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Manuel Merino

Manuel Arturo Merino de Lama, nĂ© le Ă  Tumbes, est un homme d'État pĂ©ruvien, prĂ©sident du CongrĂšs de la RĂ©publique du PĂ©rou de mars Ă  novembre 2020, et Ă©phĂ©mĂšre prĂ©sident de la rĂ©publique du PĂ©rou du 10 au 15 novembre 2020.

Manuel Merino
Illustration.
Manuel Merino en 2020.
Fonctions
Président de la République du Pérou
–
(5 jours)
Président du Conseil Ántero Flores-Aråoz
Gouvernement Merino
Coalition AP-APP
Prédécesseur Martín Vizcarra
Successeur Francisco Sagasti
Président du CongrÚs de la République du Pérou[alpha 1]
–
(7 mois et 25 jours)
Élection
PrĂ©dĂ©cesseur Pedro Olaechea (en)
Successeur RocĂ­o Silva-Santisteban (en) (intĂ©rim)
Francisco Sagasti
Membre du CongrÚs péruvien
–
(1 an, 4 mois et 11 jours)
Élection 26 janvier 2020
Circonscription Tumbes
Biographie
Nom de naissance Manuel Arturo Merino de Lama
Date de naissance
Lieu de naissance Tumbes
Nationalité Péruvienne
Parti politique Action populaire
Conjoint Mary Peña (en)
Religion Catholicisme

Manuel Merino
Présidents de la république du Pérou

Il devient président à la faveur de la destitution controversée de Martín Vizcarra. Sous la pression de la rue, de la communauté internationale et de l'armée, il démissionne cinq jours aprÚs son entrée en fonction.

Biographie

DĂ©buts

Né à Tumbes, au nord du Pérou, Manuel Merino est un homme d'affaires ayant fait des études d'agronomie. En parallÚle de ses activités liées au secteur agricole et d'élevage de sa région, il exerce une carriÚre politique au sein du parti centriste Action populaire (AP), qu'il intÚgre en 1979.

Parlementaire

En 2001, Merino est élu une premiÚre fois au CongrÚs de la République en représentation de Tumbes. Il exerce cette fonction jusqu'en 2006 et se distingue en tant que président de la Commission à la protection des consommateurs.

Il est réélu une deuxiÚme fois en 2011, toujours au sein de l'AP en alliance avec le parti Pérou possible d'Alejandro Toledo, et assume le poste de vice-président du CongrÚs jusqu'en 2012. Il préside ensuite la Commission au logement en 2012 et 2013 et occupe la vice-présidence du Parlement amazonien entre 2011 et 2013.

Merino revient une nouvelle fois au CongrÚs à la suite des élections législatives de 2020 convoquées par le président Martín Vizcarra qui avait dissous le CongrÚs précédent en septembre 2019. Il est d'ailleurs nommé président du CongrÚs le et déclare à cette occasion que le CongrÚs devrait « regagner et renforcer la confiance du public », et que les élus devaient « montrer l'exemple et avoir une attitude responsable, transparente et efficace ».

Cependant, la crise politique gĂ©nĂ©rĂ©e par la confrontation entre les pouvoirs exĂ©cutif et lĂ©gislatif se poursuit et Merino devient l'un des principaux promoteurs de la premiĂšre tentative de destitution du prĂ©sident MartĂ­n Vizcarra en septembre 2020. Celui-ci est accusĂ© de corruption Ă  la suite de la diffusion d'un enregistrement le mettant en cause dans un contrat de complaisance supposĂ© d’un chanteur. Le CongrĂšs ouvre alors une procĂ©dure de destitution le [1]. Vizcarra Ă©chappe Ă  la destitution le 18 septembre, la motion recueillant seulement 32 votes favorables sur les 87 nĂ©cessaires[2].

Une nouvelle procĂ©dure est enclenchĂ©e en novembre Ă  la suite des tĂ©moignages de plusieurs hommes d’affaires, qui ont affirmĂ© devant la justice avoir versĂ© en 2014 des pots-de-vin Ă  MartĂ­n Vizcarra[3]. Il est finalement destituĂ© par le parlement le avec 105 voix pour, 19 contre et 4 abstentions[4]. NĂ©anmoins, cette dĂ©cision est dĂ©noncĂ©e par une large partie de la population, hostile au Parlement qui est accusĂ© de « coup d'État ». Vizcarra Ă©tait devenu trĂšs populaire auprĂšs de la population en tant que hĂ©raut de la lutte contre la corruption. La destitution est Ă©galement mal accueillie par les organisations patronales, qui attendait du gouvernement qu'il se concentre sur le redĂ©marrage de l'Ă©conomie dans le contexte de la crise provoquĂ©e par la pandĂ©mie de Covid-19[5]. D'aprĂšs le professeur de science politique Kevin Parthenay, la destitution de MartĂ­n Vizcarra rĂ©pond Ă©galement Ă  des motifs politiques : « Il existait une opposition trĂšs forte entre MartĂ­n Vizcarra et Manuel Merino, et il y avait une vĂ©ritable volontĂ© de casser l’exĂ©cutif depuis le Parlement[6]. »

ÉphĂ©mĂšre prĂ©sident de la RĂ©publique

Le , la fonction de prĂ©sident de la RĂ©publique revient Ă  Manuel Merino en tant que prĂ©sident du CongrĂšs. Il promet un gouvernement de transition consensuel et appelle Ă  l'unitĂ© nationale[7]. Dans la foulĂ©e, il constitue un gouvernement Ă  majoritĂ© conservatrice et soutenu par les parties les plus corrompues du pays. Sa prise de pouvoir a crĂ©Ă© un contexte de manifestations hostiles dans tout le pays[8]. Merino est notamment accusĂ© par la sociĂ©tĂ© civile et les journaux de gauche d'ĂȘtre la marionnette des partis corrompus et au premier titre, le parti Fuerza Popular[9] - [10],

L'annonce de la destitution de Vizcarra mĂšne en effet dans les jours qui suivent Ă  des manifestations de grande ampleur — les plus grandes au PĂ©rou depuis deux dĂ©cennies — dans la capitale et les principales villes du pays[11] - [12] - [13]. Trois personnes au moins sont tuĂ©es lors d'une manifestation brutalement rĂ©primĂ©e par la police le 14 novembre[14]avec notamment l'usage en tir tendu et au niveau de la tĂȘte de fusils chargĂ©s avec des billes de mĂ©tal ou de verre souvent par les journaux avec des plombs de chasse.

Merino n'est par ailleurs pas reconnu par la majoritĂ© des gouvernements voisins, la dĂ©cision du parlement de destituer Vizcarra sur la base d'accusations couvertes par l’immunitĂ© prĂ©sidentielle Ă©tant jugĂ©e inconstitutionnelle[15].

Le CongrĂšs l'appelle Ă  dĂ©missionner immĂ©diatement le 15 novembre[16], ce qu'il fait le jour mĂȘme[17] - [18]. Quelques heures avant, les ministres du Logement, de l'Énergie, de l'Éducation, de la SantĂ©, du Tourisme, de la Justice, de la Culture, ainsi que celle des Femmes, avaient prĂ©sentĂ© leur dĂ©mission[19].

Francisco Sagasti est élu président du CongrÚs dÚs le lendemain[20]. Il aura une présidence respectée par les organismes internationaux et les organes prodémocratie.

Notes et références

Notes

  1. Luis Valdez Farías assure l'intérim du 10 au 15 novembre 2020.

Références

  1. « Au Pérou, le Parlement déclenche une procédure de destitution du président Vizcarra », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  2. « Pérou: le président Martín Vizcarra échappe à une procédure de destitution », sur rfi.fr, (consulté le ).
  3. « Au PĂ©rou, le Parlement tente Ă  nouveau de destituer Martin Vizcarra », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  4. « Au Pérou, le Parlement approuve la destitution du président Martin Vizcarra », sur France 24, FRANCE24, (consulté le ).
  5. « PĂ©rou : le prĂ©sident destituĂ© par le Parlement Ă  la suite d’accusations de corruption », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consultĂ© le ).
  6. « Les PĂ©ruviens protestent contre la destitution du prĂ©sident Martin Vizcarra », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  7. (es) « Manuel Merino anuncia gabinete de “consenso y unidad nacional” », sur www.elcomercio.pe, (consultĂ© le ).
  8. Le Point magazine, « Pérou: l'ex-président critique le nouveau pouvoir, appelle à des manifestations "pacifiques" », sur Le Point, (consulté le ).
  9. (es) Redacción LR, « Manuel Merino: Alianza para el progreso, Fuerza Popular y sus aliados vuelven a blindarlo », sur larepublica.pe, (consulté le )
  10. (es) RedacciĂłn LR, « Los seis dĂ­as del Ășltimo rĂ©gimen antidemocrĂĄtico en el PerĂș », sur larepublica.pe, (consultĂ© le )
  11. (en) « 'All of Peru is fired up': protesters fill streets after ousting of president », sur the Guardian, (consulté le ).
  12. « Le Pérou, ce pays qui dévore ses présidents », sur Libération.fr, Libération, (consulté le ).
  13. « PĂ©rou : le prĂ©sident destituĂ© par le Parlement Ă  la suite d’accusations de corruption », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consultĂ© le ).
  14. « Trois morts lors de manifestations appelant à la démission du nouveau président », sur L'Orient-Le Jour,
  15. (es) RedacciĂłn El Comercio PerĂș, « Mario Vargas Llosa: “ClarĂ­simamente el flamante Congreso ha violado la ConstituciĂłn” », sur El Comercio PerĂș, elcomercio.pe, (consultĂ© le ).
  16. (es) « El Congreso peruano pide la "renuncia inmediata" de Manuel Merino a la presidencia », sur France 24, FRANCE24.Espanol, (consulté le ).
  17. (pt) « Presidente interino do Peru, Manuel Merino renuncia após série de protestos », sur www.cnnbrasil.com.br (consulté le ).
  18. (es) « Manuel Merino renuncia como presidente de PerĂș tras menos de una semana en el poder », BBC News Mundo,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  19. (en) Empresa Peruana de Servicios Editoriales S. A. EDITORA PERÚ, « State Ministers resign from office in Peru », sur andina.pe (consultĂ© le ).
  20. « Le Pérou se trouve un président par intérim », sur Les Echos, (consulté le ).

Annexes

Liens externes

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