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Jean Garnier (officier de marine)

Jean Garnier dit le « chevalier Garnier » (ou « chevalier de Garnier »), mort en 1649, est l'un des grands officiers de la marine de Louis XIII. Il se distingue dans la Marine royale française contre les Espagnols pendant la guerre de Trente Ans.

Jean Garnier
Surnom Chevalier Garnier
Décès
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef d'escadre de Provence
Conflits Guerre de Trente Ans

Biographie

Origines et jeunesse

Jean Garnier descend d'une famille de la bourgeoisie parisienne. Il est le fils de Jean-Baptiste Garnier qui sert Henri IV et « commande aux îles de Marseille » pendant quarante ans. Ses fils, les frères de Jean, se signalent dans l'armée et dans la marine. L'un d'eux est avocat du roi à l'amirauté de Marseille[1].

Il entre dans la Marine du Roi. Il est capitaine de vaisseau entretenu en 1625[2]. Le , avec une galère, il enlève un vaisseau turc montĂ© par 300 corsaires[3] - [4].

Carrière dans la Marine royale

En 1638, Jean Garnier commande L'EspĂ©rance de Dieu, un vaisseau de 200 tonneaux[5] montĂ© par un Ă©quipage de 100 hommes, dans l'escadre de M. de Sourdis, archevĂŞque de Bordeaux. La flotte du Ponant s'illustre contre les Espagnols par les victoires de GuĂ©taria et de Laredo, mais subit un important revers Fontarrabie.

Le , il se distingue dans la baie de Roses et concourt Ă  l'attaque et Ă  la prise de cinq vaisseaux espagnols. En 1644, le chevalier Garnier est fait chef d'escadre de la province de Provence[6].

Le , il met à la voile à Toulon pour Barcelone avec neuf vaisseaux et trois brûlots à bord du Sourdis. Quatre gros vaisseaux, découverts près de la côte de Valence le et sommés de se rendre, hissent le pavillon rouge. Garnier les fait aussitôt cerner : le chevalier Paul, La Lande, Lusserais, L'Eschasserie, Gardane approchent par la droite[7], La Roche-Allard[8] et La Ferté par la gauche[9]. Il passe la nuit du au à serrer de près du port de Valence et au matin il attaque les vaisseaux qui s'y trouvaient. Le feu est si vif qu'un des vaisseaux espagnols est consumé dans un incendie allumé par le tir à bout portant. Trois autres vaisseaux sont abandonnés par leurs équipages terrifiés et les brûlots y portent la flamme[10]. Le combat est relaté dans Le combat de l'armée navale du Roy contre quatre vaisseaux espagnols qui ont esté brusléz à la coste de Valence. Il y est écrit que le chevalier Garnier avait « faict avec son escadre tout ce qu'on pouvoit attendre d'un homme d'honneur »[11]. Il se distingue à nouveau lors du combat qui a lieu le au large de Tarragone[4].

Le , il bat avec son navire un fort situĂ© du cĂ´tĂ© de la mer, près du mole de Tarragone et ouvre le chemin pour que 356 hommes commandĂ©s par les chevaliers de La Chasserie et de La FertĂ© fassent une descente près de Tarragone[12]. Ceux-ci battent les Espagnols, l'attaque combinĂ©e Ă  celle qui se fait par terre, facilite ainsi au marĂ©chal de la Mothe la prise du mĂ´le[1] et la poursuite des espagnols qui se replient sous les murailles de la ville. En 1645 il se distingue en des actions terrestres lors du siège de Roses. Surpris, DuPlessis Besançon croit mĂŞme qu'il dĂ©sire servir en l'armĂ©e de terre. En 1646, dans l'escadre du marĂ©chal de BrĂ©zĂ©, le chevalier Garnier monte encore le Sourdis qui Ă©tait le troisième navire après les vaisseaux de l'amiral, du vice-amiral et du contre-amiral. Le , il est Ă  la bataille d'Orbetello. En 1647, le chevalier Garnier commande le Grand Saint-Louis, de 800 tonneaux, Ă  la tĂŞte de l'escadre partie de Toulon Ă  la fin de dĂ©cembre pour aller secourir les Napolitains et le duc de Guise[1]. L'annĂ©e suivante, alors que les opĂ©rations contre Naples Ă©taient seulement suspendues, une querelle Ă©clate Ă  Toulon entre Abraham Duquesne, toujours de mauvaise humeur, et deux autres chefs d'escadre : Monsieur de Montade et le chevalier Garnier. Le motif, une question de prĂ©sĂ©ance pour raison d'anciennetĂ©, Ă©tait ridicule : Duquesne avait reçu une de capitaine de vaisseau avant Montade et Garnier mais, il avait Ă©tĂ© fait chef d'escadre postĂ©rieurement. Il refusait donc de reconnaĂ®tre leur autoritĂ© en mer. Le cardinal Mazarin doit intervenir pour calmer le jeu. Il se distingue Ă  nouveau en lors de l'expĂ©dition du duc de Richelieu sur Castellamare[4].

Le chevalier Garnier meurt en 1649[1].

Notes et références

  1. Rapin et Aubineau 1865, p. 313
  2. Jal 1872, p. 174
  3. La Roncière 1899, p. 103
  4. Renaudot 1767, p. 175
  5. Jal 1872, p. 87
  6. Jusqu'en 1647, il existe quatre chef d'escadre : un pour chaque province maritime (Bretagne, Normandie, Guyenne et Provence)
  7. Le chevalier Paul commande le Grand Anglois, Lusserais la Victoire, L'Eschasserie le Saint-Thomas, La Lande le Triton et Gardane la Fortune.
  8. Léonard de Goussé de La Roche-Allard, le père du comte de La Roche-Allard (v. 1664-1745), vice-amiral.
  9. La Roncière 1899, p. 103-104
  10. Jal 1872, p. 140
  11. La Roncière 1899, p. 104
  12. CP Espagne 21 1644, p. 323

Voir aussi

Sources et bibliographie

  • Charles de La Roncière, Histoire de la marine française : La Guerre de Trente Ans - Colbert, vol. V, Paris, (lire en ligne), p. 103. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • RenĂ© Rapin et LĂ©on Aubineau, MĂ©moires du P. RenĂ© Rapin de la Compagnie de JĂ©sus sur l'Ă©glise et la sociĂ©tĂ©, la cour, la ville et le jansĂ©nisme : 1644-1669, vol. 1, Paris, Gaume et Duprey, , 568 p. (lire en ligne), p. 313. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • ThĂ©ophraste Renaudot, Gazette de France, vol. 2, Paris, (lire en ligne), p. 175. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Auguste Jal, Abraham Du Quesne et la marine de son temps, t. 1, Paris, Henri Plon, (lire en ligne). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • A.M.A.E. Correspondance Politique: Espagne 21 f. 323-324 Lettre Ă©crite au mole de Tarragone le .
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