelag, le M√łre, le Romsdal et le Ranrike. Olof donne ses possessions au jarl Svein H√•konsson, son gendre, pour les administrer comme son vassal. Sven de Danemark r√©cup√®re le district du Viken, o√Ļ l'influence danoise s'est toujours faite sentir. Le reste de la Norv√®ge est gouvern√©e par le jarl √Čric H√•konsson, en tant que vassal de Sven[45]. La Fagrskinna, pour sa part, avance que la partie su√©doise consiste en l'Oppland et une partie du Tr√łndelag[46]. Les autres sources sont beaucoup moins pr√©cises.

Les jarls √Čric et Svein s'av√®rent des dirigeants forts et comp√©tents et leur r√®gne prosp√®re. La plupart des sources pr√©cisent qu'ils adoptent le christianisme, mais laissent leurs sujets pratiquer la religion de leur choix. Ce choix entra√ģne un large retour en arri√®re, annulant une grande part de l'Ňďuvre missionnaire du roi Olaf Tryggvason en faveur de la religion chr√©tienne[note 6].

Héritage

Plusieurs facteurs ont contribu√© √† faire de la bataille de Svolder l'une plus c√©l√®bres batailles de l'√Ęge des Vikings. Dans l'historiographie norv√©gienne et islandaise, le roi Olaf Tryggvason est tenu en haute estime, √©tant celui qui a introduit le christianisme dans ces r√©gions du Nord. Sa fin haute en couleur dans une bataille contre des ennemis sup√©rieurs en nombre en fait un sujet de choix pour la litt√©rature. Les po√®tes de la cour du jarl √Čric ont √©galement assur√© √† leur ma√ģtre sa part de gloire.

¬ę La bataille est reconnue pour √™tre la plus fameuse qui se soit jamais d√©roul√©e dans les contr√©es nordiques. Premi√®rement pour la d√©fense h√©ro√Įque men√©e par le roi Olaf et ses hommes √† bord du Grand Serpent. On ne conna√ģt aucun autre cas o√Ļ des hommes se sont d√©fendus aussi longtemps et aussi vaillamment contre des ennemis en nombre aussi √©crasant. Deuxi√®mement pour la f√©rocit√© de l'attaque men√©e par le jarl √Čric et ses hommes, qui a fait l'objet d'une large renomm√©e. La bataille est √©galement tr√®s connue pour l'√©tendue du massacre et le succ√®s du jarl √† prendre un navire qui, jusqu'√† cette √©poque, √©tait le plus grand et le meilleur jamais construit en Norv√®ge, dont les marins disaient que, tant qu'il flotterait, il ne pourrait jamais √™tre pris par les armes face √† des combattants tels que ceux qui le manŇďuvraient[47]. ¬Ľ

Timbre f√©ro√Įen pr√©sentant une sc√®ne de la bataille de Svolder, inspir√© par le po√®me de Jens Christian Djurhuus, Ormurin langi.

En Islande, o√Ļ les sagas royales ont continu√© √† √™tre copi√©es et √©tudi√©es, la bataille a stimul√© l'imagination de nombreux po√®tes. Un cycle de r√≠mur du XVe si√®cle, Sv√∂ldrar r√≠mur, conte le d√©roulement de la bataille en vers, en suivant le r√©cit qu'en fait Oddr Snorrason[48]. Deux autres cycles de r√≠mur sur le m√™me th√®me sont compos√©s au XVIIIe si√®cle, parmi lesquels un nous est parvenu[49]. Au XIXe si√®cle, le po√®te populaire Sigur√įur Brei√įfj√∂r√į compose un autre cycle de r√≠mur sur la bataille, bas√© sur le r√©cit tir√© de √ďl√°fs saga Tryggvasonar en mesta (¬ę La grande saga d'Olaf Tryggvason ¬Ľ)[50].

Avec la mont√©e des nationalismes et du romantisme au XIXe si√®cle, ainsi que le nombre croissant de traductions des sagas, l'int√©r√™t pour la bataille se propage au-del√† de l'Islande. Vers 1830, le po√®te f√©ro√Įen Jens Christian Djurhuus compose une ballade sur la bataille intitul√©e Ormurin langi, d'apr√®s le r√©cit de Snorri Sturluson[51]. La ballade connait un r√©el succ√®s et reste encore l'une des ballades f√©ro√Įennes les plus appr√©ci√©es et les plus connues. En 2002, une version heavy metal du groupe T√Ĺr suscite un int√©r√™t international.

En Norv√®ge, la pi√®ce patriotique Einar Tambarskjelve, √©crite en 1772 par Johan Nordahl Brun, est consid√©r√©e comme un jalon de la litt√©rature norv√©gienne[52]. Plus tard, Bj√łrnstjerne Bj√łrnson √©crit un c√©l√®bre po√®me sur la chute du roi, intitul√© Olav Trygvason[53]. Bj√łrnson collabore √©galement avec Edward Grieg sur un op√©ra √† propos d'Olaf Tryggvason, mais les deux se brouillent avant que l'Ňďuvre ne soit achev√©e. Ragnar S√łderlind termine plus tard l'op√©ra, qui sort finalement en septembre 2000, 1 000 ans apr√®s la bataille de Svolder. S√łderlind emprunte des motifs dits ¬ę du destin ¬Ľ √† Wagner, Beethoven et Liszt, pour les introduire dans la sc√®ne de la bataille[54].

La bataille constitue √©galement une source d'inspiration en dehors de la Scandinavie, notamment au Japon avec un manga de l'artiste RyŇć Azumi[55]. L'Ňďuvre la plus c√©l√®bre en langue anglaise est probablement le cycle d'Henry Longfellow The Saga of King Olaf, tir√© de sa collection de po√®mes publi√©e en 1863 et intitul√©e Tales of a Wayside Inn[56].

Notes et références

Notes

  1. En vieux norrois Sv√∂ld, Sv√∂ldr', Sv√∂l√į ou Sv√∂l√įr.
  2. Les travaux les plus r√©cents consid√®rent plut√īt Harald √† la Belle Chevelure comme un personnage mythique. Voir Jakobsson 2002, p. 230.
  3. Olof de Su√®de pourrait √©galement √™tre un vassal de Sven. Son lien de vassalit√© est sugg√©r√© par son surnom ScotkonungŇďr (Sk√∂tkonung en su√©dois moderne). Ce nom est rapport√© au XIIIe si√®cle mais date probablement d'une √©poque ant√©rieure et signifie, selon Snorri Sturluson, ¬ę roi tributaire ¬Ľ, ce qu'il pr√©sente comme un √©quivalent de jarl. Voir Sawyer 2004, p. 295.
  4. Oddr forme son r√©cit sur le mod√®le d'un √©pisode de la Gesta Caroli Magni de Monachus Sangallensis o√Ļ Didier de Lombardie examine l'arriv√©e des arm√©es de Charlemagne. Voir A√įalbjarnarson 1941, p. cxxx.
  5. La maille étroite constitue la partie située à l'arrière du navire, proche de la poupe, voir Sturluson 2000, p. 648
  6. Ceci selon la Heimskringla et la Fagrskinna, voir Sturluson 2000, p. 351-352 et Finlay 2004, p. 130. Selon Historia Norwegiae et √Āgrip, les jarls ont activement travaill√© √† √©radiquer le christianisme de Norv√®ge, voir Driscoll 1995, p. 35 et Ekrem et Mortensen 2003, p. 101.

Références

  1. Jones 1984, p. 137-138
  2. A√įalbjarnarson 1941, p. xiv-cxxxvi
  3. L'√©dition standard du corpus de po√©sie scaldique demeure le travail de J√≥nsson 1912-1915. Pour les carri√®res de Hallfre√įr, Halld√≥rr, √ě√≥r√įr et Sk√ļli, voir J√≥nsson 1920-1924, p. 544‚Äď564.
  4. Campbell et Keynes 1998, p. 66
  5. Midgaard 1963, p. 23
  6. Midgaard 1963, p. 25‚Äď26
  7. Sawyer et Sawyer 1993, p. 54‚Äď58
  8. Sturluson 2000, p. 297-298
  9. Adam de Brême 1998, p. 93
  10. Adam de Brême 1998, p. 94
  11. Driscoll 1995, p. 33 et Ekrem et Mortensen 2003, p. 97
  12. A√įalbjarnarson 1941, p. cxxvi
  13. Sturluson 2000, p. 329
  14. A√įalbjarnarson 1941, p. cxxxviii-cxxix
  15. A√įalbjarnarson 1941, p. cxxxiii-cxxxiv
  16. Snorrason 2003, p. 134
  17. Einarsdóttir 1967
  18. Theodoricus monachus 1998, p. 18
  19. Finlay 2004, p. 116
  20. Snorrason 2003, p. 115 et Sturluson 2000, p. 335
  21. A√įalbjarnarson 1941, p. cxxxv et Halld√≥rsson 2006, p. cxliii
  22. Baetke 1951, p. 60
  23. Finlay 2004, p. 121
  24. Snorrason 2003, p. 117‚Äď127
  25. Driscoll 1995, p. 33
  26. Ekrem et Mortensen 2003, p. 98-99
  27. Rekstefja vers 15, 16, 18 et 21, [(is) Texte intégral (page consultée le 18 mai 2011)].
  28. Sturluson 2000, p. 306
  29. Sturluson 2000, p. 315
  30. Sturluson 2000, p. 323-324
  31. Finlay 2004, p. 123
  32. Sturluson 2000, p. 338
  33. Snorrason 2003, p. 119
  34. Sturluson 2000, p. 340
  35. Sturluson 2000, p. 341
  36. Nicholson 2003, p. 155
  37. Cette section présente des textes de la 11e édition de l'Encyclopædia Britannica (1911).
  38. Sturluson 2000, p. 344-345
  39. Saxo Grammaticus 1931, 10.12.4.
  40. Saxo Grammaticus 1931, 10.12.5.
  41. Boyer 2008, p. 674
  42. Driscoll 1995, p. 35
  43. Ekrem et Mortensen 2003, p. 99, Snorrason 2003, p. 134 et Theodoricus monachus 1998, p. 18
  44. Sephton (trad.) 1895, p. 465-469, [(en) lire en ligne (page consultée le 20 janvier 2007)].
  45. Sturluson 2000, p. 351-352
  46. Finlay 2004, p. 130
  47. Sephton (trad.) 1895, p. 434, [(en) lire en ligne (page consultée le 20 janvier 2007)].
  48. Vers imprimés dans Jónsson 1912-1915.
  49. Sigmundsson 1966, p. 459‚Äď460
  50. Première édition en 1833, nombreuses rééditions.
  51. Voir [(fo) Heimskringla : Ormurin Lang (page consultée le 19 mai 2011)] pour une version en ligne de l'édition de 1925.
  52. Naess 1993, p. 77
  53. Voir [Olaf Trygvason - Traduction anglaise sur Gutenberg.org (page consultée le 19 mai 2011)]
  54. Levin 2002
  55. Voir [(ja) Ebookjapan (page consultée le 19 mai 2011)] et [(ja) Biglobe: Manga art of the battle. (page consultée le 19 mai 2011)].
  56. Voir [(en) Henry Wadsworth Longfellow : The Saga of King Olaf (page consultée le 19 mai 2011)].

Pour approfondir

Ouvrages historiques et traductions

  • (is) Bjarni A√įalbjarnarson, √ćslenzk fornrit XXVI : Heimskringla I, Reykjavik, Hi√į √≠slenzka fornritaf√©lag,
  • Adam de Br√™me (trad. du latin par Jean-Baptiste Brunet-Jailly), Histoire des archev√™ques de Hambourg [¬ę Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum ¬Ľ], Paris, Gallimard, coll. ¬ę L'aube des peuples ¬Ľ, , 317 p. (ISBN 2-07-074464-7)
  • (en) Alistair Campbell et Simon Keynes, Encomium Emmae Reginae, Cambridge, Cambridge University Press, , 112 p. (ISBN 0-521-62655-2, pr√©sentation en ligne)
  • (en) Matthew James Driscoll, √Āgrip af N√≥regskonungas«ęgum, Londres, Viking Society for Northern Research, , 126 p. (ISBN 0-903521-27-X)
  • (en) Inger Ekrem et Lars Boje Mortensen (trad. du latin par Peter Fisher), Historia Norwegie, Copenhague, Museum Tusculanum Press, , 245 p. (ISBN 87-7289-813-5, pr√©sentation en ligne)
  • (en) Alison Finlay, Fagrskinna : a catalogue of the Kings of Norway, Leiden, Brill Academic Publishers, , 334 p. (ISBN 90-04-13172-8, pr√©sentation en ligne)
  • Saxo Grammaticus (trad. du latin par Jean-Pierre Troadec), La Geste des Danois [¬ę Gesta Danorum ¬Ľ], Paris, Gallimard, coll. ¬ę L'aube des peuples ¬Ľ, , 444 p. (ISBN 2-07-072903-6)
  • (la) Saxo Grammaticus, J. Olrik (dir.) et H. R√¶der (dir.), Saxonis Gesta Danorum, Hauniae (Copenhague), Levin et Munksgaard,
  • (is) √ďlafur Halld√≥rsson, Faereyinga saga, √ďl√°fs saga Tryggvasonar, eptir Odd munk Snorrason, Reykjavik, Hi√≥ √≠slenzka fornritaf√©lag, (ISBN 9979-8-9325-7)
  • (en) J. Sephton (trad.), The Saga of King Olaf Tryggwason, Londres, David Nutt,
  • (is) Finnur Sigmundsson, R√≠mnatal I, Reykjavik, R√≠mnaf√©lagi√į,
  • (en) Oddr Snorrason (trad. de l'islandais par Theodore Murdock Andersson), The saga of Olaf Tryggvason, Ithaca, Cornell University Press, , 180 p. (ISBN 0-8014-4149-8, pr√©sentation en ligne)
  • Snorri Sturluson (trad. du vieux norrois par Fran√ßois-Xavier Dillmann), Histoire des rois de Norv√®ge : Premi√®re partie, Des origines mythiques de la dynastie √† la bataille de Svold [¬ę Heimskringla ¬Ľ], Paris, Gallimard, coll. ¬ę L'aube des peuples ¬Ľ, , 702 p. (ISBN 2-07-073211-8)
  • (en) Theodoricus monachus (trad. David et Ian McDougall), The Ancient History of the Norwegian Kings [¬ę Historia de antiquitate regum Norwagiensium ¬Ľ], Londres, Viking Society for Northern Research, , 144 p. (ISBN 0-903521-40-7)

√Čtudes r√©centes et ouvrages sur le sujet

  • (de) Walter Baetke, Christliches Lehngut in der Sagareligion, das Svoldr-Problem, 2 Beitr√§ge zur Sagakritik, Berlin, Akademie-Verlag,
  • R√©gis Boyer, Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire, Paris, √Čditions Robert Laffont, coll. ¬ę Bouquins ¬Ľ, , 912 p. (ISBN 978-2-221-10631-0)
  • (is) √ďlaf√≠a Einarsd√≥ttir (trad. Helga Kress), Sk√≠rnir : √Āri√į 1000,
  • Maurice Gravier, Les Scandinaves : Histoire des peuples scandinaves. √Čpanouissement de leur civilisation, des origines √† la R√©forme, Paris, √Čditions Lidis, , 686 p. (ISBN 2-85032-096-X)
  • (en) Gwyn Jones, A History of the Vikings, Oxford, Oxford University Press, , 2e √©d., 504 p. (ISBN 0-19-285139-X)
  • (da) Finnur J√≥nsson, Den norsk-islandske skjaldedigtning, Copenhague, 1912-1915
  • (da) Finnur J√≥nsson, Den oldnorske og oldislandske litteraturs historie, Copenhague, Gad, 1920-1924
  • (no) Sverrir Jakobsson, ¬ę Erindringen om en m√¶gtig personlighed : den norsk-islandske historiske tradisjon om Harald H√•rfagre i et kildekristisk perspektiv ¬Ľ, Historisk tidsskrift, Oslo, vol. 81,‚Äé , p. 213-30 (ISSN 0018-263X)
  • (en) E. I. Kouri, Torkel Jansson et Knut Helle, The Cambridge History of Scandinavia, Cambridge, Cambridge University Press, , 872 p. (ISBN 0-521-47299-7)
  • (en) John Midgaard, A brief history of Norway, Oslo, J. Grundt Tanum,
  • (en) Harald S. Naess, A History of Norwegian Literature, Lincoln, University of Nebraska Press, , 435 p. (ISBN 0-8032-3317-5, pr√©sentation en ligne)
  • (en) Helen Jane Nicholson, Medieval warfare : theory and practice of war in Europe, 300-1500, Basingstoke, Palgrave Macmillan, , 231 p. (ISBN 0-333-76330-0)
  • (en) Peter Sawyer, David Luscombe (dir.) et Jonathan Riley-Smith (dir.), Scandinavia in the Eleventh and Twelfth Centuries, The new Cambridge medieval history, Volume IV, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-41411-3)
  • (en) Birgit Sawyer et Peter Hayes Sawyer, Medieval Scandinavia : from conversion to Reformation, circa 800-1500, Minneapolis, University of Minnesota Press, (ISBN 0-8166-1739-2)

Articles en ligne

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