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Culture de Conelle

La culture de Conelle est une culture archéologique qui caractérise une partie de l'Italie centrale durant le IVe et le début du IIIe millénaire av. J.-C. Elle est éponyme du site de Conelle près d'Arcevia dans les Marches. Elle correspond au début du Chalcolithique de cette région. lorsqu'elle a été définie par S.M. Puglisi, elle a été associée à la culture d'Ortucchio[1] - [2]. Les poteries des deux cultures présentent en effet beaucoup d'affinités. Cependant, les nombreuses différences conduisent désormais à les distinguer.

Culture de Conelle
DĂ©finition
Auteur S.M. Puglisi
Caractéristiques
PĂ©riode Chalcolithique
Chronologie 3800-2900 av. J.-C.
Tendance climatique Atlantique

Subdivisions

  • phase archaĂŻque
  • phase classique

Objets typiques

Poterie caractéristique

Le site de Conelle di Arcevia

Conelle a été identifié par A. Monti en 1879 lors de la réalisation d'une route[3]. Les premières fouilles scientifiques menées par E. Brizio se sont déroulées en 1890[3] - [4]. Le matériel issu de ces premières recherches a été reconsidéré juste après la seconde guerre mondiale par M. O. Acanfora[5]. De nouvelles fouilles ont été menées par S. M. Puglisi à partir de 1958 et au cours des années 60[3]. L'ensemble de ces recherches s'est concentré sur un fossé qui délimite un des côtés de l'occupation. Il mesure 120 m de long et 6,95 m de profondeur maximum[3]. Le reste du site est érodé. Aucune structure n'y est conservé. Ce sont donc les différentes couches de remplissage du fossé qui ont livré les éléments permettant de caractériser la culture de Conelle.

Chronologie et répartition géographique

Chronologie

La principale série de datations a été réalisée sur des ossements d'animaux issus du fossé de Conelle. Cette culture se développe entre 3800 et 2900 av. J.-C.[6]. Une évolution dans les décors des poteries des différents niveaux du fossé de Conelle permet de définir une phase archaïque et une phase classique.

Répartition géographique et influences

Les sites de cette culture sont concentrés dans les Marches. On en retrouve des influences dans la forme et les décors des poteries d'autres régions, par exemple en Romagne, dans le site de la Tanaccia di Brisghella[7] et en Toscane à Belverde di Cetona[2] ou encore dans des villages de la région de Rome[8] - [9].

Mode de vie

L'élevage avait une grande importance[2]. Les bovins sont proportionnellement abondants. Leur rôle éventuel comme animaux de trait pour les travaux des champs est possible. Une partie d'entre eux était en effet tuée à un âge avancé, ce qui ne serait pas cohérent pour des animaux de boucherie[2]. À Conelle, les porcs représentent 60 % des espèces animales domestiques[10]. Dans l'ensemble de cette culture, la chasse était encore très largement pratiquée, notamment celle du cerf et du sanglier et dans une moindre mesure de l'ours[2].

L'agriculture n'est attestée que par des données indirectes, par exemple par la présence de meules[2].

La population de cette culture pratiquait également d'autres activités, comme l'atteste la présence de différentes productions techniques (objets en métal, en roche taillée, etc.).

Occupation du territoire et habitat

Les sites se développent dans les collines et les plaines entre les contreforts des Apennins et la mer Adriatique.

Les villages sont surtout connus par des ramassages de surface ou des sondages[2]. L'architecture des maisons est donc inconnue. Le fossé de Conelle est supposé avoir eu une fonction défensive[2]. Cette fonction est cependant très discutable. Bien que très profond, son remplissage a été rapide. En outre, les autres côtés du site n'étaient visiblement pas fortifiés. Enfin, un relief abrupt domine cette occupation.

Productions matérielles

CĂ©ramique

Plusieurs catégories de récipients ont été identifiées. On trouve notamment des écuelles et des vases tronconiques à parois convexes avec bec ou versoir munis d'anses verticales placées près du bord. Des écuelles carénées, des vases ovoïdes et en forme d'askos avec des anses verticales en ruban sont documentées. On trouve enfin des vases-bouteilles et des vases biconiques.

Durant la phase archaïque, le décor est constitué d'applications d'argile et de listels de pâte trainée, de sillons irréguliers et d'impressions digitales. Durant la phase classique, se développent des ornements en bandes pointillées non délimitées ou en rosettes de points disposées de façon variée. Ces décors ont alors tendance à couvrir tout le vase[2].

Outillage en roche taillée

Les gisements de silex de la Scaglia rossa (it) des Marches ont été abondamment exploités. À Conelle, cette matière première a été utilisée pour la réalisation de pointes de flèche, de pointes de lance et de poignards[11]. Seule la tracéologie permet de distinguer ces différents types d'objets car il y a une continuité dimensionnelle entre les pointes de flèche et les poignards et leur morphologie est comparable[12].

Outillage en pierre polie

Les haches-marteaux ou « haches en fer à repasser » sont nombreuses[2]. Elles sont attestées à Conelle[13] où au moins une partie d'entre elles est réalisée dans des roches locales[14]. Les haches de combat sont moins fréquentes[2]. On connaît également une tête de massue sphérique[2].

MĂ©tallurgie

Les objets en métal et les preuves d'activités métallurgiques sont rarissimes. Quelques éléments en cuivre ont été découverts dans le remplissage du fossé de Conelle, par exemple deux poinçons[2] - [15].

Toutefois, les analyses tracéologiques ont montré que l'utilisation des outils en métal était plus importante que leur rareté ne le laisse supposer. Des traces laissées par l'emploi d'outils en métal sont par exemple visibles sur des objets en os[16] - [17].

Autres productions

L'analyse des outils en os montre leur emploi intensif, marqué par de fréquentes phases de ravivages[18]. Parmi ces outils, on trouve un poignard en os à Conelle mais aussi d'autres objets et des éléments en canine de sanglier ou de porc[19]. Ces canines ont servi d'éléments de parure. À Conelle, une figurine plate en bois de cerf a également été découverte[2].

D'autres productions n'ont laissé que des traces indirectes. C'est le cas des tissages, connus uniquement par des fusaïoles au décor incisé[2].

Pratiques funéraires et rituelles

L'attribution de certaines sépultures à la culture de Conelle est délicate, faute d'objets caractéristiques associés aux défunts. Ainsi, à Vescovara di Osimo on connaît plusieurs tombes en fosse et une sépulture double dans lesquelles a été découvert un armement varié (hache-marteau, poignard et pointes de flèches)[2]. Cependant, aucun élément ne permet d'associer clairement ce site à la culture de Conelle.

Dans certains cas, l'attribution des sites est ambiguë. Les hypogées avec puits d'accès de Fontenoce di Recanati sont par exemple parfois associés à la culture de Rinaldone. Dans plusieurs sépultures, les os des anciens inhumés sont repoussés au fond des caveaux pour laisser la place à un nouveau défunt[20].

Sites principaux

L'ensemble des sites connus se situe dans les Marches.

Références

  1. Puglisi S. M., 1965, Sulla Facies « Protoappenninica » in Italia, in Atti del VI congresso internazionale delle scienze preistoriche e protostoriche, Roma 29 Agosto – 3 Settembre 1962, II, Comunicazioni, sezioni I-IV, Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques, G.C. Sansoni Editore, Firenze, p. 403-407
  2. Cremonesi G., Grifoni Cremonesi R., Radi G., Tozzi C., Nicolis F., 1998, L’Italie centrale, in Guilaine J. (Dir.), Atlas du Néolithique européen. L’Europe occidentale, ERAUL 46, Paris, p. 165-231
  3. Cazzella A., 1999, Il fossato di Conelle di Arcevia, in Cazzella A., Moscoloni M. (Eds), Conelle di Arcevia, Un insediamento eneolitico nelle Marche, I- Lo scavo, la ceramica i manufatti metallici, i resti organici, Gangemi Editore, Roma, p. 1-12
  4. Brizio E., 1899, Il sepolcreto gallico di Montefortino, presso Arcevia, Monumenti Antichi, vol. 9, p. 617-808
  5. Acanfora M. O., 1947-1950, Materiali delle Conelle di Arcevia. Industria litica, Bullettino di Paletnologia Italiana, vol. 98, n. s. 3, p. 19-64
  6. Cazzella A., Moscoloni M., Trudu C., 1992, Cronologia radiometrica di dettaglio del complesso eneolitico di Conelle di Arcevia (AN), Origini, vol. XVI, p. 181-193
  7. Farolfi G., 1976, La tanaccia di Brisighella, problemi cronologici e culturali, Origini, vol. X, p. 175-243
  8. Carboni G., Salvadei G., 1993, Indagini archeologiche nella piana della Bonifica di Maccarese (Fiumicino – Roma), Il neolitico e l'eneolitico, Origini, vol. XVII, p. 255-279
  9. Carboni G., 2002, Territorio aperto o di frontiera? Nuove prospettive di ricerca per lo studio della distribuzione spaziale delle facies del Gaudo e di Rinaldone nel Lazio centro-meridionale, Origini, vol. XXIV, p. 235-301
  10. Robb J., 2007, The Early Mediterranean Village, Agency, Material Culture, and Social Change in Neolithic Italy, Cambridge Studies in Archaeology, Cambridge
  11. Moscoloni M., La Rosa E., 2003, Industria litica: gli strumenti, in Cazzella A., Moscoloni M., Recchia G., Conelle di Arcevia, II-I manufatti in pietra scheggiata e levigata, in materia dura di origine animale, in ceramica non vascolari, il contotto, Casa Editrice UniversitĂ  La Sapienza, Rubbettino, Roma, vol. 1, p. 93-273
  12. Lemorini C., Massussi M., 2003, Lo studio dei foliati in selce di Conelle di Arcevia: approccio tecno-funzionale, sperimentale e delle tracce d’uso, in Cazzella A., Moscoloni M., Recchia G., Conelle di Arcevia, II-I manufatti in pietra scheggiata e levigata, in materia dura di origine animale, in ceramica non vascolari, il contotto, Casa Editrice Università La Sapienza, Rubbettino, Roma, vol. 1, p. 309-354
  13. Carrisi E., I manufatti in pietra levigata, in Cazzella A., Moscoloni M., Recchia G., Conelle di Arcevia, II-I manufatti in pietra scheggiata e levigata, in materia dura di origine animale, in ceramica non vascolari, il contotto, Casa Editrice UniversitĂ  La Sapienza, Rubbettino, Roma, vol. 1, p. 355-404
  14. Bernardini F., Montagnari Kokelj E., Velušček A., 2009, Prehistoric Cultural Connections in Northeastern Adriatic Regions Identified by Archaeometric Analyses of Stone Axes, in Forenbaher S. (Ed), A Connecting Sea: Maritime Interaction in Adriatic Prehistory, BAR International Series 2037, Archaeopress, Oxford, p. 47-57
  15. Palmieri A. M., Cazzella A., I manufatti metallici, in Cazzella A., Moscoloni M., Conelle di Arcevia, Un insediamento eneolitico nelle Marche, I- Lo scavo, la ceramica i manufatti metallici, i resti organici, Gangemi Editoire, Roma, p. 205-208
  16. Silvestrini M., Cazzella A., Baroni I., Recchia G., 2006, Le necropoli eneolitiche delle Marche e la facies di Rinaldone, in Negroni Catacchio N., Pastori e guerrieri nell’Etruria del IV e III millennio a.C., La civiltà di Rinaldone a 100 anni dalle prime scoperte, Preistoria e Protostoria in Etruria, Atti del Settimo Incontro di Studi, Viterbo 21 novembre 2003, Valentano (Vt) – Pitigliano (Gr) 17-18 Settembre 2004, Centro Studi di Preistoria e Archeologia, Milano, vol. 1, p. 193-199
  17. Cristiani E., Alhaique F., 2005, Selce o metallo ? Approccio sperimentale all’analisi delle modalità di manifattura degli strumenti in materia dura animale presso Conelle di Arcevia (Ancona), in Preistoria e Protostoria delle Marche, Atti della XXXVIII Riunione Scientifica, Portonovo, Abbadia di Fiastra 1-5 ottobre 2003,Istituto Italiano du Preistoria e Protostoria, Firenze, vol. 2, p. 939-943
  18. Conati Barbaro C., Cristiani E., Lemorini C., 2010, The Lithic Perspective: Reading Copper Age Societies by Means of Techno-Functionnal Apprach, Human Evolution, vol. 25 n. 1-2, p. 143-154
  19. Cristiani E., Fecchi F. R., I manufatti in materia dura animale: l’inquadramento tipologico ed i risultati dell’analisi tecno-funzionale, in Cazzella A., Moscoloni M., Conelle di Arcevia, Un insediamento eneolitico nelle Marche, I- Lo scavo, la ceramica i manufatti metallici, i resti organici, Gangemi Editoire, Roma, p. 423-502
  20. Silvestrini M., Pignocchi G., 1997, La necropoli eneolitica di Fontenoce di Recanati: lo scavo 1992, Rivista di Scienze Preistoriche, p. 309-366
  21. Lollini D. G., 1965, Il neolitico nelle Marche alla luce delle recenti scoperte, in Atti del VI congresso internazionale delle scienze preistoriche e protostoriche, Roma 29 Agosto – 3 Settembre 1962, II, Comunicazioni, sezioni I-IV, Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques, G.C. Sansoni Editore, Firenze, p. 309-315
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