Accueil🇫🇷Chercher

DĂ©glutition

La dĂ©glutition est l'action d'avaler. Le terme concerne aussi bien l'action d'avaler sa salive après la mise en occlusion des arcades dentaires (dĂ©glutition physiologique) que le dĂ©placement de la nourriture mâchĂ©e ou bol alimentaire jusqu'Ă  l'estomac. Elle fait partie de la manducation, c'est-Ă -dire de l'ensemble des opĂ©rations syllabiques et techniques (prĂ©hension, mastication, insalivation, dĂ©glutition) antĂ©rieures Ă  la digestion dans le tube digestif. Elle se produit en moyenne 3 000 fois/jour chez les hommes[1].

La déglutition procède en quatre temps :

  • le temps buccal (dĂ©glutition volontaire) ;
  • le temps pharyngien (dĂ©glutition rĂ©flexe) ;
  • le temps Ĺ“sophagien ;
  • le temps cardial (arrivĂ©e du bol alimentaire dans l'estomac).

Le temps buccal

La déglutition salivaire ou « à vide »

déglutition de type salivaire, et non alimentaire, car elle ne fait pas suite à la mastication :

  • on dĂ©glutit automatiquement (rĂ©flexe) environ deux fois par minute, soit une moyenne de 3 000 bols salivaires par vingt-quatre heures ;
  • une frĂ©quence de dĂ©glutition Ă  vide lĂ©gèrement plus Ă©levĂ©e a Ă©tĂ© observĂ©e chez les sujets de sexe masculin ;
  • chez l'adulte, un peu moins d'une demi tonne de salive est dĂ©glutie par an, soit 1,5 litre de salive par jour ;
  • c'est la fonction la plus frĂ©quente, la plus Ă©nergivore et la plus importante de l'appareil manducateur (bouche) ;
  • elle permet l'humidification des muqueuses buccales et pharyngiennes ;
  • elle permet le drainage des sĂ©crĂ©tions des fosses nasales et du rhinopharynx ;
  • elle permet la ventilation de l'oreille moyenne par ouverture de la trompe d'Eustache ;
  • par cette ouverture de la trompe d'Eustache, la dĂ©glutition salivaire permet l'Ă©quilibration des pressions de chaque cĂ´tĂ© de la membrane du tympan ;
  • contrairement Ă  la croyance populaire, un Ă©tat anxieux n'engendre pas une augmentation de la frĂ©quence de dĂ©glutition.

DĂ©glutition physiologique

La déglutition physiologique concerne plus de 75 % de la population adulte :

  • stabilisation des deux mâchoires par occlusion des arcades dentaires antagonistes (dĂ©glutition "en dents serrĂ©es") ;
  • Ă©lĂ©vation de la langue et pression linguale contre les procès alvĂ©olaires, facteur de croissance du massif facial chez l'adolescent ;
  • la langue postĂ©rieure s'appuie sur le palais osseux et contre la paroi postĂ©rieure du pharynx ;
  • Ă©lĂ©vation de l'os hyoĂŻde et du voile du palais ;
  • pendant moins d'une demi-seconde par minute, la mandibule est stabilisĂ©e par l'occlusion des dents infĂ©rieures sur les supĂ©rieures et grâce Ă  des contractions rĂ©flexes : isomĂ©trique des muscles masticateurs et isotonique des muscles sus- et sous-hyoĂŻdiens) (voir : Science de l'occlusion dentaire).

déglutition atypique

La déglutition atypique concerne moins de 25 % de la population adulte :

  • la langue ne s'appuie pas sur le palais osseux : le corps lingual exerce une pulsion entre les arcades dentaires, supĂ©rieure et infĂ©rieure : c'est l'interposition linguale ;
  • de par cette interposition linguale inter arcades, la mandibule est relativement stabilisĂ©e pour exĂ©cuter, tant bien que mal, l'acte de dĂ©glutition salivaire : la contraction des muscles masticateurs est très limitĂ©e ;
  • contraction très Ă©nergique en revanche des muscles pĂ©ri-oraux, ou muscles faciaux (nerf VII, mimiques faciales) ;
  • syn. dĂ©glutition infantile (elle est normale chez le nourrisson et chez l'enfant) ; dĂ©glutition dysfonctionnelle pathologique de l'adulte et souvent en relation avec une dysfonction posturale de la mâchoire infĂ©rieure et une malocclusion dentaire (infraclusion organique ou dents verticalement trop petites, encombrement dentaire ou chevauchements, migrations dentaires ou bascule des dents, etc.).
Le réflexe de déglutition atypique ne peut pas être complètement "(ré)éduqué" par logopédie (Belgique) ou orthophonie (France), et via quelques exercices quotidiens de myothérapie fonctionnelle (MTF). Une déglutition atypique peut causer un problème esthétique par migrations dentaires : la langue, en s'appuyant sur les dents lors de la déglutition ou de la phonation, peut déplacer les organes dentaires dans l'os alvéolaire. Ceci produit les fâcheuses récidives orthodontiques après traitement ODF).

Aliments liquides

Deux phases l'aspiration par contraction du muscle orbiculaire des lèvres langue intercalée entre les 2 arcades inocclusion dentaire propulsion du liquide par tension du plancher buccal : contraction des muscles mylo-hyoïdien et génio-hyoïdien.

Aliment solides, visqueux ou plastiques

(1) pointe de la langue vers le haut

séparation du bloc alimentaire en 2 parties contre le palais osseux
chargement de la partie à déglutir contre le dos lingual

(2) fermeture de la bouche

lèvres souples
⇒ occlusion stable

(3) contraction du plancher lingual

par élévation des muscles mylo-hyoïdien et génio-hyoïdien
⇒ contraction bilatérale et symétrique

(4) contraction de la langue

1/4 antérieur de la langue contre le palais osseux voire région rétro-incisive: prise d'appel
3/4 postérieur forme une gouttière sagittale vers le haut
⇒ déplacement du bloc alimentaire d'avant en arrière
par ondes de contraction type péristaltique

(5) tension et élévation du voile du palais

contraction des muscles péristaphylins internes et externes

(6) accolement de la langue contre le palais vélaire

transport du bol alimentaire vers l'isthme du gosier

(7) bascule de la langue vers le bas et l'arriere

( zone réflexogéne de Vassiliev : base linguale, piliers post vélaires et paroi de l'oropharynx)
Ă©loignement du radix de la paroi post du pharynx
⇒ vide fugace

(8) Ă©cartement passif des piliers post du pharynx

(9) envoi du bol alimentaire vers l'isthme pharyngien

(10) rapprochement des piliers post du pharynx par contraction des m stylo-pharyngiens

(11) abaissement du voile du palais contre le radix

occlusion parfaite du rhino-pharynx

Temps pharyngien

Action de transit

(1) réappui de la langue contre les piliers post du pharynx

(2) contraction des muscles stylo-pharyngiens

Pendant le passage du bol alimentaire entre les piliers postérieurs du pharynx
rapprochement des piliers postérieurs

(3) contraction du muscle azygos

bascule de la luette vers le haut et l'arrière

(4) décontraction du voile du palais

celui-ci retombe comme un voile sur la langue

(5) élévation de l'os hyoïde vers le haut et l'avant

par action des muscles mylo-hyoïdiens, génio-hyoïdiens, digastrique et stylo-hyoïdiens

(6) élévation simultanée du pharynx et du larynx

application du larynx contre la base linguale

(7) l'épiglotte est repoussée passivement au-dessus de la glotte

par bascule de la langue

(8) Ă©largissement de l'orifice du pharynx

action combinée des muscles pharyngiens-staphylins et stylo-pharyngiens
le pharynx est raccourci et évasé : le bol est happé
action complémentaire d'une brève contraction du diaphragme

(9) contraction des muscles constricteurs du pharynx

muscle supérieur, moyen puis inférieur
contraction péristaltique en dehors de la pesanteur

(10) relâchement du muscle crico-pharyngien

sphincter pharyngo-œsophagien (ou sphincter supérieur de l'œsophage)

(11) contraction rythmique du muscle crico-pharyngien

après passage du bol alimentaire

(12) ouverture des orifices des trompes d'Eustache

par contraction des muscles péristaphylins externes

Occlusions orificielles réflexes

Ici, il faut catégoriquement distinguer les fonctions réflexes (automatiques) des fonctions volontaires (corticalisées, volonté de l'individu)

Occlusion des dents antagonistes

Fig. 1. déglutition salivaire physiologique, "en dents serrées". Démonstration clinique par l'enfant du positionnement réflexe de la pointe de la langue lors des fonctions buccales physiologiques. Ce stade est obtenu après augmentation de la hauteur des dents (REIOR).

Permet de stabiliser la mâchoire inférieure sur la mâchoire supérieure : déglutition physiologique ou fonctionnelle, dite "en dents serrées". La pointe de la langue vient au contact de la face palatine des incisives supérieures. Le contact, entre les dents antagonistes, stimule les propriocepteurs desmodontaux (mécanorécepteurs) afin de protéger les organes : c'est le réflexe de C.S. Sherrington (1917, Prix Nobel 1932).

Cette occlusion réflexe des dents inférieures sur les dents supérieures n'existe pas lors d'une déglutition infantile (enfants et adolescents), d'une déglutition atypique ou déglutition dysfonctionnelle (adultes) : à cause de la pulsion linguale interarcades

Occlusion de l'isthme du gosier

Empêche la remontée du bol alimentaire dans la cavité buccale appui de la base et du dos de la langue contre le palais rapprochement des piliers antérieurs du voile

Occlusion des fosses nasales

Appui de la langue sur la paroi post du pharynx appui du bord libre du voile contre la membrane pharyngienne rapprochement des piliers post du pharynx, du voile et de la luette Ă©vite le franchissement des choanes par le bol

Occlusion du larynx

Interdit l'accès du bol à la trachée artère refoulement de l'épiglotte par la racine de la langue dilatation de la base de la langue au-dessus de la glotte ascension du squelette laryngé rétrécissement de la glotte apnée de déglutition

Temps Ĺ“sophagien

Il assure le transfert des aliments du sphincter supérieur d'œsophage jusqu'au cardia grâce à une onde péristaltique qui parcourt l'œsophage de haut en bas (péristaltisme primaire). La musculature œsophagienne est répartie en deux couches, longitudinales externes et circulaires internes. Elle est constituée, dans les premiers centimètres de l'œsophage, par des fibres striées qui peu à peu sont remplacées complètement par des fibres lisses au niveau de la moitié inférieure de l'œsophage. L'onde péristaltique fait intervenir les deux couches musculaires. La contraction des fibres longitudinales attire la portion distale d'un segment œsophagien à la rencontre du bol alimentaire. Les fibres circulaires se relâchent en aval du bol et se contractent en amont. Le péristaltisme œsophagien est plus lent que le péristaltisme pharyngé: la vitesse de l'onde œsophagienne est de 3 cm/s dans l'œsophage proximal et jusqu'à 5 cm/s dans le tiers inférieur. Le péristaltisme œsophagien peut être déclenché indépendamment du péristaltisme pharyngé : la distension des parois œsophagiennes provoque un péristaltisme dit secondaire, en dehors de la déglutition.

Contrairement au temps pharyngé, la pesanteur joue un rôle dans le transfert du bol alimentaire dans l'œsophage. Les liquides peuvent atteindre le cardia plusieurs secondes avant l'onde péristaltique. Les contractions œsophagiennes sont plus amples chez le sujet couché que chez le sujet debout. Outre la pesanteur, un deuxième facteur concourt à la propulsion des aliments dans l'œsophage thoracique. Lors de l'inspiration, il se crée une dépression intraluminale qui attire le bol alimentaire vers le bas.

La durée du temps œsophagien est bien supérieure aux deux précédentes : 2 secondes pour les liquides, 7 à 9 secondes pour les solides.

Notes et références

  1. (en) Afkari S, « Measuring frequency of spontaneous swallowing Â» Australas Phys Eng Sci Med. 2007;30:313-7.

Voir aussi

Article connexe

Liens externes

Cet article est issu de wikipedia. Text licence: CC BY-SA 4.0, Des conditions supplémentaires peuvent s’appliquer aux fichiers multimédias.