Droit pénal en Belgique
Le droit pĂ©nal belge est la branche du droit dĂ©terminant les actes socialement rĂ©prouvĂ©s, les peines qui y sont associĂ©es et les procĂ©dures applicables en cas de transgression. Les normes sociales Ă©voluant au grĂ© du temps, le droit pĂ©nal Ă©volue gĂ©nĂ©ralement dans la mĂȘme direction (mais avec un dĂ©calage temporel le plus souvent). Il est donc ponctuel dans la mesure oĂč il est un inventaire des transgressions pĂ©nales Ă un moment prĂ©cis et dans un lieu donnĂ©.
Sources
Les deux sources principales du droit pénal sont :
- Le code pénal qui est un inventaire d'infractions. Pour chaque infraction, sont déterminés la peine applicable et l'élément moral requis (infraction volontaire ou non par exemple)
- Le code d'instruction criminelle qui détermine les procédures applicables en cas de transgression des lois pénales.
Il existe en outre une série de lois spéciales pouvant emporter des sanctions pénales, telle la loi sur les produits stupéfiants. Des textes relevant d'autres secteurs du droit peuvent également prévoir des sanctions pénales (le droit fiscal par exemple).
Catégories d'infractions
Le droit pénal belge distingue trois catégories d'infractions selon le taux de la peine applicable. Le type d'infraction détermine également la juridiction compétente pour en connaßtre.
Contraventions
Est une contravention, toute infraction emportant une peine d'emprisonnement (de police) comprise entre 1 et 7 jours et/ou une peine d'amende de 1 à 25 euros (hors décimes additionnels). C'est le tribunal de police qui est compétent pour connaitre de ce type d'infraction.
DĂ©lits
Un délit emporte une peine d'emprisonnement (correctionnel) de 8 jours au moins et de 5 ans au plus et/ou une peine d'amende supérieure à 25 euros. Les délits sont jugés par le tribunal correctionnel.
Crimes
Les crimes emportent quant Ă eux des peines de rĂ©clusion ou de dĂ©tention supĂ©rieures Ă 5 ans et un peine d'amende Ă©gale ou supĂ©rieure Ă 26 euros. Ă la suite de l'abolition de la peine de mort par la loi du 10 juillet 1996, la rĂ©clusion Ă perpĂ©tuitĂ© est la peine la plus importante qui peut ĂȘtre prononcĂ©e. C'est la cour d'assises qui connait des crimes. Il convient toutefois de noter que la plupart des crimes sont correctionnalisĂ©s par les juridictions d'instruction et relĂšvent alors de la compĂ©tence du Tribunal correctionnel, lequel pourra dans ce cas prononcer une peine dĂ©passant les 5 annĂ©es prĂ©vues pour les dĂ©lits.
Tableau récapitulatif
Contravention | DĂ©lit | Crime | |
---|---|---|---|
Emprisonnement | de 1 Ă 7 jours | de 8 jours Ă 5 ans | plus de 5 ans |
Amende | de 1 Ă 25 euros | plus de 26 euros | plus de 26 euros |
Tribunal compétent | Tribunal de police | Tribunal correctionnel | Cour d'assises |
ĂlĂ©ments constitutifs de l'infraction
ĂlĂ©ment lĂ©gal
Il n'y a pas de peine sans loi. Pour qu'une personne puisse ĂȘtre sanctionnĂ©e pĂ©nalement, il faut en effet qu'elle ait violĂ© une loi qui emporte une sanction pĂ©nale[1]. Dans le cas contraire, elle pourra cependant voir sa responsabilitĂ© civile engagĂ©e, c'est le cas par exemple du vol entre Ă©poux.
Cet Ă©lĂ©ment diffĂ©rencie le droit pĂ©nal d'autres secteurs du droit oĂč le juge se place uniquement en dĂ©terminateur du juste et de l'Ă©quitable et oĂč il est contraint, in fine, de prendre position sur tout problĂšme de droit qui lui est soumis relevant de sa compĂ©tence.
ĂlĂ©ment matĂ©riel
L'élément matériel est la concrétisation de l'infraction. Imaginer simplement commettre une infraction n'est pas suffisant, il faut que ce désir soit mis en pratique.
Le ou les Ă©lĂ©ment(s) matĂ©riel(s) requis sont dĂ©terminĂ©s infraction par infraction. Le vol par exemple consiste Ă soustraire (frauduleusement) une chose appartenant Ă autrui ; si vous ĂȘtes vous mĂȘme propriĂ©taire de la chose ou que la chose est dĂ©pourvue de propriĂ©taire, il ne peut y avoir de vol.
Cet Ă©lĂ©ment matĂ©riel peut ĂȘtre une action mais Ă©galement une omission ou abstention. Dans ce dernier cas, on parle d'omission coupable car la loi prĂ©voit qu'une action doit ĂȘtre posĂ©e dans telle circonstance alors qu'elle ne l'a pas Ă©tĂ©. La non-assistance Ă personne en danger est ainsi un dĂ©lit d'omission coupable ou abstention coupable.
Peines
Amende
Les peines d'amende sont perçues au profit de l'Ătat. Dans certains cas, le juge peut assortir la peine d'amende qu'il prononce d'une peine d'emprisonnement subsidiaire de 6 mois maximum, laquelle sera exĂ©cutoire Ă dĂ©faut de paiement de l'amende.
Le code pénal prévoit également des amendes pour les personnes morales (entreprises, associations...) qui se rendraient coupables d'infractions. Celles-ci s'échelonnent entre 250 (1 250 euros) et 720 000 francs (3 600 000 euros).
Interdictions et confiscation spéciale
Les interdictions sont des privations de droit. Il peut s'agir des droits civils et politiques du condamnĂ©, de remplir certaines fonctions (emplois publics par exemple), de porter des dĂ©corations, d'ĂȘtre jurĂ© ou expert etc.
La confiscation spĂ©ciale peut ĂȘtre prononcĂ©e Ă l'Ă©gard des choses constituant l'infraction ou celles ayant servi Ă commettre une infraction lorsque la propriĂ©tĂ© en appartient au condamnĂ©. Elle peut Ă©galement s'appliquer aux choses qui ont Ă©tĂ© produites par l'infraction ou aux avantages patrimoniaux tirĂ©s directement de celle-ci. Ces confiscations sont particuliĂšrement importantes en matiĂšre de crime organisĂ© puisqu'elles permettent de saisir pratiquement tous les avoirs financiers et les biens des condamnĂ©s.
Déclaration de culpabilité
Dans le cas d'une procĂ©dure particuliĂšrement longue, une personne peut ĂȘtre dĂ©clarĂ©e coupable sans que sa peine atteigne la peine minimale prĂ©vue[2]. Cette dĂ©claration peut toutefois ĂȘtre accompagnĂ©e d'une restitution ou d'une confiscation spĂ©ciale[2]. Cette dĂ©claration est proche de la dispense de peine en droit français[3].
Ătapes de la procĂ©dure pĂ©nale
Tribunal d'application des peines
Autres instances
Notes et références
- Il existe cependant de rares infractions qui ne prévoient pas de sanction pénale telle la non-dénonciation d'un crime ou délit dont une personne a été témoin (sous réserve des cas de non-assistance à personne en danger)
- « Simple déclaration de culpabilité | Service public federal Justice », sur justice.belgium.be (consulté le )
- (en) Nathalie Colette-Basecqz, MichaĂ«l Fernandez-Bertier, Christine Guillain et Laurent Kennes, La rĂ©forme du Livre 1er du Code pĂ©nal belge, Ăditions Larcier, , 218 p. (ISBN 978-2-8079-0642-6, lire en ligne)